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    Guinée: «Les inaugurations ont joué sur le mental de la population»

    Mohamed Camara, juriste, analyste politique guinéen. DR

    Présidentielle en Guinée : le président sortant Alpha Condé va rempiler pour un second mandat, au regard des résultats provisoires partiels qui le placent en position de vainqueur dès le premier tour à la majorité absolue. Des résultats contestés par tous les autres candidats, qui les rejettent en bloc. Mohamed Camara, juriste, analyste politique guinéen, est l'invité Afrique de RFI. Il explique comment cette victoire a été rendue possible.

    RFI : Comment expliquez-vous que le président Alpha Condé puisse emporter ce scrutin dès le premier tour, à la majorité absolue ?

    Mohamed Camara : La population a fait preuve de maturité. Au-delà de ce que les acteurs ont montré, il y a eu, pendant très longtemps, le jeu – en somme nul - qui a été observé entre le pouvoir qui était dans l’autosatisfaction et l’opposition qui était dans la négation de certains acquis des pouvoirs publics. Vers la fin, en multipliant des inaugurations par-ci par-là ; des annonces et même des effets d’annonce ; avec une population qui aurait aimé en même temps la stabilité et surtout le fait, pour la classe politique, de ne pas être très conséquente avec elle-même, tout cela a quand même beaucoup joué sur le mental de la population.

    En effet, vous savez qu’en application de l’article 34 - alinéa 4 de la Constitution - dès le moment où la liste des candidats était rendue publique par la Cour constitutionnelle jusqu’au moment où le premier tour devait avoir lieu, si un seul candidat se retirait du processus, de nouvelles listes devaient alors être rendues publiques et l’élection reportée. Il est vrai que face à toute cette situation, la Céni elle-même, sur le terrain, n’était pas totalement prête. 

    Par conséquent, tout le monde savait qu’il y avait un certain nombre de difficultés mais tout le monde y est allé. Même les acteurs politiques avec ceux qui ne voulaient pas et ceux qui voulaient s’engager. Maintenant, est-ce que les résultats provisoires rendus publics reflètent la réalité des urnes ? Il appartiendra au juge constitutionnel, et à lui seul, d’examiner, au vu des requêtes qui seront formulées.

    Mais comment expliquez-vous que lors de la dernière présidentielle, Alpha Condé soit à 18 % des voix au premier tour et que là, dès le premier tour, il l’emporte, ou il l’emporterait, à la majorité absolue ?

    Il faut reconnaître que si du côté de l’opposition, les programmes de société n’ont pas été assez souvent débattus, au niveau du candidat qui était candidat à sa propre succession, il y avait les moyens de l’’Etat. Ne l’oublions pas. Nous avons assisté parfois à une sorte de campagne au sein de l’administration.

    Pour ce scrutin, l’enjeu était capital, d’autant plus qu’en Guinée, la Constitution limite le nombre de mandats à deux, exclusivement. Par conséquent, les pouvoirs publics ont jeté leur va-tout au niveau de la communication, en inaugurant par-ci, par-là et en confondant d’ailleurs l’inauguration au titre des attributions présidentielles par rapport au candidat lui-même qui était sur le terrain. Encore une fois, il faut être très prudent sur la question parce que les acteurs n’en démordent pas encore.

    Justement, vous le disiez vous-même, les candidats de l’opposition auraient eu la possibilité, avant les élections et s’ils n’étaient pas satisfaits des conditions avec lesquelles ce scrutin se préparait, de se retirer. Ils décident de le faire au lendemain du scrutin. Comment expliquez-vous cette décision, notamment de Cellou Dalein Diallo ?

    Le problème qui a été posé entre mouvance et opposition c’est que le chef de file de l’opposition, en 2010, avait reconnu à contrecœur sa défaite qu’il n’a pas pu digérer, alors qu’en contrepartie, il aurait dû avoir un discours rassembleur et apaisant. Cependant, il n’a réussi qu’un discours clivant, cassant, ce qui a en tout cas radicalisé sa position. Autrement, c’est un monsieur qui n’est pas coutumier d’un langage belliqueux. Gérer un pouvoir, c’est faire preuve d’humilité pour que la stabilité puisse demeurer au niveau d’une sous-région très trouble.

    Pensez-vous que finalement celui qui en sort grandi, aujourd’hui, c’est le peuple guinéen, pour s’être quand même mobilisé en masse ?

    Exactement. C’est le peuple qui a montré cette maturité et les acteurs doivent tirer les enseignements de tout cela. Juste après la proclamation, le camp victorieux devrait faire preuve d’un triomphe très modeste pour éviter des discours clivants, satisfaisants ou bien triomphalistes. Le camp qui aura subi une défaite devrait, lui, savoir que la présence d’esprit doit demeurer en termes de stabilité, car on ne peut se rendre compte de la l’utilité de la paix que lorsqu’on l’aura perdue.

     


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