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    Tom Periello (USA): «Des millions de vie sont en jeu» au Burundi

    Tom Periello, envoyé spécial des Etas-Unis dans les grands Lacs. govtrack.us

    Washington est extrêmement préoccupé par la tournure des événements au Burundi, les États-Unis dénoncent en particulier une rhétorique haineuse de la part de membres du gouvernement et des autorités à la tête du parlement. Un langage de l'horreur que la région n'a plus connu depuis 20 ans ont déploré plusieurs diplomates américains. Tom Perriello est l'envoyé spécial des États-Unis dans les grands lacs.

    Il répond aux questions de Nicolas Champeaux

    RFI : Les propos tenus par les autorités au Burundi renvoient aux pires heures que la région ait connues, dites-vous. Donc c’est une référence évidente au génocide des Tutsis au Rwanda. Est-ce que le Burundi prend le chemin du génocide ? Est-ce que le risque est réel ?

    Tom Periello : Cela fait longtemps que nous évoquons ce risque. La question c’est le degré de probabilité de ce risque. Et malheureusement, des discours, comme celui prononcé par le président du Sénat le week-end dernier, nous orientent vers cette direction. Nous sommes heureux du leadership de l’Union africaine dans ce dossier. L’UA a dénoncé ces discours incendiaires qui divisent, je pense surtout à ce discours qui parle de comités qui pourraient, quartier par quartier, identifier des personnes. Tout cela soulève une inquiétude légitime à travers la région et à travers le monde. Mais il est encore temps, grâce à la mobilisation de l’Union africaine et des autres, d’empêcher le pays de prendre le chemin des violences de masse. Et il est vraiment temps que la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est et que le président Museveni activent les pourparlers. On les attend depuis trop longtemps et il est temps que toutes les parties rejoignent la table des négociations à Kampala, car le pays est sur la mauvaise trajectoire et cela nous préoccupe beaucoup.

    Les condamnations de l’Union africaine et la décision de Washington de retirer au Burundi son statut de partenaire commercial privilégié – il ne bénéficiera plus des accords AGOA en janvier – n’ont pas produit pour l’heure de résultats.

    Nous pensons que les réactions et les conséquences envisagées par l’Union africaine, l’Union européenne et les Etats-Unis contribuent à ce que des membres des différents camps essaient de trouver une issue négociée. Il y a ceux qui sont clairement déterminés à aller jusqu’à la guerre. Mais je pense qu’il y a des acteurs responsables qui veulent aboutir à une solution négociée. Et je pense qu’il est important que les gens au Burundi et dans la région comprennent que certains actes auront des conséquences. Et ce que les divers camps entendent de plus en plus, même de la bouche de leurs meilleurs amis, c’est : ‘Nous n’allons pas vous soutenir si vous poursuivez dans la voie de l’escalade’. On ne peut pas jouer à des jeux dangereux pour découvrir qui est le plus brave, alors que des millions de vies sont en jeu. Donc les gens doivent bien comprendre que ceux qui pensaient que des élections non inclusives et non consensuelles pouvaient malgré tout aboutir à une solution de stabilité se sont trompés, car ce n’est pas du tout le cas.

    Vous parlez de conséquences. De quelles conséquences parlez-vous précisément ?

    Si vous prenez ne serait-ce que la pression économique actuelle au Burundi, vous avez une économie très fragile, une situation fiscale pour le gouvernement qui est très fragile, et je pense que le gouvernement est en train de se rendre compte qu’aucune cavalerie ne se manifestera pour sauver l’économie. Et donc si le gouvernement du Burundi se soucie du bien-être de son peuple – et je sais que c’est le cas – il va devoir se rendre aux pourparlers de paix à Kampala et trouver une solution à l’issue d’un dialogue politique.

    Le président Pierre Nkurunziza a évoqué un dialogue national à des concertations nationales. Mais au Burundi, et là aussi, il vous a déçu.

    Vous avez vu la réaction de l’Union africaine et des autres. Il y a un consensus. Le seul processus crédible est un processus mené par l’Afrique de l’Est, soit à Kampala, soit à Addis-Abeba. Mais pour l’heure, il y a un élan en faveur de Kampala. Tout le monde sait qu’un processus crédible doit inclure toutes les parties, y compris les gens qui ont quitté le pays parce qu’ils avaient peur. Donc les pourparlers doivent se tenir dans un lieu sûr et nous voulons que les discussions commencent tout de suite à Kampala ou à Addis. Mais pour l’heure, on prend plutôt la direction d’une médiation avec Museveni aux commandes.

    Et à quel moment il faudra-t-il que l’Union africaine déploie des contingents au Burundi ? Est-ce qu’on en prend le chemin, selon vous ?

    L’Union africaine a vraiment fait preuve d’un leadership très fort mardi quand elle a parlé de la nécessité d’envisager un contingent et le déploiement d’une force en attente. Et à l’heure actuelle, il est vraiment important de planifier pour le pire, tout en espérant pour le mieux. Mais oui, nous sommes prêts à identifier des moyens pour soutenir des solutions initiées par les Africains, au cas où la situation prendrait une tournure plus mauvaise encore.

    Vous dénoncez aussi le comportement de certains opposants à Pierre Nkurunziza ?

    Oui, nous sommes extrêmement préoccupés de voir des membres de l’opposition ou des forces de l’opposition lancer des grenades aux policiers à la tombée de la nuit dans certains quartiers, des quartiers où il n’y a presque plus d’Etat de droit. Alors il faut bien faire la différence entre l’opposition pacifique qui regroupe un très groupe d’organisations de la société civile et où sont représentées toutes les ethnies, et d’un autre côté, ceux qui ont choisi l’option de la violence, qu’il s’agisse de ceux mêlés à la tentative de coup d’Etat que nous avons condamnée, ou des actions violentes qui menacent d’emporter des vies dans les rues du pays. Ce n’est pas la bonne approche, et nous allons plaider pour que ceux qui se maintiennent sur cette voix rendent des comptes.


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