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    Burundi: pour Esdras Ndikumana, «c'est un devoir de porter plainte»

    RFI

    L'AFP, RFI et leur correspondant au Burundi, Esdras Ndikumana, ont formellement porté plainte lundi 19 octobre 2015 pour torture. Le 2 août dernier, Esdras Ndikumana est arrêté par le service national des renseignements alors qu'il était en train de couvrir l'assassinat du général Adolphe Nshimirimana. Il est emmené dans leurs locaux et roué de coups pendant plus de deux heures. RFI et l'AFP s'en étaient immédiatement plaints aux autorités. Onze jours après, le chef de l'Etat Pierre Nkurunziza avait promis des sanctions contre les responsables. Et depuis, rien. Malgré une nouvelle lettre de notre radio et de l'agence de presse. Lettre restée sans réponse. Notre correspondant Esdras Ndikumana explique pourquoi il était important pour lui de porter plainte.

     

    Esdras Ndikumana : Cela fait presque trois mois, maintenant, que j’ai été torturé par le Service national du Renseignement du Burundi. On avait promis justice. Le président Nkurunziza avait dit qu’il n’y aurait pas d’impunité, mais jusqu’ici, rien n’a été fait. J’ai donc décidé de porter plainte pour que justement mon cas ne soit pas oublié ; pour que justice soit faite.
     
    RFI : Le procureur avait également affirmé ne pas détenir suffisamment d’éléments et avait demandé à ce que vous vous présentiez devant la justice.
     
    On avait écrit une lettre (RFI et l’AFP) dans laquelle on retraçait ce qui s’était passé et on pointait les responsabilités  - qui a vu ; qui était présent, etc… -, même si on ne donnait pas les noms exacts de ceux qui m’ont frappé.
     
    Apparemment, le procureur n’a pas vu cette lettre. J’ai décidé de porter plainte pour que justement il puisse voir, car dans la plainte je précise tout ce qui s’est passé. Donc, cette foi-ci, il n’aura pas de difficultés, je pense, à pointer les responsabilités.
     
    Qu’espérez-vous, en fait, de cette procédure, dans le contexte actuel du Burundi ?
     
    C’est difficile, mais je prends date, au moins. Je ne peux pas ne pas porter plainte. Je ne peux pas laisser faire ; je ne peux pas laisser passer. C’est vraiment impossible parce que ce qui s’est passé est inadmissible. Je n’avais commis aucune infraction. J’étais en train de faire mon travail. C’est un droit et donc, je ne peux pas laisser passer.
     
    J’espère qu’on va me faire justice, mais même si on ne me fait pas justice, sur le moment, au moins j’aurais pris date ; j’aurais porté plainte.
     
    Il y a aussi le fait que la plupart des journalistes burundais, aujourd’hui, ont fui. Certains ont eu des problèmes et donc, en tant que journaliste burundais, c’est un devoir de porter plainte parce que le métier traverse une zone de turbulence terrible. Il faut, par conséquent, qu’on réclame nos droits.
     
    Le général Adolphe Nshimirimana est assassiné le matin du 2 août, à Bujumbura. Que se passe-t-il ensuite ? Comment vous retrouvez-vous arrêté par le Service national du renseignement ?
     
    Eh bien, lorsque le général est assassiné, on m’appelle. On me dit qu’il vient d’être assassiné. C’est une affaire capitale, donc j’y cours. Je vais voir ce qui s’est passé et, lorsque je suis arrivé sur place, un agent des Services du renseignement est venu vers moi -  il venait de parler avec un des chefs, avec un député et avec un commandant d’unité d’élite de la police - et m’a arraché mon appareil photo. Il m’a alors dit que j’étais un ennemi du Burundi ; que j’étais parmi ceux qui avaient tué le général Adolphe, etc… Et donc, du coup, il m’a dit qu’il m’arrêtait.
     
    Il a été envoyé, très clairement, par les trois personnes qui étaient avec lui. Ce sont ceux-là même qui vont donner le véhicule qui va m’acheminer à la Documentation. On a commencé à me frapper, dans le véhicule, devant tout le monde. Il y a là, des cadres de l’Etat et des cadres de la présidence ; des hauts gradés de la police ; des hauts gradés de l’armée… Tous vont regarder à côté. Une fois arrivé au Service national du Renseignement, ils vont me coucher par terre ; enlever mon pantalon et me frapper (plus d’une centaine de coups). Voilà ce qui s’est passé.
     
    Comptez-vous retravailler un jour, au Burundi ? Est-ce que vous comptez y retourner lorsque vous serez guéri ?
     
    J’espère bien, parce que je ne veux pas renoncer. C’est mon droit. Je n’ai commis aucune infraction. Même les autorités le savent et reconnaissent que c’est difficile en ce moment, mais je compte bien y retourner.


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