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    La chute du nickel fissure le pacte économique en Nouvelle-Calédonie

    Depuis l'an dernier, les cours du nickel, utilisé pour rendre l'acier inoxydable, n'ont cessé de plonger. Getty Images/Gilliane Tedder

    La chute des revenus du nickel provoque un blocage politique en Nouvelle-Calédonie, le haut commissaire de la République a demandé une réunion extraordinaire du Congrès calédonien sur la gestion de cette ressource.

    La chute des prix du nickel fissure le pacte économique en Nouvelle-Calédonie. Un pacte conclu en 2009 par le Congrès calédonien. À l'époque, les élus avaient décidé que le nickel, principale richesse du sous-sol, ne saurait être bradé, qu'il devait être transformé dans l'archipel avant d'être exporté, ce fut le projet d'une usine dans la province nord, fief des indépendantistes. Le minerai brut ne devait être vendu qu'aux clients traditionnels, à savoir l'Australie et le Japon.

    Mais depuis l'an dernier, les cours du nickel, utilisé pour rendre l'acier inoxydable, n'ont cessé de plonger : la tonne vaut à peine 10 000 dollars aujourd'hui, trois fois moins qu'à son pic de 2011. Alors le pacte économique du « Caillou » se fissure, et la ligne de fracture n'est plus entre indépendantistes et souverainistes, puisque républicains locaux et Union calédonienne réclament de concert l'autorisation d'exporter le minerai brut vers la Chine, pour compenser en volume les revenus perdus. Il s'agit notamment de sauver une petite société minière en difficulté, MKM, qui a mis en avant cet été les « rouleurs », ceux qui convoient le minerai : ils étaient en grève au mois d'août, craignant pour leur activité.

    La Société Le Nickel Eramet est également partisane de vendre du minerai brut alors qu'elle a sa propre usine de transformation et qu'elle risque de prendre de plein fouet la concurrence de la transformation chinoise. Attachés en revanche au pacte de 2009, les souverainistes « Calédonie ensemble », mais aussi les indépendantistes de Palika refusent d'exporter du nickel brut vers la Chine. Ils estiment que les investissements ont été massifs dans les usines de transformation, notamment celle de Koniambo, majoritairement aux mains des Calédoniens, mais opérée par Glencore. Le groupe suisse pourrait néanmoins décider de ralentir la production en attendant des cours meilleurs du nickel, ce qui signifierait du chômage partiel. C'est dans ce contexte difficile que le Congrès calédonien est convoqué. « Le territoire d'outre-mer, résume Didier Julienne, va devoir à nouveau engager une réflexion profonde sur la gestion de sa ressource ».

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