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    Procès Habré: «le président Idriss Deby n'a rien à se reprocher »

    Hassan Sylla Bakari, ministre tchadien de la Communication et de l'information DR

    Après les propos tenus jeudi matin sur notre antenne par le député tchadien d'opposition Ngarleji Yorongar, accusant notamment le président Idriss Deby d'avoir été le complice de l'ancien président Hissène Habré (dont le procès pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes de torture se déroule actuellement à Dakar), et également de se servir aujourd'hui de son engagement militaire dans les pays voisins pour se maintenir au pouvoir, le ministre tchadien de la Communication Hassan Sylla a souhaité exercer un droit de réponse. Il est donc l'invité de RFI ce matin au micro de Florence Morice

    RFI : A notre micro, le député d’opposition Ngarleji Yorongar a jugé que l’attitude de l’ancien président tchadien Hissène Habré, depuis le début de son procès à Dakar, était « honteuse ». Est-ce également votre avis ?

    Hassan Sylla : S'il a eu à commettre des crimes ignobles, il est normal que Hissène Habré réponde de ses actes face aux juridictions africaines mises en place. Maintenant, nous n’avons pas à juger de son comportement ou de ce qu’il dira. Yorongar s’est livré une nouvelle fois à son sport favori : la désinformation. Et comme d’habitude, il a avancé des contre-vérités. Sachez une fois pour toutes que le président Idriss Deby n’a rien à se reprocher dans cette affaire, car il fait partie des nombreuses victimes.

    Sur ce point, je crois qu’il a donné aux journalistes tous les éléments d’information. Est-ce le cas de Monsieur Yorongar, qui était commissaire aux armées de Habré ? Non, je ne le pense pas. Sinon, comment comprendre que Habré, dont on connaît toute la cruauté, puisse nommer un gros civil comme Yorongar commissaire aux armées ? Yorongar et Habré s’entendaient comme larrons en foire, donc Yorongar est un complice. Le moment venu, il devra répondre de ses actes contrairement à ses dénégations plaintives.

    De son côté, Ngarleji Yorongar regrette que des plaintes, qui selon lui ont été instruites en Belgique à l’encontre du président Idriss Déby, aient été expurgées pour que l’actuel président du Tchad échappe à d’éventuelles poursuites.

    Faire des déclarations tapageuses depuis l’Hexagone est entré dans les mœurs de certains hommes politiques, et c’est bien dommage pour l’Afrique. Ce sont en réalité ces propos qui créent l’instabilité dans nos pays. Il faut mettre fin à ce genre de comportements puériles, en endossant les habits d’hommes politiques responsables, mûrs et indépendants des forces exogènes.

    Il faut que ce soit clair pour vous, et pour tous ceux qui nous écoutent : Idriss Deby n’a jamais travaillé à la Direction de la documentation et de la sécurité, la DDS, la machine de répression qui est mise aujourd’hui en cause. Idriss Deby a travaillé en tant que soldat sous Hissène Habré, en tant que chef d’état-major général des armées. Et vous savez très bien qu’à côté, il y avait la sécurité présidentielle qui travaillait directement sous Hissène Habré et qui est mise en cause dans ce procès.

    A propos des multiples engagements du Tchad dans des pays de la région, Ngarleji Yorongar estime que le président Deby instrumentalise son armée pour s’attirer les soutiens des pays occidentaux et notamment de la France.

    Le président de la République n’a pas besoin d’une quelconque action internationale ou de profiter du malheur des pays frères et amis, pour diriger le Tchad. Sa légitimité, il l’a détient du peuple tchadien seul.

    Est-ce que le Tchad a les moyens de tous ses engagements militaires ?

    Quand, en Afrique, un de vos voisins souffre, vous êtes obligés de lui apporter votre contribution. Maintenant, il appartient à la communauté internationale d’appuyer le Tchad dans ce que nous faisons, parce que le terrorisme n’a pas de frontières. Le terrorisme a frappé les pays les plus puissants soient-ils, et les pays les plus sécurisés soient-ils.

    Vous ne regrettez pas qu’en se retrouvant en première ligne dans la lutte contre Boko Haram, le Tchad soit du coup devenu une cible privilégiée de Boko Haram ?

    Non, pas du tout. Nous avons pris des engagements d’une façon souveraine, parce que nous sommes panafricanistes. Le Tchad est un pays qui croit en l’Union africaine, et c’est pourquoi nous sommes engagés en Afrique.

    A propos de l’élection présidentielle à présent, l’opposition accuse également Idriss Deby de vouloir frauder, en refusant de mettre en place des kits d’identification biométriques dans les bureaux de vote. Que répondez-vous à cela ?

    Les élections au Tchad se font de façon concertée avec l’opposition. Ce n’est pas Deby qui organise les élections, mais plutôt la Céni. Et nous avons un cadre de concertation politique où tous les acteurs politiques se sont retrouvés. Il y a ce qu’on appelle un consensus qui se dégage. Maintenant, il peut avoir à côté des gens qui veulent partir sans l’équipe, qui crient haut et fort ce qu’ils veulent. Mais nous avons un calendrier qui ne peut pas être dépassé. Nous n’irons pas au vide juridique quoiqu’il arrive.

    A propos, M. le ministre, de la condamnation à mort et de l’exécution le lendemain de dix membres présumés de Boko Haram, le député Yorongar regrette cette décision, et Amnesty international regrette de son côté que le Tchad utilise les mêmes méthodes que des organisations terroristes. Que répondez-vous à cela ?

    Le rétablissement de la peine de mort dans notre pays s’inscrit dans un contexte régional de lutte contre le terrorisme. La loi dont parle Yorongar a été discutée et votée, lors d’une plénière retransmise en direct, par les députés. M. Yorongar est député, il a participé au débat qui a précédé le vote à l’unanimité. Maintenant, qu’il critique cette loi depuis Paris, ça vous dit que quelque chose ne tourne pas rond.

    Ça ne vous inquiète pas, que ce procès collectif se soit déroulé en trois jours, en partie à huis clos, et que ces personnes aient été exécutées le lendemain sans possibilité de faire appel et donc en violation des droits de la défense ?

    Ça ne vous inquiète pas que des pauvres citoyens dans les marchés de Ndjamena, une maman qui allait chercher juste de quoi [manger] pour ses enfants, puissent se faire exploser en mille morceaux. Ça ne vous inquiète pas ?

    Pour autant, faut-il priver ces personnes de leur droit de faire appel ?

    Elles n’ont pas été privées de leur droit et on a épuisé tous les recours. Et elles ont dit haut et fort qu’elles ne regrettaient pas et qu’elles n’avaient pas de recours à faire.

    Hassan Sylla, merci beaucoup.

    Merci madame.


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