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    Burkina: «Personne ne peut trouver des excuses pour que le RSP reste»

    Un barrage érigé par des manifestants à Ouagadougou, le 19 septembre. REUTERS/Joe Penney

    Au Burkina Faso, voila 48 heures que l'armée régulière et le RSP se font face. Pourquoi cette fracture au sein des forces armées burkinabè ? Ismaël Diallo est le porte-parole du Front de résistance citoyenne, un regroupement de plusieurs organisations de la société civile. Il a été aussi député et haut-fonctionnaire à l'ONU. En ligne de Ouagadougou, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Ismaël Diallo, est-ce que vous êtes surpris par ce sursaut de l’armée régulière depuis quelques jours contre le Régiùe,t de sécurité présidentielle (RSP) ?

    Ismaël Diallo : Nous l’espérions vivement. Ce qu’ils font depuis lundi [21 septembre] nous a rassérénés.

    Beaucoup disent pourtant qu’il n’y a qu’une seule unité d’élite dans l’armée burkinabè, ce fameux Régiment de sécurité présidentielle.

    Oui, parce que l’on a créé un mythe autour de ce régiment, comme l’on crée beaucoup de mythes autour de beaucoup de personnes physiques ou morales. En réalité, tout ce que ce régiment avait fédéré de pire que les autres, c’était les tueries, les assassinats et les tortures !

    D’où vient ce sursaut de l’armée régulière ?

    Je pense que beaucoup de personnes, au Burkina comme ailleurs, ont minimisé l’état d’esprit des officiers et des soldats que nous avons dans les autres régiments et dans les autres corps d’armée. Ceux-là voyaient le RSP comme une unité privilégiée à tous égards, qui était une armée dans l’armée. Tant que ce régiment restait un peu dans les normes, tout le monde supportait ce qui se passait. Mais maintenant qu’il a franchi le rubicond, les jeunes soldats dans les unités et les garnisons en province ont dit à leurs chefs : ‘ Ecoutez, ça suffit ’.

    Cette confrontation d’aujourd’hui, est-ce qu’elle a commencé en octobre 2014, lors de la chute de Blaise Compaoré ?

    Je dirais qu’elle a commencé peut-être plus tôt. C’était encore vraiment une distanciation, un désamour croissant au fil des ans, en particulier depuis 1987, après l’assassinat de Thomas Sankara. Et cela n’a fait que monter, que monter… Il n’est donc pas étonnant que nous en arrivions là.

    Le RSP lui-même, de quand date-t-il ?

    Le RSP a été créé en 1995. Avant le RSP, c’était le CNEC (Centre national d’entraînement commando) qui a été créé à Pô par le capitaine Thomas Sankara, qui avait en ce temps comme adjoint, Blaise Compaoré, lequel devenu chef du CNEC, a eu comme adjoint Gilbert Diendéré.

    Comment réagit l’armée régulière pendant toutes ces années 90 et 2000 ?

    Elle a fait profil bas. Elle a accepté ce fait et pendant longtemps, il n’y avait que des murmures. Mais personne n’a essayé de s’opposer. Il ne faut pas oublier que le régime de 27 ans, d’octobre 1987 à octobre 2014, était un régime vicieux, un régime féroce. Ou vous êtes avec lui, ou, si vous avez des velléités d’être contre lui, il n’avait aucun scrupule à vous éliminer d’une manière ou d’une autre.

    Oui, mais il y a quand même cette insurrection victorieuse d’octobre 2014, où l’on croit que le RSP a abandonné Blaise Compaoré pour se mettre du côté du peuple. Etait-ce une fausse impression à l’époque ?

    Les premières heures, c’était une fausse impression. Le RSP a tiré au niveau de la résidence de François Compaoré, le frère cadet du président d’alors, le RSP a tiré à Kosyam aux alentours du Palais présidentiel et il aurait pu continuer à le faire. Mais je crois que devant la déferlante de milliers et de milliers de jeunes, de femmes et de filles qui étaient là, le RSP, à un moment donné, a été visité peut-être par le Saint-Esprit et a retenu le feu.

    Mais le Saint-Esprit n’est pas resté très longtemps au-dessus de sa tête. La preuve : ce putsch de la semaine dernière.

    Oui, mais en vérité, au point où nous en sommes aujourd’hui, autant un enfantement peut être douloureux, autant le RSP et l’ancien parti au pouvoir nous facilitent la tâche. Aujourd’hui personne ne peut demander, argumenter, pour que le RSP reste comme il est. Personne également ne peut aujourd’hui trouver des excuses à l’ancien parti au pouvoir pour qu’il reste dans le champ politique.

    Voulez-vous dire que la crise actuelle permet de vider l’abcès ?

    Vider l’abcès rapidement et sans délai !

    Comment expliquez-vous cette tentative un peu folle du RSP de reprendre le pouvoir la semaine dernière ?

    Une fuite en avant simplement. Vous savez, il y a des personnes qui sont incapables d’accepter, de comprendre, que la roue tourne. Et ces personnes ont vécu avec des avantages énormes. Des avantages totalement indus, vu la condition de notre peuple. Ces personnes-là sont arrivées à un point où c’était leurs intérêts. Rien d’autre ! Donc l’argument selon lequel c’est l’exclusion qui a fait que le RSP s’est rebellé n’est qu’un prétexte. Le véritable prétexte, c’est la perte du pouvoir absolu. Et c’est aussi la perception des poursuites prochaines sur les dossiers Sankara, Norbert Zongo et autres.

    Voulez-vous dire que les gens du RSP, Gilbert Diendéré le premier, craignent un jour de devoir rendre des comptes ?

    Ils ne craignent pas ! Ils savent qu’ils doivent rendre des comptes un jour, ils le savent ! Alors c’est une fuite en avant.

    Et Blaise Compaoré dans tout ça ? Selon nos informations, il vit actuellement au Maroc. Pensez-vous qu’il peut être derrière tout ce qui vient de se passer ?

    Nous doutons très, très fortement que l’ancien président ne soit pas de mèche avec le chef réel du RSP et avec le président ivoirien et avec d’autres personnes.

    Officiellement, si l’on en croit Gilbert Diendéré, les deux hommes ne se sont pas parlé. Ni avant, ni après le putsch.

    Nous sommes nombreux au Burkina à être convaincus qu’il n’y a pas seulement une complicité, mais qu’il y a une symbiose, une synergie, non seulement entre eux deux, mais avec d’autres derrière eux : beaucoup de chefs d’Etat et d’autres dans le personnel politique – même en France – qui doivent beaucoup à l’ancien président, qui ont mangé dans sa main, qui ont profité de ses libéralités.


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