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    D. Mohamed Dileita (UA): «Les milices bloquent toute initiative en Libye»

    Dileita Mohamed Dileita, ancien Premier ministre de Djibouti , envoyé spécial de l'Union africaine pour la Libye. wikimedia/Joseph L. Swafford

    En Libye, Martin Kobler va-t-il réussir là où Bernardino Léon a échoué ? Le diplomate allemand doit succéder cette semaine au diplomate espagnol à la tête de la très difficile médiation que tentent les Nations unies entre les deux gouvernements libyens de Tobrouk et de Tripoli. Comment réconcilier les frères ennemis libyens ? Depuis un an, le Djiboutien Dileita Mohamed Dileita est l'envoyé spécial de l'Union africaine pour la Libye. De passage à Paris, l'ancien Premier ministre de Djibouti répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Voilà une année que le médiateur des Nations unies négocie avec les gouvernements de Tobrouk et de Tripoli. Toujours rien. Est-ce que ce n’est pas désespérant ?

    Dileita Mohamed Dileita : Vous avez raison d’utiliser ce terme. C’est désespérant parce qu’aujourd’hui nous revenons au point de départ. C'est-à-dire que depuis une année toutes les réunions que nous avons pu avoir n’ont abouti finalement à rien. Parce que, à chaque fois, à chaque étape, les deux parties tour à tour rejetaient les différents plans qui étaient bien sûr, soutenus par toute la communauté internationale.

    Jusqu’au mois dernier, le médiateur c’était donc le diplomate espagnol Bernardino Leon. Aujourd’hui, on apprend qu’il va se reconvertir comme directeur d’Académie aux Emirats arabes unis, l’un des Etats qui soutiennent le gouvernement de Tobrouk. Alors si pendant sa médiation, il négocie un job avec un Etat qui soutient l’un des deux camps, est-ce qu’il peut rester neutre ?

    Vraiment, je ne peux pas rentrer dans ces considérations. Je n’ai vraiment pas de commentaire. Parce que c’est vrai que quand on est médiateur ça n’empêche pas, à partir du moment où sa mission en tant que représentant spécial des Nations unies venait à terme, je pense qu’il a le droit de postuler à un autre poste. Malheureusement, c’est ça la vie.

    Le successeur de l’Espagnol Bernardino Leon c’est l’Allemand Martin Kobler, un diplomate que les Congolais connaissent bien, puisqu’il a dirigé pendant deux ans la Monusco. Est-ce qu’il peut apporter une nouvelle approche, une nouvelle façon de faire ?

    Je pense qu’il a été ambassadeur en Egypte, il a été ambassadeur aussi en Irak. C’est quelqu’un qui a déjà l’expérience des pays arabes. L’Union africaine sera à ses côtés pour le soutenir dans cette nouvelle mission.

    Au terme de ses douze mois d’effort, Bernardino Leon était parvenu à arracher aux deux parties qui étaient présentes à Sdirat au Maroc, un projet d’accord sur un gouvernement d’union nationale avec un Premier ministre et 17 ministres, mais ensuite ce projet a été rejeté par les deux parlements, celui de Tobrouk et celui de Tripoli. Est-ce à dire que le projet était mal conçu mal ficelé ?

    Quand on regarde l’historique… Vous savez que c’est la quatrième monture qui a été présentée. D’abord, ceux de Tobrouk ont rejeté, par la suite c’était ceux de Tripoli à deux reprises. Aujourd’hui, dernière monture, il y aura cinq vice-Premiers ministres, trois ministres d’Etat. C’est une nouvelle proposition qui va être faite bientôt, mais les problèmes se situent au niveau de la responsabilité des deux camps. Ça veut dire que ceux de Tobrouk ne veulent pas que ceux de Tripoli puissent avoir un certain nombre de responsabilités dans le futur gouvernement. Et les autres, ceux de Tripoli, prévalent que nous sommes aujourd’hui légitimes et nous avons le territoire, nous devons avoir beaucoup plus de responsabilités. Chacun essaie de tirer vers soi la couverture. Je pense que ce serait une étape.

    En effet, les gens de Tobrouk disent que ce sont eux qui sont reconnus par la communauté internationale, les gens de Tripoli disent que ce sont eux qui tiennent la plus grande ville du pays. Qui est le plus fort en réalité ?

    Ce que nous savons, c’est qu’au niveau de la légitimité, il y a une élection qui a eu lieu, une élection qui a été saluée par toute la communauté internationale, qui a été sabotée ou interrompue par ceux de Tripoli, parce que plus de 70% étaient pour les gens de l’Alliance démocratique et les islamistes étaient en perte de vitesse par rapport à cette élection. La veille de l’annonce des élections l’attaque de l’aéroport de Tripoli, c’est pour vraiment saboter un peu le processus démocratique qui avait été lancé et que la communauté internationale avait encouragé.

    Les islamistes n’ont pas voulu perdre pouvoir.

    C’est ça. Ils n’ont pas voulu perdre le pouvoir. Ils savaient que les résultats ne leur étaient pas favorables. C’est pour ça qu’ils ont vraiment fait tout pour saboter ce processus.

    Après le rejet de son projet d’accord, Bernardino Leon a eu cette phrase : « Ce que nous voyons aujourd’hui en Libye c’est un petit groupe de personnes, des durs des deux camps, et des personnalités qui décident d’utiliser leur pouvoir pour empêcher un vote démocratique ».

    Oui, c’est ce que je disais. Ça veut dire qu’il y a eu quand même un vote que la communauté internationale a soutenu en 2014. Malheureusement, le plus gros problème, c’est qu’il y a eu une multitude de milices qui ont été créées en Libye et je pense que ces personnes n’accepteront jamais qu’elles puissent être écartées du jour au lendemain de cette domination.

    Est-ce qu’à Tripoli, on a identifié les gens qui tiennent le pouvoir ?

    Il y a les présidents des parlements et il y a le Premier ministre. L’ancien a été limogé et il y a un nouveau Premier ministre qui a été désigné. Mais on ne sait pas qui a le pouvoir. On parle de différents groupes islamistes. Il y a tout un monde islamiste. Et c’est la raison pour laquelle monsieur Bernardino a été confronté à ce qu’à chaque discussion avec eux, à chaque étape, il y avait des groupes qui s’étaient multipliés et qui faisaient échec à toute discussion.

    Et qui faisaient de la surenchère.

    Voilà, exactement.

    A Tripoli, les querelles intestines se multiplient. Le 27 octobre, dix-huit personnes proches du gouvernement sont mortes dans la destruction d’un hélicoptère en plein vol, le 2 novembre le ministre du Plan a été enlevé par un groupe armé qui serait proche du ministre de l'Intérieur. Est-ce qu’on va vers une situation d’anarchie ?

    Mais l’anarchie on y est ! Je pense que depuis le début nous sommes dans cette anarchie. C’est une multitude de milices qui sèment la terreur.

    Il y a le gouvernement de Tobrouk, le gouvernement de Tripoli. Et puis il y a maintenant un troisième acteur, le groupe Etat islamique qui est présent notamment à Syrte. Selon la procureure de la Cour pénale internationale, ce groupe est aujourd’hui responsable de la majorité des meurtres de civils libyens. A quoi bon un accord entre Tobrouk et Tripoli si ce groupe continue à l’avenir de massacrer ?

    Mais c’est ça ! Une fois qu’il y aura un gouvernement d’union nationale, une fois que les choses se calment entre Tobrouk et Tripoli, ce sera le rôle de la communauté internationale d’aider la Libye pour arriver à éliminer ces extrémistes. Sinon il n’y a pas d’autre solution.

    C'est-à-dire que quand il y aura un gouvernement d’union nationale, une action militaire internationale sera légitime sur le sol libyen ?

    Je pense. Sinon, on reviendra toujours à la case départ. C’est la seule solution.


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