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    Le Premier ministre arménien réformateur Nikol Pachinian a annoncé ce mardi 16 octobre sa démission à la télévision. Une décision destinée à convoquer des élections législatives anticipées qu'il souhaite organiser avant la fin de l'année. «Mon cher et fier peuple, aujourd'hui, j'ai remis ma démission», a déclaré Nikol Pachinian, promettant de «garantir la libre expression de la volonté du peuple lors d'élections législatives anticipées».

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    Basseek Fils Miséricorde, prix RFI Talents du rire, et Mamane

    Le premier « Prix RFI Talents du rire » est remis à Basseek Fils Miséricorde à l’occasion du festival du Gondwana à Abidjan en Côte d'Ivoire. Basseek, humoriste camerounais de 34 ans, accompagné de Mamane, chroniqueur de RFI. RFI/ Frédéric Garat

    Le Festival du Gondwana bat son plein à Abidjan en Côte d'Ivoire. Demain soir sera remis le premier « Prix RFI Talents du rire » à Basseek Fils Miséricorde. Pour l'occasion, Basseek, humoriste camerounais de 34 ans, et Mamane, chroniqueur de RFI, sont les invités d'Anthony Lattier. Ils sont en ligne d'Abdijan.

     

    RFI : Baseek, vous avez remporté le premier « Prix RFI Talents du rire ». Vous avez, je crois, commencé par faire du théâtre. Qu’est-ce qui vous a poussé à aller ensuite vers des spectacles comiques ?

    Baseek fils Miséricorde : Tout d’abord, l’une des caractéristiques du théâtre négro-africain, c’est le comique. Je me suis aperçu, durant mon parcours de comédien classique, que le public voulait toujours rire, même quand nous étions en train de montrer des scènes tragiques. C’est alors que j’ai décidé de me lancer dans l’humour.

    Comment définiriez-vous votre humour, votre façon de faire rire ?

    Baseek : En fait, vous me mettez un peu en difficulté parce que je me sens un peu juge et partie, en même temps. J’essaye de voir quand-même, c’est vrai, que mon style d’humour est un peu différent de celui de certains de mes collègues. Dans l’espace francophone déjà, je veux dire en Afrique, bon nombre de nos jeunes humoristes sont beaucoup plus plongés dans un humour local qui pourtant n’est pas mauvais. C’est un très bon humour. Sauf qu’à un moment donné, ils réduisent leur spectre de compréhension.

    Donc moi, je me suis dit que je devrais faire un humour pour élargir mon auditoire, un humour qui pourrait passer en France et dans tous les espaces francophones. Voilà pourquoi je milite beaucoup pour la langue française. Au Cameroun, le quotidien national a taxé mon humour de « intellectuel du rire », on m’appelle souvent « l’intellectuel du rire ».

    Mamane : Fais attention, les intellectuels ne gagnent pas d’argent. Sois humoriste !

    Baseek : Justement. En fait, je ne suis pas un intellectuel. Je veux intellectualiser le rire, en gagnant de l’argent bien entendu.

    Qu’est-ce que ça veut dire, intellectualiser le rire ?

    Baseek : Nous jouons avec un registre plus élitiste. Je prends un cas simple. Parfois, je veux parler de la prostitution. Je ne parle pas de la prostitution au sens premier du terme. Je vais fouiller le vaste répertoire, très élogieux d’ailleurs, de La Fontaine où je prélève une fable comme « La cigale et la fourmi » et que je parodie pour parler de la prostituée et de l’infirmière. Vous voyez que c’est un niveau de recherche assez poussé, scientifiquement parlant. Voilà pourquoi je me dis que certains taxent cet humour, « d’humour intellectuel ».

    Mamane : Donc quand les garçons de ton spectacle vont chercher La Fontaine pour comprendre, tu pousses les gens à lire ?

    Baseek : Le plus souvent, ils comprennent. Je pousse les gens à lire, je pousse les gens à fouiller.

    Pour ceux qui ne connaissent pas Jean de La Fontaine, c’est un grand écrivain français du XVII siècle qui a écrit ses Fables, des petits récits avec une morale, et qui utilise des animaux pour parler des hommes de façon détournée. Vous-même Mamane, vous parlez de politique en utilisant un pays imaginaire, le Gondwana, des personnages également. Aujourd’hui, ça veut dire que l’humour c’est le meilleur outil pour faire passer des messages, pour dénoncer ?

    Mamane : Oui. De tout temps, l’humour a été la politesse du désespoir. Ce sont les peuples les plus en bas, les peuples qui souffrent le plus, ce sont eux qui ont fait preuve d’un humour caustique, d’un humour salvateur et qui est resté dans la mémoire. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de l’humour juif, de l’humour algérien ou arménien. Il y aussi l’humour africain. Aujourd’hui, nous, les Africains, sommes le peuple qui fait la Une de l’actualité avec toujours des catastrophes, des maladies ou encore de la mal gouvernance. C’est de la matière première pour nous, les humoristes, pour faire changer les choses.

    On peut parler de tout, mais vraiment de tout, en gardant en tête de respecter les gens qui nous écoutent et de ne pas attaquer les gens par ad hominem comme on dit, mais par leurs actes. Donc un président, on va l’attaquer par ses actes, parce qu’il a voulu changer la Constitution et non pas juste pour ce qu’il est.

    En France aujourd’hui, les humoristes se targuent et sont fiers de dire qu’ils ne font pas de politique parce que la société française, occidentale est aujourd’hui complètement dépolitisée. Les gens ne sont plus les citoyens ; ils sont devenus des consommateurs. La preuve aujourd’hui, dimanche, le gagnant de l’élection, ça va être l’abstention. Les gens ne vont pas voter alors que nous, en Afrique, les gens se battent pour aller voter. Donc, c’est ça la différence et un humoriste africain ne peut pas oublier cela en sachant qu’il y a toujours des droits à combattre, à aller conquérir.

    Y a-t-il également une dimension politique dans ce que vous faites ou pas ?

    Baseek : Si. Il y a une dimension politique. J’ai même d’abord commencé par la politique. Elle m’a d’ailleurs valu quelques pics de la part de certains spectateurs. En Afrique, le plus souvent, on ne tolère pas qu’on rit du politique, même les spectateurs. Ceci dit, il s’agit maintenant de savoir comment rire avec le politique. Il ne s’agit pas de diffamer. Il ne s’agit pas non plus d’insulter. Il s’agit de tourner en dérision, l’humour étant le baromètre de la société. Il s’agit simplement de tourner en dérision afin que ceux qui tiennent les ficelles, puissent d’une certaine manière voir. Parce qu’en effet, ils comprennent même plus vite que le reste du peuple.

    Il ne s’agit donc pas de créer, entre les gouvernants ou bien entre les politiciens et nous, les artistes, un bras de fer. Non. C’est juste que pour nous, nous utilisons simplement l’humour pour amener certains à revoir. Vous savez, quand vous êtes aux affaires, le plus souvent vous ne voyez pas très bien. C’est votre propre conseiller qui parfois voit vos couacs et vos limites. Alors l’humoriste doit absolument jouer le rôle de ce conseiller qui vous ramène, de manière très comique et de manière très positive, à comprendre que vous avez déraillé

     


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