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    Quel avenir pour la Chine en Afrique?

    L'Afrique vendait les trois quarts de son coton en Chine en 2013. REUTERS/Stringer

    Le président chinois, Xi Jinping, achèvera sa visite d’Etat en Afrique en assistant au 6e sommet sino-africain qui se tiendra les vendredi 4 et samedi 5 décembre 2015 à Johannesburg. Un sommet dans un climat inquiet alors que le ralentissement chinois pèse sur les échanges entre l’Afrique et la première économie du monde.

    La lune de miel entre l'Afrique et la Chine fut belle. Depuis le début des années 2000, la Chine a investi à tour de bras pour s'assurer d'avoir les matières premières dont elle avait cruellement besoin pour alimenter sa croissance. Pékin a acheté du pétrole, du cuivre, du fer, en quantité, dans la plupart des pays africains. Elle a investi dans les infrastructures, conclu des partenariats, installé des entreprises – 2 500 depuis 2005.

    La Chine a acheté toujours plus, participant du coup à la flambée des prix des matières premières, alimentant aussi la dépendance de l'Afrique vis-à-vis de son client chinois. La lune de miel sino-africaine en quelques chiffres, c'est la multiplication par 30 des échanges sino-africains en 15 ans. Ils se montaient à 10 milliards de dollars en 2000,et à 300 milliards de dollars aujourd'hui. Un tiers des projets chinois de construction à l'étranger sont en Afrique.

    L’économie chinoise au ralenti

    La croissance chinoise au 3e trimestre 2015 était de 6,9 %. Un chiffre à faire pâlir d'envie bien des pays, mais pas la Chine, habituée depuis plus de 20 ans à une croissance à 2 chiffres. Alors Pékin change de modèle, veut s'appuyer davantage sur sa consommation, et commence à écouler progressivement les stocks pléthoriques de matières premières qu'elle a amassés ces dernières années.

    Résultat : les importations chinoises en provenance d’Afrique ont dégringolé de près de 43 % sur les 6 premiers mois de cette année. Les investissements chinois en Afrique sont aussi en chute libre. Ils se sont effondrés de plus de 40 % de janvier à juin dernier. Le ralentissement chinois a un effet pervers, il contribue à la chute des cours et menace directement aujourd'hui des Etats devenus hyper dépendants de leurs partenaires chinois. Pékin pourrait limiter ses importations de pétrole du Nigeria, d'Angola, et celles d’or et de platine en provenance d'Afrique du Sud, de cuivre en provenance de Zambie. Or dans ce pays. 60 % des revenus des exportations du cuivre proviennent de la Chine. Les répercussions en Zambie sont cruelles. La devise zambienne a perdu 45 % de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année, et près de 4 000 emplois devraient être supprimés chez Glencore, le géant du cuivre.

    L'avenir de la Chine en Afrique doit être repensé

    Les déclarations du ministre chinois des Affaires étrangères vont dans ce sens. Selon Zhang Ming, la coopération sino-africaine doit être améliorée, transformée. La Chine et l’Afrique peuvent se compléter dans leur développement. Surtout, la présence chinoise en Afrique est amenée à se diversifier !

    La croissance économique africaine ne repose pas uniquement sur les matières premières, mais aussi sur la croissance démographique, la pérennité des investissements étrangers, la montée en puissance d'une classe moyenne africaine, classe moyenne avide de produits moins chers, mais de bonne qualité. Or le « made in China » n'a pas toujours bonne presse, loin s'en faut. La place de la Chine, principal fournisseur de l'Afrique en micro-ondes, en téléphones portables et autres produits technologiques, n'est pour l'instant toujours pas acquise.


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