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    Léonard Nyangoma: «La crise est en train de s’aggraver au Burundi»

    Léonard Nyangoma. DR

    Où en est le Burundi deux mois après la réélection très contestée de Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat à la tête du pays ? A première vue, le régime a réussi son passage en force mais ce n'est pas du tout l'avis du numéro un de l'opposition. Depuis début août, Léonard Nyangoma préside le Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et la restauration d'un Etat de droit au Burundi (Cnared), autrement dit, la coalition de tous les partis d'opposition. De passage à Paris, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Quand Pierre Nkurunziza affirme qu’il n’y a plus de crise au Burundi, qu’est-ce que vous répondez ?

    Léonard Nyangoma : C’est du cynisme, c’est le langage d’un tyran. Il a l’habitude de dire que 99 % du territoire est sécurisé. Pourtant, il faut le voir quand il descend en véhicule blindé à partir de chez lui, de Mumba jusqu’à Bujumbura, à 30 kilomètres de la capitale, on barre toutes les routes. Alors, il va dire que vraiment il n’y a pas de crise. Au contraire, la crise qu’il a créée lui-même est en train de s’aggraver de plus en plus.

    Mais il n’empêche, il n’y a plus de manifestations populaires comme en avril ou en mai derniers. Apparemment, Pierre Nkurunziza ne semble-t-il pas tenir la capitale ?

    Il doit dire pourquoi tous les jours, les morts se comptent par dizaines, les arrestations se comptent par centaines, des Burundais continuent de fuir le pays. On ne peut pas manifester pacifiquement contre quelqu’un qui braque sur vous des fusils, des armes à feu, des chars. Le conflit au contraire s’aggrave de plus en plus.

    Il y a six semaines, le numéro deux du régime, le général Adolphe Nshimirimana a été assassiné. Il y a deux semaines, le chef d’état-major, le général Prime Niyongabo, a failli l’être à son tour. Est-ce que ça veut dire que l’opposition est passée des manifestations pacifiques à la lutte armée ?

    J’ai déjà eu à exprimer mes regrets, notamment sur l’assassinat d’Adolphe Nshimirimana, l’ancien numéro deux du régime. J’ai eu à le dire.

    Donc vous avez condamné cet attentat  ?

    Oui, j’ai condamné cet attentat. On lui reprochait beaucoup de choses, beaucoup de crimes. Notre souhait aurait été qu’il puisse répondre de ses actes devant le tribunal.

    Dans un récent communiqué, Léonard Nyangoma, vous dites que si Pierre Nkurunziza s’entête à rester au pouvoir, vous utiliserez tous les moyens légaux pour le chasser, y compris la force militaire. N’est-ce pas une façon d’appeler à la violence ?

    Non, nous pensons que la décision de nous engager dans une lutte armée, c’est une décision qui n’est pas facile à prendre. Elle devra réellement dépendre du peuple lui-même. Mais vous comprendrez que le responsable de la violence n’est pas  Nkurunziza, le peuple burundais peut utiliser tous les moyens possibles pour se débarrasser de la tyrannie à un moment donné s’il le faut.

    En fait vous n’êtes pas encore rentrés dans la lutte armée, mais vous n’en êtes pas loin, c'est çà ?

    (rires). Non pas encore. Nous, nous estimons que toutes les voies ne sont pas épuisées pour ramener Nkurunziza à la raison, c’est-à-dire à la table des discussions. Et pour cela, nous demandons notamment à tous les partenaires du Burundi, en particulier ceux qui ont condamné le troisième mandat de Nkurunziza – je veux parler de la France, la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, les Etats-Unis et le Canada, sans oublier l’Union africaine, les pays de la communauté de l’Afrique de l’Est -, ceux-là, les amis du Burundi, les partenaires du Burundi, peuvent exercer une certaine pression pour contraindre Nkurunziza à venir à la table des négociations. Il faut des actions bien ciblées sur certaines personnalités : refus de visa, blocage de leurs comptes... Il y a beaucoup de choses qu’on peut faire, des actes concrets pour soutenir le peuple burundais opprimé par un tyran qui n’a pas de frein.

    Mais après le passage en force de Pierre Nkurunziza en faveur d’un troisième mandat, le Burundi n’a pas été suspendu de l’Union africaine, n’a pas été non plus sanctionné d’une façon économique par l’Union européenne. Est-ce que ce n’est pas une déception pour vous ? Est-ce que vous ne vous sentez pas isolés sur la scène internationale ?

    Non, nous ne nous sentons pas isolés. Pour le moment, notre coalition, le Cnared, a entrepris une grande campagne offensive diplomatique. Certainement que certains de ces Etats préfèrent des voies d’abord douces et prendre des mesures graduées. On sait que certains Etats, et je les remercie, ont déjà pris des mesures de suspension de la coopération. C’est le cas de la France, c’est le cas aussi des Pays-Bas et de l’Allemagne, mais on peut faire plus. Le jour où Nkurunziza ne sera pas en mesure de payer ses fonctionnaires ou de payer ses militaires, là il va sentir quelque chose. Et là, en coupant ses budgets, il pourrait revenir à la raison.

    En 1994, quand vous avez créé le Conseil national de défense de la démocratie - Forces pour la défense de la démocratie, le CNDD-FDD, vous étiez ensemble, Pierre Nkurunziza et vous-même dans la rébellion hutu contre le régime de Bujumbura. Aujourd’hui qu’est-ce qui vous sépare ? Qui a changé ? C’est lui ou c’est vous ?

    Nous avons une vision totalement différente. Il a une vision militariste. Il estime que c’est le militaire qui commande le politique. Et nous, nous avons une vision contraire. C’est le politique qui commande le militaire.

    A Genève, un rapporteur spécial de l’ONU craint de nouvelles atrocités de masse dans votre pays, et cela dix ans après la guerre civile qui a fait 300 000 morts. Est-ce que vous partagez son inquiétude ?

    Oui. Ce qu’il a dit, c’est pour d’abord alerter le monde, pour pousser le monde et la communauté internationale à sortir du silence, d’une sorte d’indifférence qu’on observe. Et c’est vrai si on laisse faire Nkurunziza, il risque d’exterminer son peuple. Mais le peuple burundais aussi ne va pas accepter ça et ne va pas se laisser faire.
     

     


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