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    Pascal Tsaty Mabiala: «Sassou-Nguesso est en train de faire un parjure»

    Pascal Tsaty Mabiala. Source : http://www.upads-ea.eu

      Au Congo-Brazzaville, le référendum constitutionnel du 25 octobre est loin de faire l’unanimité. Hier, jeudi 15 octobre, à la même heure, le ministre de la Communication Thierry Moungala a reconnu que ce projet de changement de Constitution ne faisait pas consensus, mais a affirmé que c’était au peuple de trancher. Réponse aujourd’hui d’une figure de l’opposition. Le député Pascal Tsaty Mabiala est le premier secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads).

      A lire aussi dans archive RFI :
      Congo Brazzaville - Un dialogue sans opposition (par RFI - Article publié le 15/04/2009)

      RFI : A Brazzaville, le 27 septembre, vous avez réussi à mobiliser beaucoup de monde contre le projet de nouvelle Constitution, mais apparemment le 10 octobre les partisans de ce projet ont rassemblé encore plus de monde dans les rues de la capitale. Est-ce que vous n’êtes pas un petit peu déçu ?

      Pascal Tsaty Mabiala : Vous faites une évaluation à vous. Les observateurs ont dit que nous avions fait plus de monde le 27 septembre que ne l’a fait le parti au pouvoir avec autant de moyens. Des milliards sont sortis du Trésor. Et vous imaginez qu’on en donnait à tout le monde pour porter le tee-shirt et pour venir à ce rassemblement avec plein d’étrangers, des gens de la RDC. Ils ont des moyens colossaux, mais sans avoir dépassé le nombre que nous avons fait venir sur les boulevards avec rien du tout. Nous venons à pied et repartons à pied. Donc ce n’est pas comparable.

      Depuis quelques semaines, vous scandez « 30 ans, ça Souffit », mais est-ce que Denis Sassou-Nguesso ne garde pas une base populaire suffisante pour faire passer cette nouvelle Constitution qui va lui permettre de briguer un troisième mandat l’année prochaine ?

      Mais le président Sassou-Nguesso est en train de faire un parjure. Il a dit : « Je fais voter en 2002 une Constitution et celle-ci prévoit la limitation du mandat à deux ». C’est un homme de parole. Il l’a redit en 2008 au cours d’une conférence de presse, qu’il quitterait le pouvoir lorsqu’il aura accompli le deuxième mandat. D’où vient aujourd’hui qu’il veuille un troisième, peut-être une éternité au pouvoir ? Le débat est là.

      Oui, mais après tout, on a le droit de changer d’avis et on a le droit de changer de Constitution. Ça s’est fait dans d’autres pays ?

      Oui, certainement, mais chez nous, il y a des mécanismes pour changer la Constitution et malheureusement la Constitution de 2002 ne prévoit pas de mécanisme de changement, sauf s’il y a une crise majeure dans le pays, un blocage des institutions, à ce moment d’accord, ou s’il y a un consensus, mais alors un véritable consensus dans le pays. Déjà, ça se passe qu’à Sibiti où il a réuni 600 de ses partisans avec quelque 10 ou 20 opposants fort accommodants. C’est le consensus et il nous parle de consensus. Le consensus, ce n’est pas ça. Nous avons réuni plus d’une centaine de milliers de Congolais au boulevard des armées. Et les autres Congolais, qu’est-ce qu’il en fait Denis Sassou-Nguesso.

      Alors aujourd’hui Denis Sassou-Nguesso et ses partisans reconnaissent qu’il n’y a plus de consensus, mais ils disent après tout, s’il y a débat démocratique, c’est au peuple de trancher.

      Mais non. C’est là que le débat est vicieux. Il y a des mécanismes, on est quand même dans un Etat de droit. Lorsqu’en pays démocratique, lorsqu’un projet quel qu’il soit et qui requiert un large consensus, lorsqu’il ne le requiert pas, le chef retire simplement le projet. Il attend le bon moment et ce n’est peut-être pas lui et peut-être après lui. Là, il est évident que Denis Sassou-Nguesso n’a pas le consensus pour changer la Constitution et qu’il n’y a pas eu une crise majeure dans le pays.

      Les partisans de Denis Sassou-Nguesso disent qu’il est l’apôtre de la paix, sous-entendu c’est lui ou le chaos ?

      Notre pays a connu trois grandes crises majeures dans son histoire. En 1958, Sassou-Nguesso était un adolescent. Il n’a pas pris part à cette crise majeure. En 1977, c’est l’assassinat de Marien Ngouabi [président du Congo de 1968 à 1977] et nous avons connu une grave crise. Denis Sassou-Nguesso était déjà aux affaires. Et en 1997, sous Pascal Lissouba [président de 1992—1997], nous avons connu la troisième grande crise. Les deux dernières crises, monsieur Sassou a une part active dans ce qui s’est passé dans notre pays. Aujourd’hui, nous avons fait la paix ensemble. Personne ne peut s’en approprier. Il n’est pas seul. Tous les Congolais où qu’ils se trouvent, petits ou grands, voulons la paix. Et aujourd’hui effectivement, c’est Sassou-Nguesso, si vous regardez bien, qui est en train de perturber la paix dont il se dit être le gardien. Parce que la paix c’est quoi ? C’est respecter la parole donnée, la paix, c’est respecter les institutions. Vous ne voyez pas que Sassou-Nguesso est en train de perturber la paix. C’est lui aujourd’hui le fossoyeur de la paix.

      Ce 25 octobre, jour de referendum, vous n’irez pas voter. Vous allez prôner la désobéissance civile. Est-ce que ça veut dire que vous appelez à l’insurrection populaire comme au Burkina Faso, il y a un an ?

      Nous n’attendrons pas le 25. A partir du 20 et notre dernier meeting de Brazzaville, j’espère qu’il se tiendra, nous lancerons la désobéissance civile. C’est-à-dire qu’à partir de cet instant, nous n’allons plus reconnaître le président Sassou comme le président de la République.

      Etes-vous dans une démarche insurrectionnelle ?

      Si c’est ça l’insurrection, si l’insurrection, c’est qui convient aujourd’hui à la pensée profonde de notre peuple de vivre dans un Etat de droit. Comme tous les autres, les Congolais ne sont pas différents des autres, des Français, des Américains, des Burkinabè qui veulent eux aussi vivre dans un Etat démocratique. Mais s’ils disent que c’est une insurrection, nous irons à une insurrection à ce moment-là.

      Dans plusieurs pays africains, les sociétés civiles se mobilisent à vos côtés, mais au niveau de l’Union africaine, c’est le silence radio. Est-ce que vous n’êtes pas déçus ?

      Nous sommes un peu déçus de ce que nous voyons à l’extérieur, mais en tête, ce sont les partis politiques que nous sommes.

      En France, le ministère des Affaires étrangères se contente de demander un processus électoral crédible conduisant à des élections libres et transparentes. Est-ce que vous attendiez plus de la part de Paris ?

      Certainement, mais nous attendons plus des Congolais eux-mêmes. Nous aurions bien voulu entendre de manière plus affirmée la position de la France, comme l’ont fait d’ailleurs les Etats-Unis, comme l’ont fait d’autres pays amis. Il s’agit pour nous de prendre en main notre propre destin. Ce ne sont pas les Français, ce ne sont pas les Américains, ce ne sont pas les Allemands qui feront le boulot à notre place. Nous nous préoccupons d’abord de ce que nous-mêmes nous devons faire dans notre pays, mais pas de ce que les autres feraient à notre part.

      Le collectif Tournons la page, qui rassemble notamment le Balai citoyen de Ouagadougou et le Secours catholique de Paris, demande instamment au président français, François Hollande, de condamner publiquement ce changement de Constitution ?

      Mais nous avons dit la même chose. François Hollande a dit quelque chose de très fort à Dakar. Et je crois que le discours de Dakar a sonné très fort dans nos esprits, nous les Africains et nous les Congolais en particulier. Qu’il ait pu modérer sa position vis-à-vis de Denis Sassou-Nguesso, nous le constatons un peu avec des regrets. Mais comme je vous le dis, c’est nous-mêmes les Congolais. Nous prendrons notre destin comme nous l’avons déjà pris en main.


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