GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 20 Mai
Mardi 21 Mai
Mercredi 22 Mai
Jeudi 23 Mai
Aujourd'hui
Samedi 25 Mai
Dimanche 26 Mai
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent
    Au Kenya, la justice refuse de décriminaliser l'homosexualité
    Dernières infos

    Ecouter Antananarivo avec Ranaivoson Andriamialy

    Une friperie d'Antananarivo. Ranaivoson Andriamialy

    Tous les matins, Ranaivoson Andriamialy traverse sa ville. Il envoie de la musique dans ses écouteurs. Mais pas trop fort ; il veut entendre les récits qui se déroulent à chacun de ses pas : les receveurs du bus crient les noms de stations, les polisseurs d’or vantent en boucle leur produit à l’aide d’un mégaphone, les vendeurs de piège à souris aussi. Les prêcheurs disent leur sermon et les enfants sortent de l’école, jouent et trainent dans les rues… Ranaivoson Andriamialy est mondoblogeur.


    « Moi, j'ai toujours habité la banlieue de Antananarivo et j'ai toujours passé mes journées au milieu de la ville. Tous les matins, donc, j'effectue ce passage assez violent d'un relatif « silence » à la grande « cacophonie » de la ville des mille.

    Oui, Antananarivo signifie la ville des mille, mais aujourd'hui on est des millions à s'entasser tous les jours dans ce petit espace urbain. Et les premiers bruits qui le confirment proviennent des milliers de voitures qui sont parfois d'un autre âge, qui sont beaucoup trop nombreuses pour les petites routes de la cité et qui, de surcroît, klaxonnent beaucoup.

    Et puis, à mesure qu'on rentre dans la ville, il y a des gens et parmi les gens, il y a les enfants, les myriades d'enfants qui vont à l'école ou trainent dans les rues. Des enfants qui crient, qui hurlent, qui rient, qui pleurent, qui jouent et qui courent partout. Si on n'a pas l'habitude, la rentrée ou la sortie des écoles peut être vraiment étourdissante.

    Les adultes, eux aussi, sont partout et parlent fort. On peut facilement se divertir avec les conversations des gens si l'on est un peu voyeur « sonore ». Il y a ceux qui racontent leur vie, ceux qui discutent politique, sport, séries, etc. C'est, même facile de se joindre à ces conversations quand le sujet vous intéresse. Et avec le bruit des permanentes constructions de cette cité qui enfle, certains doivent crier pour se faire entendre : le garçon de parking, le receveur du bus, ou les vendeurs dans la rue et les marchés. Pour ne pas se fatiguer, ces derniers utilisent depuis un certain temps des mégaphones dans lesquels ils enregistrent une petite réclame qui tournera en boucle toute la journée.

    C'est comme ça à Tana.

    Je marche dans ces rues, me sentant chez moi, dans mon espace familier quand soudain, juste derrière moi, j'entends une voix grave, rauque et autoritaire qui me fait sursauter. Je me dis que c'est encore un de ces fous qui trainent en liberté et qui peuvent vous donner des coups en traître. Je me retourne pour voir au milieu des gens cet homme, en chemise rouge et pantalon gris, les yeux exorbités et la bouche écumant, une bible à la main et vociférant des mots parmi lesquels je reconnais... « Jésus ». Ce qui me rassure. Eh oui, c'est dans la rue et dans les marchés que les évangélistes trouvent leur audience et que certaines sectes recrutent.

    J'aime marcher, flâner, et me perdre dans cette ville.

    C'est vrai qu'on me reproche de me boucher les oreilles quand je marche dans les rues de Tana. En fait, j'envoie de la musique dans mes écouteurs. Mais je rassure mes proches, car malgré ces écouteurs, je fais exprès à ne pas couvrir tous les bruits, pour les raisons évidentes de sécurités tout d'abord. Entre les voitures, les deux roues, les pickpockets et les piétons qui, à certains endroits très fréquentés, vous collent et vous poussent, il faut rester aux aguets. La musique que j'écoute dans la rue, pour moi, c'est devenu une bande originale qui s'ajoute à ce complexe bruitage, une ornementation pour ce tableau vivant, cette sorte de film d'action dont je suis acteur, mais aussi spectateur, ce récit qui se déroule à chacun de mes pas et qui, jamais, ne ratera de me surprendre. »


    Sur le même sujet

    • Reportage Afrique

      Madagascar: situation des apatrides

      En savoir plus

    • Invité Afrique

      Liberté de la presse: «La Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon offre l’espoir»

      En savoir plus

    • Cap Océan Indien

      Madagascar: Dominique Ranaivoson publie une biographie de Jacques Rabemananjara

      En savoir plus

    • Ecouter Dakar: une mosaïque de sons

      Ecouter Dakar: une mosaïque de sons

      La calèche tirée par des chevaux qui transportent les ordures et tout type de matériaux, la trompette du vendeur de glace, la baignade des enfants dans l’océan, les pêcheurs …

    • Ecouter la voix sauvage avec Luca Rullo

      Ecouter la voix sauvage avec Luca Rullo

      La voix sauvage est le titre de l’installation sonore de l’artiste espagnol Luca Rullo. Il a enregistré la vie des bergers et leurs troupeaux pendant la transhumance, …

    • De l’aube à la nuit au Pays basque espagnol

      De l’aube à la nuit au Pays basque espagnol

      Une traversée sonore du Pays basque espagnol : des cloches du petit matin à celle du soir, un après-midi à jouer au bingo à Sartaguda, un soir à Saint Sébastian où les …

    • Le quotidien

      Le quotidien

      Comment écoutez-vous les sons du quotidien ? Comment les décrivez-vous ? Comment partager nos cultures d’écoute ? Un son inconnu fait l’objet d’une écoute croisée de …

    • Les sens des sons (rediffusion)

      Les sens des sons (rediffusion)

      Le monde résonne en nous de manière subjective et singulière. Comment évoquer la mémoire sonore de chacun ? Un son inconnu fait l’objet d’une écoute croisée du grand …

    • Un pays lointain

      Un pays lointain

      Il est l’heure d’écouter la chronique sonore du monde ! Monica Fantini nous invite à tendre l’oreille pour entendre les sens des sons. Comment écoutez-vous les sons du …

    • Le temps de l’imprégnation à Trivandrum

      Le temps de l’imprégnation à Trivandrum

      Écouter c’est prendre le temps, nous dit Christine Guillebaud, anthropologue et chercheuse au CNRS. A Trivandrum la capitale du Kerala, un État de l'Inde du Sud, elle …

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.