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    Lemine Ould Salem: le Sahel est confronté «à la même menace jihadiste»

    Lemine Ould Mohamed Salem auteur du livre «Le Ben Laden du Sahara. Sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar». Editions La Découverte. RFI

      La lutte antiterroriste est au cœur d’un sommet de 5 chefs d’Etat qui se tient ce vendredi 20 novembre au Tchad : le sommet du G5 Sahel. Il s’agit d’une nouvelle organisation qui réunit le Tchad, le Niger, le Burkina Faso, le Mali et la Mauritanie. Le journaliste Lemine Ould Salem connait bien les enjeux de ce sommet. En 2012-2013, il est le seul reporter qui a pu filmer les chefs jihadistes du Nord Mali dans leurs fiefs de Gao et Tombouctou. Il témoigne au micro de Christophe Boisbouvier.

      Le G5 Sahel, est-ce une nouvelle organisation budgétivore, comme disent les mauvaises langues, ou est-ce que ça peut servir à quelque chose ?

      Lemine Ould Salem : il est tout à fait donc légitime de se poser la question, mais l’idée d’une organisation qui réunit les principaux pays de cette région, qui sont les plus confrontés à la menace jihadiste, l’idée n’est pas mauvaise en soi.

      L’idée, c’est de réunir des pays qui appartiennent à trois organisations sous-régionales différentes, mais qui sont confrontés à la même menace ?

      Effectivement, effectivement. Non seulement ils sont confrontés à la même menace, mais ce sont des pays qui vivent des situations structurelles presque identiques. C'est-à-dire, la Mauritanie, le Mali, le Burkina, le Niger et le Tchad. Ce sont des pays dont les moyens sont très limités et l’idée que ces pays puissent coordonner leurs efforts n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais le problème c’est, est-ce qu’ils ont une réelle volonté de le faire ?

      L’un des objectifs de ce G5, c’est d’échanger du renseignement entre les cinq pays. Pour cela, un système de communication informatisé et sécurisé doit être mis en place. Qu’est-ce que vous en pensez ?

      L’idée est très bonne. Des réunions d’experts ont eu lieu, des ministres de l’Intérieur se sont également réunis à Nouakchott il y a quelque temps en adoptant la fameuse déclaration de Nouakchott. Mais dans le contexte des relations bilatérales entre un certain nombre de pays, on se pose la question de l’efficacité de ce genre d’initiative. On sait très bien par exemple qu’entre la Mauritanie et le Mali, leurs rapports ne sont pas très excellents. Les rapports aussi entre le Burkina et le Niger ou le Mali ne sont pas au niveau idéal.

      Il manque une relation de confiance. Est-ce qu’il y a comme dans les années 2011-2012 au Mali, des connexions entre certains trafiquants jihadistes et certains centres de pouvoir ?

      Pas qu’au Mali. On a tort de penser que seul le Mali subit ce genre de rapport entre certains centres du pouvoir et les groupes jihadistes ou les groupes de contrebandiers ou de trafiquants. Quasiment dans les 5 pays, il y a des connexions évidentes entre un certain nombre de groupes jihadistes ou de trafiquants, avec un certain nombre de chefs militaires ou des services de renseignement. Le Mali n’est pas le seul qui est confronté à ce genre de problème.

      Vous pensez à la Mauritanie ? Vous pensez à l’Algérie ?

      Pas qu’à la Mauritanie ou à l’Algérie. Au Niger, au Tchad, au Burkina Faso. A un moment donné, ces connexions étaient évidentes et manifestes.

      Vous savez de quoi vous parlez puisqu’en septembre, octobre 2012, et encore en janvier 2013, vous avez séjourné dans le Nord Mali, à Tombouctou, à Gao, deux villes qui étaient alors sous occupation jihadiste. Et vous y avez même tourné de nombreuses images qui, paraît-il, étaient la version initiale du projet du film « Timbuktu » d’Abderrahmane Sissako. Est-ce qu’à l’époque, vous avez été témoin de connexions occultes entre les jihadistes du Nord Mali et certains lieux de pouvoir dans une capitale sahélienne ?

      Je n’ai pas été le témoin direct, mais les entretiens que j’ai eus avec un très grand nombre d’acteurs jihadistes à l’époque, mais aussi de notables de la région, me laissaient à l’époque croire qu’il y avait effectivement des liens. Certains évènements très récents montrent que certaines figures des groupes jihadistes, notamment Ansar Dine, étaient liés à un certain pays de la région.

      Vous pensez à Iyad Ag Ghali, le chef d’Ansar Dine ?

      Pas forcément Iyad. Il y a d’autres noms. Demandez aux Maliens.

      Vous voulez dire que des chefs d’Ansar Dine, notamment des lieutenants d’Iyad Ag Ghali étaient en contact avec Bamako ?

      Pas forcément Bamako. Ça peut être n’importe quelle capitale de la région, mais il est évident que certaines grandes figures du mouvement d’Ansar Dine ou d’Al-Qaïda ou du Mujao, étaient en contact avec un certain nombre de pays de la région.

      Et est-ce que de ce point de vue, les choses ont évolué ou pas ?

      Je ne suis pas très sûr, même si depuis le lancement de l’opération française dans la région, les choses pourraient avoir évolué. Mais je ne suis pas très sûr qu’il y ait une rupture définitive entre certaines figures jihadistes de la région avec certains services de sécurité. Je ne pense qu’il y a une rupture définitive, même si la présence de l’armée française dans la région pousse à croire que la situation a pu changer.

      Y a-t-il parmi ces cinq pays du G5 un maillon faible ?

      Ils le sont tous en vérité. On pense souvent que c’est le Mali, puisque le Mali en ce moment ne contrôle pas la totalité de son territoire, notamment le Nord. Mais je pense quand on regarde au fond, chacun des pays se valent plus ou moins tous.

      L’un des objectifs de ce G5 Sahel, c’est de mieux contrôler les flux qui financent la radicalisation des Sahéliens. Est-ce que vous y croyez ou pas ?

      Dans les faits, c’est très difficile. Ce sont des pays extrêmement pauvres, qui ne sont pas en mesure d’assurer l’essentiel des services dont ont besoin leurs populations. Et je ne pense pas qu’ils puissent être en mesure d’empêcher l’arrivée de fonds d’origine saoudienne ou qatarie, ou de fonds provenant directement de financiers, de groupes jihadistes ou salafistes.

      La tentation est trop forte ?

      Absolument. Absolument. Quand on parcourt cette région, on voit très bien que l’essentiel des mosquées, même si c’est des mosquées très austères, l’essentiel des mosquées, des écoles coraniques ont été financées par des fonds en provenance de pays du Golfe.

      Ces images exclusives sur Gao et Tombouctou sous occupation jihadiste, avec ces chefs islamistes que vous avez filmés à l’époque, vous les avez toujours ? Qu’est-ce que vous allez en faire ?

      Alors, je projette d’en faire un film justement qui sortira bientôt, probablement d’ici la fin de l’année. Le projet initial qui devait être concentré sur cette région, je l’ai légèrement élargi à la Libye, à la Tunisie, mais aussi à la Syrie, vu ce qui se passe aujourd’hui avec la présence notamment d’un groupe comme l’Etat islamique dans cette région.

      Comment s’appellera votre film ?
      « Salafistes ».

      On y entendra des paroles de salafistes. Ne craignez-vous pas que votre film apparaisse comme quelque chose de trop complaisant à leur égard ?

      Justement, la question est légitime. Elle se pose, mais l’idée c’est de montrer ces gens tels qu’ils sont, mais aussi les personnes qui ont vécu sous leur règne. Certains notamment ont subi l’application de la charia. Donc un jeune homme qui a été un des premiers à avoir été flagellé quand le groupe d’al-Qaïda a été après à Tombouctou, en 2012. Et c’est peut-être la manière d’équilibrer, d’éviter de passer pour le propagandiste des jihadistes.


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      Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.