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    Xavier Aurégan: «l’aide de la Chine à l’Afrique est de plus en plus forte»

    Xavier Aurégan, enseignant, chercheur à la Fondation maison des sciences de l'homme, spécialiste des relations sino-africaines. RFI

    Le sommet Chine-Afrique se poursuit encore aujourd'hui. Le président chinois Xi Jinping a mis la barre très haute en promettant 60 milliards de dollars d'aide. Malgré le ralentissement économique dans son propre pays, la Chine réaffirme sa suprématie dans son partenariat avec l'Afrique alors que de nombreux pays (comme le Japon, l'Inde, la Russie, etc.) lorgnent sur le continent. Pour en parler, l'invité de RFI est Xavier Aurégan, enseignant, chercheur à la Fondation Maison des sciences de l'homme, spécialiste des relations sino-africaines.

    RFI: Les 60 milliards de dollars d’aide qu’a annoncé le président chinois, comment interprétez-vous cette nouvelle augmentation de l’aide chinoise ?

    Xavier Aurégan: C’était plus ou moins ce qu’était attendu par les observateurs. On a vu qu'en 2012, la Chine avait octroyé 20 milliards et, en 2013, 10 milliards de plus. Et donc là, en 2015, on s’attendait plus ou moins à 50 ou 60 milliards. Finalement, ce sont donc 60 milliards. C’est vraiment le signe que la Chine, d’une part, ne compte plus uniquement sur son marché intérieur et qu’elle s’internationalise, en quelque sorte. Et donc l’Afrique évidemment, dans ce contexte, compte de plus en plus. Par conséquent, c’est aussi le signe, évidemment, que le continent africain compte énormément aux yeux des dirigeants chinois et de la politique extérieure chinoise, en règle générale. Et puis, c’est aussi le signe que la Chine se donne les moyens, à la fois de sa politique africaine et aussi de sa politique plus globale, à l’international.

    Oui, parce que dans un contexte de ralentissement chinois, on pouvait peut-être s’attendre à ce que la Chine lâche un peu du lest sur l’Afrique et en fait ce n’est pas le cas.

    Non, ce n’est pas le cas et c’est plutôt un bon signe pour l’économie africaine en règle générale, là aussi, car elle compte évidemment sur l’ensemble des partenaires. La Chine est un partenaire majeur. En effet, c’est le premier partenaire commercial avec 200 milliards de dollars à peu près d’échanges, 2 milliards d’investissements par an, environ. Les Etats africains, en règle générale, mais surtout l’Afrique du Sud, l’Angola ou encore le Nigeria comptent évidemment d’une manière assez forte sur cet Etat chinois.

    Malgré tout, les investissements ont baissé au premier semestre. Est-ce que l’Afrique et la Chine ne sont pas, quand même, à un tournant de leurs relations ?

    Non, non. Je ne le pense pas. En fait, on voit très bien cette évolution à travers les réformes, à la fois des entreprises chinoises et à la fois aussi dans les institutions chinoises. Donc à partir de 1992-93 et 1994 surtout, on voit donc la création de l’Exim Bank qui finance les prêts à taux préférentiels qui sont octroyés en Afrique subsaharienne notamment. Mais il n’y a pas qu’eux.

    On voit donc très bien que ces instruments qui ont été mis en fait à la disposition du gouvernement chinois et des entreprises centrales et provinciales chinoises, fonctionnent à plein régime. Ainsi, la SASAC, par exemple, qui a été créée en 2003 avec la réforme, un petit peu, du ministère du Commerce, rentre également dans cette stratégie d’internationalisation des compagnies et des entreprises chinoises. Et du coup, on voit très bien que cette aide couplée aux investissements est de plus en plus forte à savoir, de 5 milliards en 2000 à 60 milliards aujourd’hui, en 2015.

    C’est le premier sommet Chine-Afrique de Xi Jinping en tant que président. A-t-il une vision différente de ses prédécesseurs des relations entre la Chine et l’Afrique ?

    Ce qu’on peut dire c’est qu’il est quand même un petit peu moins réaliste, globalement, que son prédécesseur Hu.

    Qu’est-ce que ça veut dire ?

    Disons que j’ai un petit peu l’impression que la Chine cherche, en ce moment, à renouveler sa politique africaine et qu’elle ne trouve pas forcément les moyens ou les éléments, les facteurs et les enjeux à mettre en avant.

    Est-ce que cette politique n’irait pas aussi vers une application plus grande sur les questions de défense, de paix, de sécurité ? On voit qu’il y a, aujourd’hui, des Casques bleus chinois en Afrique. Les Chinois s’implantent aussi à Djibouti. On l’a vu la semaine dernière. Est-ce que c’est vers là peut-être que la Chine s’oriente ?

    On voit que les Etats africains placent l’appel à sécurité parmi leurs priorités, et donc la Chine a intégré cette priorité dans sa coopération et finalement elle essaie aussi de contribuer, à sa manière, à cette paix et cette sécurité africaines. C’est logique.

    Mais c’est un changement quand même pour la Chine qui a une tradition de non-ingérence dans les pays !

    C’est vrai. Là, c’est évidemment la dichotomie entre le discours chinois et les faits, puisque si on se souvient du Biafra, si on se souvient du Soudan, de la Côte d’Ivoire en partie et du Tchad aussi, on voit très bien que la Chine évidemment s’ingère obligatoirement dans les affaires africaines puisqu’elle commerce, qu’elle investit et qu’elle a des relations poussées et de plus en plus développées avec ces pays-là. Donc, la Chine est obligée finalement de s’ingérer comme la France le fait, mais d’une manière moins évidemment développée, moins poussée, puisqu’elle n’intervient pas directement comme la France pourrait le faire en Centrafrique ou au Mali. Mais en tout cas, la Chine est obligatoirement amenée à s’ingérer et donc à participer finalement au maintien de la paix, au maintien de l’ordre, etc… et donc à la paix, à la sécurité en Afrique de l’Ouest et subsaharienne plus largement.

    Aujourd’hui, ce n’est plus seulement la Chine qui investit massivement en Afrique – je parle des pays asiatiques – c’est aussi le cas du Japon et de l’Inde. Il y a eu le premier sommet Inde-Afrique, en octobre. Comment la Chine a-t-elle perçu l’organisation de ce sommet Inde-Afrique ?

    Je pense que les Chinois ne sont pas vraiment effrayés par ce genre de sommets, puisque les montants sont vraiment ridicules par rapport à la Chine. L’Inde privilégie plutôt le transfert de savoirs-faire, de technologies…

    Ils ne se font pas concurrence en fait, c’est ça ?

    Ce n’est pas une concurrence à proprement parler. Ce n’est pas une concurrence directe. Les entreprises chinoises sont plutôt en concurrence avec des allemandes, des françaises et des etats-usiennes mais très, très peu avec les indiennes ou des japonaises.


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