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    Les 25 plus grandes fortunes d'Afrique francophone aiment la discrétion

    Michel Lobe Ewane, journaliste camerounais est le rédacteur en chef de Forbes Afrique. forbesafrique.com

    Quelles sont les 25 plus grandes fortunes d'Afrique francophone ? Le magazine Forbes Afrique révèle les noms de 25 hommes d'affaires qui, pour beaucoup, auraient préféré rester dans l'ombre. Du Sénégal à Madagascar en passant par la Côte d'Ivoire, le Cameroun et le Congo Kinshasa, voici le palmarès. Le journaliste camerounais Michel Lobe Ewane est le rédacteur en chef de Forbes Afrique. En ligne de Douala, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Les deux hommes les plus riches de votre palmarès francophone sont deux Camerounais : Baba Danpulo et Fokma Kamgogne. Ils ne sont pas très connus du grand public. Est-ce que la discrétion fait partie de leur stratégie ?

    Michel Lobe Ewane : Oui, l’opacité fait partie de la stratégie, de la manière de fonctionner des hommes d’affaires d’Afrique francophone que nous avons essayé de mettre en lumière. L’argent a peur du bruit.

    Et ces deux hommes d’affaires qui dirigent des conglomérats, à la fois dans l’industrie, le coton, la téléphonie, ils sont discrets, mais en même temps très proches du pouvoir et du président Paul Biya, j’imagine ?

    Disons que pour Baba Danpulo, c’est clair que c'est un proche du pouvoir, qui est probablement le plus grand sponsor financier du parti. Kamgogne, il est quand même plus distant du pouvoir que Baba Danpulo.

    Autre Camerounais cité dans votre palmarès : Samuel Foyou, la famille Moukete, Jean Samuel Noutchoguoin, Nana Bouba, Silvestre Ngouchinghe, la famille Sohaing et Josep Kadji. Pourquoi Yves-Michel Fotso n’est-il pas cité ? Est-ce parce qu’il est en prison depuis quatre ans ?

    Non, lorsque nous avons mené notre enquête, nous pensions effectivement qu’il serait dans cette liste. Mais depuis plusieurs années, le groupe a perdu beaucoup de ses positions. Il a perdu la banque, la CBC, qui était un des fleurons du groupe.

    Autres milliardaires francophones qui cultivent la discrétion : les Sénégalais Abdoulaye Diao et Yérim Sow.

    Alors Yérim Sow, c’est quand même un de ces hommes d’affaires francophones qui est le plus transparent parce ses activités, on les connait. Il est dans la téléphonie, il est dans l’hôtellerie, il est dans la banque également, et on a pu plus facilement identifier son patrimoine et ses actifs. Baba Diao (ndlr : Abdoulaye Diao) par contre, est beaucoup plus discret parce qu’étant dans le pétrole, c’est un des secteurs dans lequel peu d’acteurs osent se livrer.

    En revanche, il y a de riches hommes d’affaires qui se mettent sous les projecteurs, notamment en Côte d’Ivoire et au Bénin.

    Au Bénin, il y a l’homme d’affaires Patrice Talon. Pour nous, on peut dire que c’est l’exception dans toute notre enquête, qui a accepté de jouer le jeu, qui a accepté de nous rencontrer et de donner des informations. Evidemment, il a probablement un intérêt puisqu’il a régulièrement manifesté son ambition d'être candidat à la prochaine présidentielle au Bénin. Sur la Côte d’Ivoire, monsieur Jean Kagou Diagou, lui, c’est aussi une personne que nous avons interviewée, il y a un peu plus d’un an. Il est dans la banque et l’assurance. Et il a une stratégie qui en Côte d’Ivoire est assez particulière, c’est qu’il s’est toujours tenu à une distance respectable de la politique.

    En Côte d’Ivoire, vous citez également l’homme d’affaires Jean-Louis Billon qui lui est en politique. Dans votre classement, il y a deux poids lourds de Madagascar : Ilias Iqbal Rahim et Hassanein Hiridjee, qui sont tous deux d’origine indo-pakistanaise.

    Ils ont construit des conglomérats. Ils sont d’origine indienne et se sont enracinés dans le pays. Par exemple, la famille Iqbal Rahim, c’est une deuxième génération. Même chose pour Hiridjee. D’eux, on a pu avoir à peu près toutes les données, tous les chiffres sur leurs activités et c’est vraiment une exception en Afrique francophone.

    Et quel est l’homme d’affaires le moins transparent parmi les vingt-cinq que votre classement ?

    C’est difficile de dire. En tout cas, ils sont tous – à l’exception des Malgaches notamment – vraiment liés par cette règle de l’opacité. La règle c’est le secret, l’opacité.

    Parmi ces vingt-cinq, il y a le Congolais Moïse Katumbi, que vous ne classez pas finalement parce que vous ne voulez pas prendre en compte les personnalités politiques. En revanche, vous n’oubliez pas le Belgo-Congolais George Forrest, il est même 4e de votre classement. Oui, tout à fait. George Forest, on l’appelle le vice-roi du Katanga. Il a fait sa fortune dans les mines, mais il est également dans le génie civil, dans les cimenteries, dans le transport aérien et dans la banque. Et il a un immense patrimoine foncier, plus de 400 000 hectares de terre. Mais il est un homme mystérieux. Les résultats financiers du groupe n’ont jamais été communiqués. Il reste le premier investisseur et employeur privé de RDC.

    Et puis au Gabon, il y a un Franco-Gabonais très prospère que le grand public ne connaît pas nécessairement : Christian Kerangali. Il est 8e dans votre classement. Il est très discret, mais c’est la première fortune du Gabon.

    Il est incontestablement la première fortune du Gabon, sauf si vous prenez en compte les politiques. En tout cas, il a construit sa fortune sous le règne du père Bongo.

    Dont il était très proche, non ?

    Dont il était effectivement très proche. Et il a construit lui aussi un conglomérat. Il est dans la construction navale, industrielle, il est dans le bâtiment, il est dans l’importation et destruction de véhicules. Effectivement, c’est un Français, mais toute la logique de ses affaires c’est au Gabon.

    Côté français, à signaler aussi la famille Fraise. Une famille franco-malgache qui a fait fortune à Madagascar dans la brasserie et l’aviation. Y a-t-il l’équivalent chez les Francophones de ce milliardaire soudanais Mo Ibrahim qui se veut mécène et philanthrope ?

    Aujourd’hui, c’est vraiment difficile à dire. Beaucoup de ces hommes d’affaires ont des activités humanitaires, mais qui sont quand même très réduites. Elles ne sont pas médiatisées. Souvent, elles se limitent, par exemple pour ce qui concerne les Camerounais, à de petites associations de leurs localités. Il n’y a pas en réalité en Afrique francophone, un vrai mécénat du style de Mo Ibrahim ou ce que ferait aujourd’hui un Nigérian comme Tony Elumelu. Ca n’existe pas. Nous avons eu beaucoup de réactions de gens qui poussent à passer le message pour que ces hommes d’affaires qui évoluent dans des pays pauvres fassent plus, justement, pour améliorer les conditions de vie, améliorer le bien-être autour d’eux.


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