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    Innover pour une irrigation raisonnée

    Utilisation des eaux usées de la station de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal par les maraîchers de Niayes, banlieue de Dakar au Sénégal. RFI/Sayouba Traoré

      Du 12 au 16 octobre 2015 à Montpellier, en France, s’est tenue une conférence internationale sur l’irrigation. Cette manifestation a été organisée par l’Association Française pour l’Eau, l’Irrigation et le Drainage (AFEID), sous l’égide de la Commission Internationale des Irrigations et du Drainage.

      Les enjeux sont importants. En effet, l’agriculture mondiale va devoir relever un défi de taille: doubler la production à l’horizon 2050 pour nourrir les futurs 9 milliards et demi d’humains. Aujourd’hui, l’agriculture utilise déjà près de 70 % des volumes d’eau douce dans le monde. Avec les dérèglements du climat, on prévoit que la ressource en eau disponible se fera plus rare dans la plupart des régions, alors que dans le même temps, les besoins augmentent.

      L’irrigation apparaît comme une des solutions de l’adaptation de l’agriculture au changement climatique ; elle permet de tripler la productivité des terres, et assure aujourd’hui 40 % de la production alimentaire sur seulement 18 % de terres agricoles irriguées. Véritable « assurance sécheresse », elle constitue ainsi un outil incontournable pour la sécurité alimentaire, en particulier sur le pourtour méditerranéen, en Afrique de l’Ouest, au Moyen-Orient, dans une grande partie de l’Asie et en Amérique Centrale, dans des zones arides où l’agriculture pluviale ne fournit pas des productions suffisantes et diversifiées.
      Sur le continent africain, de nombreux problèmes empêchent le développement de l’irrigation. Dans l’espace CILSS (Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sècheresse au Sahel) qui regroupe 13 pays d’Afrique de l’Ouest par exemple, on a calculé que seulement 3% des ressources en eau sont mobilisés pour l’agriculture. Donc, une agriculture essentiellement pluviale, alors qu’il y a une grande variabilité de la pluviométrie. Disparité spatiale de la pluie et distribution irrégulière dans le temps pendant la courte saison de pluvieuse.

      Avec plusieurs zones d’aménagement hydro-agricoles, le Sénégal possède des superficies irrigables qui restent souvent sous exploitées. Mais sur les 2,5 millions d’hectares cultivés, seulement 360 000 ha sont irrigués, soit seulement 5% de la superficie totale, ce qui est insuffisant pour l’autosuffisance alimentaire. Il se trouve qu’avec un potentiel de 174 milliards de m3, soit les apports d’eaux pluviales, de surfaces et souterraines, l’irrigation au Sénégal doit cependant faire face à plusieurs problèmes.
       
       
      Invités :


      - François Brelle, président de l’Association Française pour l’Eau, l’Irrigation et le Drainage (AFEID), vice-président de la Commission Internationale des Irrigations et du Drainage (CIID
      - Sami Bouarfa, chercheur à l’IRSTEA, président du Comité technique de l’Association Française pour l’Eau, l’Irrigation et le Drainage (AFEID).
      - Patrick Rosique, responsable d’un site expérimental de l’IRSTEA
      - Nicolas Condom, président d’Ecofilae, un Cabinet de conseil et d’études indépendant situé à Montpellier
      - Jean-Yves Jamin, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD)
      - Ndongo Sène représente l’Association sénégalaise pour la promotion de l’irrigation et du drainage (ASPID)
      - Ouango François, ingénieur en Génie rural, président du Comité national des irrigations et du drainage au Burkina Faso
      - Bruno Barbier, agroéconomiste au CIRAD.
       
      Production : Sayouba Traoré
      Réalisation : Ewa Moszynski
       

       


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