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    Michel Camdessus: l’Afrique «a intérêt à ce que la COP soit un succès»

    Michel Camdessus. RFI

    Quel sont les enjeux de la COP21 pour l’Afrique ? La conférence sur le climat s’ouvre ce lundi 30 novembre à Paris. En 2009, 195 pays s’étaient donnés pour objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2°C. Le continent africain est celui qui a le moins contribué ce réchauffement. Doit-il attendre que les autres fassent des efforts, ou doit-il se mobiliser pour que ce sommet réussisse ? Ancien directeur général du FMI, Michel Camdessus est membre fondateur de l’Africa progress panel, un groupe de réflexion présidé par Kofi Annan qui œuvre en faveur du développement de l’Afrique. Il est l’invité d’Anthony Lattier.

    RFI : En quoi cette COP 21 est-elle cruciale pour l’avenir de l’Afrique ?

    Michel Camdessus : Elle est cruciale pour l’avenir du monde. Il s’agit de savoir si on évite la grande catastrophe annoncée. C’est encore plus essentiel pour l’Afrique car l’Afrique est le continent qui, tout en contribuant le moins aux émissions de CO2 et donc au réchauffement climatique, est celui qui en souffre le plus. Par conséquent, l’Afrique a, plus que tout autre continent, intérêt à ce que la COP soit un succès.

    Vous l’avez dit. L’Afrique est la région qui a le moins contribué à la crise climatique ; elle n’est responsable que de moins de 5% des émissions de gaz à effet de serre, à un niveau mondial. Est-ce à elle de faire des efforts ?

    Elle pourrait dire que c’est le tour des autres. Elle se tromperait si elle le disait. Même si elle a d’énormes handicaps, même si elle a un énorme retard, elle a aussi des chances incomparables et meilleures que celles de beaucoup d’autres pays. En effet l’Afrique est le continent le mieux doté en ce qui concerne les énergies propres ou renouvelables. Elle est très bien dotée en gaz naturel mais elle est surtout très, très bien dotée en industries renouvelables comme l’hydroélectricité, le solaire, l’éolien, la géothermie. Par conséquent, elle peut se trouver dans une position de leadership en termes de développement « décarboné ».

    Mais certains sur le continent, disent - peut-être à juste titre – « Vous, les grands pollueurs, vous avez beaucoup pollué, c’est à vous de faire des efforts et nous, on attend de voir ce que vous mettez sur la table ».

    C’est un débat absurde et c’est la garantie de l’échec. On a perdu dix ans dans ce débat-là. La question n’est pas de nous situer au jour du jugement dernier pour savoir qui a été vertueux ou qui a été dispendieux, ou encore qui a été cigale ou qui a été fourmi. La question, aujourd’hui, est de faire face à un défi commun. Quand on est l’Afrique et que l’on a 600 millions de ses habitants qui n’ont pas accès à l’électricité, on ne perd pas son temps, dans une conférence comme celle-ci, à voir ce que les autres auraient dû faire.

    Les contributions des Etats, pour le moment, ne sont pas très optimistes, en tout cas pour limiter les températures à 2°C puisque l’on prend plutôt le chemin de 3, 4°C. Quelles seraient les conséquences concrètes pour les Africains qui nous écoutent ?

    Elles seraient dramatiques ! Je prends deux exemples seulement. En matière d’agriculture, de très grandes surfaces où l’on produit aujourd’hui du sorgho, du millet, du maïs comme en Zambie, par exemple, seraient hors-jeu, elles seraient arides. Dans un autre domaine - mais qui est également extraordinairement important - la fonte des glaciers quelque part en Arctique, ferait que des villes comme Dar es Salam, Lagos ou encre Accra risqueraient d’être sous l’eau. Ce sont des réalités auxquelles nous devons nous préparer, nous habituer et évidemment faire l’essentiel pour les éviter.

    La plupart des pays africains ont déposé une contribution sauf des pays pétroliers notamment l’Angola, le Nigeria et la Lybie. Est-ce que vous le regrettez ?

    Je comprends qu’ils soient embarrassés. Vous venez de citer des pays producteurs de pétrole qui voient, d’une part la chute des prix et d’autre part, l’obligation que le monde va s’assigner de réduire progressivement le recours aux industries fossiles. Double peine en quelque sorte pour ces pays qui, malheureusement jusqu’ici, ont très mal usé de leur aubaine pétrolière. Aujourd’hui, ils sont au pied du mur. J’observe des pays comme le Nigeria. Lui-même commence à le comprendre parfaitement bien et a fait, au cours des quatre ou cinq dernières années, de remarquables performances en matière de modernisation de son agriculture. C’est très bien. Il faut qu’il continue. D’autres pays doivent faire le même effort. Ils auront peut-être de plus grandes difficultés mais cet effort-là est incontournable.

    En 2009, les pays développés ont promis de débloquer, tous les ans, 100 milliards de dollars pour aider les pays du sud à faire face aux changements climatiques. Est-ce que ce mécanisme vous semble pertinent et comment trouver cet argent ?

    Le mécanisme est pertinent, très certainement, et il a été calculé intelligemment. Le problème c’est que les promesses n’ont pas été tenues. Une fois de plus, l’Afrique en a été la principale victime. Si vous prenez l’argent destiné à l’atténuation des émissions, la part de l’Afrique a été dérisoire, à savoir 3 milliards, je crois, sur l’ensemble des sommes déboursées. Quant aux sommes destinées à l’adaptation de l’agriculture africaine - il faudrait à peu près 11 milliards par an - je crois que seulement deux ou trois pays ont bénéficié de ce financement. Il faut donc que, lorsqu’à Paris, on définira des enveloppes, il faudra que ces enveloppes soient évidemment réalistes mais surtout que les quantifications soient telles, qu’elles puissent être vérifiées et que l’on puisse, en cours de route, modifier les trajectoires prévues si on s’en écarte. C’est cela qui est l’essentiel.

    Lien : le dernier rapport de l’Africa progress panel Energie, population et planète

     


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