GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 17 Avril
Jeudi 18 Avril
Vendredi 19 Avril
Samedi 20 Avril
Aujourd'hui
Lundi 22 Avril
Mardi 23 Avril
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent
    Ukraine: les bureaux de vote ont ouvert pour le second tour de l'élection présidentielle qui oppose Petro Porochenko à Volodymyr Zelenskiy

    Agathon Rwasa: «Exprimer nos doléances, c’est ça les motivations profondes»

    Après avoir jugé le processus électoral «fantaisiste», le principal opposant à Pierre Nkurunziza, Agathon Rwasa, a pourtant décidé de siéger à l'Assemblée nationale. AFP PHOTO / PHIL MOORE

    Quand toute l'opposition refuse d'entrer dans les institutions à cause du 3e mandat de Pierre Nkurunziza, Agathon Rwasa, le poids lourd de l'opposition, a choisi depuis fin juillet, à la surprise de tous, de siéger à l'Assemblée. Lui qui, comme les autres, a pourtant affirmé ne pas reconnaître les résultats « fantaisistes » d'élections « pas crédibles ». Pourquoi ? Quel rapport entretient-il avec le pouvoir ? Et que pense t-il du bras de fer entre l'Union européenne et le Burundi, qui vient de retirer l'agrément de l'ambassadeur belge en poste à Bujumbura ? Pour la première fois, il s'explique sur RFI au micro de Pierre Pinto.

    RFI : Agathon Rwasa, le régime burundais semble décidé à en découdre avec l’Union européenne et ses Etats membres. Est-ce que vous trouvez également que le traitement réservé au Burundi est injuste ?

    Agathon Rwasa
    : Je pense que le pouvoir devrait réfléchir à deux reprises avant de réagir d’une façon ou d’une autre. Le partenariat entre le Burundi et l’Union européenne et les différentes capitales c’est quand même des relations qu’il nous faut entretenir. Si le pouvoir a un grief contre l’une ou l’autre capitale on ne doit pas réagir juste dans le vif de l’émotion. Ça doit se négocier sur le plan diplomatique plus que par autre chose.

    En juillet dernier vous aviez appelé à boycotter les législatives et à ne pas reconnaître les résultats. Or, vous avez siégé et accepté la vice-présidence de l’Assemblée nationale. Pourquoi avoir pris cette décision finalement ?

    La décision a été dictée par deux mobiles. Premièrement c’est que le forcing du CNDD-FDD  a réussi et tous les efforts de l’opposition de la communauté internationale de faire un processus qui pouvait satisfaire tout le monde n’ont pas abouti. Donc on a été devant le fait accompli et comme les uns et les autres appelaient au dialogue, on devait quand même dialoguer et être quelque part. Et aussi on a considéré le fait qu’en tant qu’indépendants, une fois la période électorale terminée, nous restions sans espace où nous pouvions, ne fut-ce que nous exprimer. Et donc nous pensons qu’en entrant dans les institutions, au moins nous pouvions exprimer notre doléance. C’est ça les motivations profondes.

    Mais est-ce que ce n’est pas un aveu d’échec quelque part, de votre part ?

    Un aveu d’échec ça peut être un jugement de certains. Mais s’ils peuvent juger que moi, j’ai échoué, est-ce qu'eux, ils ont réussi ?

    Comment définissez-vous votre relation aujourd’hui avec Pierre Nkurunziza ? Est-ce que vous êtes toujours un opposant ?

    Je suis opposant parce que le gouvernement dominé par le CNDD-FDD, il a sa volonté qu’il essaie de faire exécuter. Et moi, je plaide pour que tous les Burundais se sentent mieux dans leur Burundi. Je plaide pour que ce dialogue inclusif ait lieu et qu’on évite qu’il y ait toujours des peurs qui soient ressenties par les uns et par les autres s’ils font des divergences politiques.

    Qu’est-ce que vous répondez à Charles Nditije, votre comparse «da misero» qui dit que vous, Agathon Rwasa, et ceux qui comme vous ont rejoint les institutions, n’y êtes allés que pour «bouffer». Qu’est-ce que vous lui répondez ?

    Ma foi, s'il avait travaillé bénévolement toutes ces années-là, je comprendrais qu’il émette ce genre de critiques. Il peut dire tout ce qu’il veut, mais je crois qu’il devrait plutôt proposer des remèdes à la crise qui est la nôtre, plutôt que de m’insulter ou de me traiter de tous les mots comme il le fait !

    Autrefois vous aviez coutume de dire que vous aviez une cible dans le dos. Est-ce qu’aujourd’hui vous vous sentez en sécurité ?

    Oh ! Vous savez, la sécurité c’est relatif. Et je crois que parmi les gens ciblés je suis toujours parmi ceux-là. Mais ça ne m’empêche pas de faire ce que je peux faire. Je ne sais pas quand je mourrai et comment je mourrai. Je sais que les gens qui chercheront toujours à me nuire ne manqueront jamais, mais je ne peux pas céder à la panique. Je dois quand même faire tout ce que je peux faire pour l’intérêt de la Nation burundaise.

    Est-ce qu’en ayant rejoint les institutions vous pensez que vous avez mis les ex-FNL hors de danger ?

    Ce serait me tromper parce qu’il y a toujours des velléités en matière de sécurité dans ce pays. Mais tout au moins je peux dire qu’il y a un minimum de répit que l’on a depuis que l’on est dans les institutions.

    Comment est-ce que vous expliquez les actes de violence dans les quartiers ou contre les quartiers supposés acquis au FNL, les quartiers ou communes d’ailleurs ?

    Pour moi ce n’est pas justifiable que l’on vive toujours dans l’insécurité. On est là. On est tous Burundais. Cette logique de la violence doit être dans les oubliettes. Il faut qu’on puisse s’affronter sur le front du débat politique, sur le front des programmes politiques et non pas sur le front des armes. Donc pour moi il n’y a pas de FNL, il n’y a pas de CNDD-FDD, il n’y a pas d’Uprona, il n’y a pas de MSD, il n’y a pas quoi que ce soit ! On est tous Burundais ! Le droit à la vie c’est un droit garanti par la Constitution. Et dans notre pays la peine capitale a été abolie et les assassins doivent être traités comme des assassins. Nul ne peut attenter à la vie de quelqu’un impunément. Il faut que tout cela cesse. Il faut que le pouvoir prenne les mesures nécessaires pour sévir contre quiconque ôte la vie à un citoyen burundais.

     


    Sur le même sujet

    • Burundi

      Burundi: assassinat d'un responsable local du parti d'Agathon Rwasa

      En savoir plus

    • Burundi

      Burundi: la volte-face d’Agathon Rwasa change la donne politique

      En savoir plus

    • Burundi

      Burundi: Agathon Rwasa, un opposant à l'attitude ambiguë

      En savoir plus

    • Burundi

      Burundi: Agathon Rwasa devient vice-président de l’Assemblée nationale

      En savoir plus

    • Burundi

      [Reportages] A Kamesa, les attentes des militants d'Agathon Rwasa

      En savoir plus

    • Burundi

      Burundi: l'opposant Agathon Rwasa rejette le résultat de la présidentielle

      En savoir plus

    • Burundi

      Burundi: des cadres du mouvement de l'opposant Agathon Rwasa arrêtés

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.