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    Seyni Oumarou: au Niger, le «pouvoir» est responsable de la situation

    Seyni Oumarou. AFP

      Au Niger, la tension monte, deux mois avant la présidentielle du 21 février 2015. Jeudi dernier, 17 décembre, le président Issoufou a annoncé qu’un coup d’Etat militaire avait été déjoué in extremis. Quant au fichier électoral, il fait de plus en plus polémique.
      L’ancien Premier ministre Seyni Oumarou, est aujourd’hui candidat à la présidentielle sous les couleurs du MNSD-Nassara, l’un des trois grands partis du pays. En ligne de Niamey, le chef de file de l’opposition répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

      RFI : Le pouvoir affirme avoir déjoué une tentative de coup d’Etat. Qu’est-ce que vous en pensez ?

      Seyni Oumarou : Mais ce n’est pas la première fois que le pouvoir annonce ce genre d’information. Il y en a eu déjà deux ou trois. Pour nous, ce n’est que de la diversion une fois de plus. C’est à l’approche des élections.

      Oui mais, depuis cinq jours, neuf officiers supérieurs sont aux arrêts et le pouvoir affirme que certains enregistrements téléphoniques et certains SMS sont accablants ?

      Je pense que l’on est qu’au début d’une enquête et, pour l’instant, ils ne disent pas de qui sont ces SMS. On attend de savoir. Jusqu’à preuve du contraire, en tout cas pour nous, c’est de la diversion.

      L’histoire du Niger est jalonnée de coups d’Etat. Est-ce que vous excluez toute tentative de putsch ?

      On ne peut rien exclure dès l’instant où la situation qui prévaut aujourd’hui est de la seule responsabilité des tenants du pouvoir. Rappelez-vous, il y a à peine deux semaines, Bazoum Mohamed qui est le président du PNDS-Tarayya [Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme] avait bien parlé d’éthnicisme au sein de l’armée, ce qui, pour une autorité de son rang, est extrêmement grave. Et le président de la République n’a rien dit par rapport à cela. Je pense qu’aujourd’hui - l’armée nigérienne qui est quand même l’un des creusets de l’unité nationale – qu’une autorité dise qu’il y a de l’éthnicisme dans l’armée, c’est quand même une affirmation qui est très grave.

      Voulez-vous dire que c’est en réaction à cette déclaration du ministre Bazoum que l’armée aurait tenté un soulèvement ?

      Je ne dis pas cela mais je dis que ça pourrait être une raison.

      Et dans cette hypothèse, pensez-vous que ce soulèvement était justifié ?

      Un soulèvement de l’armée ne peut avoir aucune justification quand il s’agit, en tout cas, d’une armée républicaine.

      Le pouvoir affirme que ces évènements n’empêcheront pas la tenue, comme prévu, de la présidentielle du 21 février. Est-ce que ça vous rassure ?

      Ça ne nous rassure pas du tout parce que ces évènements concernent l’armée mais les élections concernent beaucoup plus les partis politiques et ce qui nous inquiète, c’est le comportement des autorités parce qu’il n’y a pas de dialogue. La mission de la Cédéao [Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest] était là, il y a à peine cinq, six jours. Elle a tout fait pour nouer un dialogue entre la majorité et l’opposition politique mais les autorités ont refusé. Donc il n’y a pas de dialogue jusqu’à aujourd’hui.

      Mais vous avez demandé un audit du fichier électoral et le pouvoir a dit d’accord. Pourquoi avez-vous suspendu votre participation au comité sur cet audit ?

      Nous avons demandé, en tant qu’opposition politique, un audit du fichier parce que, pour votre information, le Niger est le seul pays de la sous-région qui ne dispose pas de fichier biométrique et cela, par la seule faute des autorités actuelles. Nous avons accepté d’aller vers un fichier classique mais nous avons souhaité - et même exigé - que ce fichier soit audité par un cabinet indépendant et que ce soit avec des termes de référence sur lesquels on se mettrait d’accord, et également par rapport au choix de l’opérateur. D’abord le pouvoir refuse que ce soit un audit externe et nous, ici sur place, nous n’avons pas les compétences. Il n’y a aucun cabinet au Niger qui puisse faire l’audit d’un fichier électoral. Il n’y en a pas.

      Si ce fichier n’est pas audité comme vous le souhaitez, est-ce que vous boycotterez la présidentielle ?

      Le pouvoir est en train de tout faire pour que nous n’allions pas à ces élections. Nous sommes en train de nous préparer pour ces élections et nous avons bel et bien l’intention d’aller à ces élections mais pas à n’importe quelle condition. Si le président Issoufou veut tout simplement faire un passage en force, c’est à cela que nous allons nous opposer. Soit il y a des élections crédibles, transparentes, inclusives pour tout le monde ou alors il n’y aura pas d’élections.

      Quand vous parlez de passage en force, vous pensez à une tentative de gagner dès le premier tour ?

      Mais bien sûr puisqu’il l’a dit. Il l’a dit alors que tout le monde sait qu’aujourd’hui, le président Issoufou est impopulaire au Niger. Aujourd’hui, le pouvoir actuel ne compte que sur deux choses pour avoir un second mandat. La première, c’est l’argent qu’ils ont amassé - et ça c’est de l’argent de l’Etat - à travers des commissions sur des marchés. La deuxième chose sur laquelle ils comptent, c’est la fraude. Et à ça, nous allons nous opposer.

      En vue de cette présidentielle, vous réclamez la libération de l’autre leader de l’opposition, Hama Amadou. Mais l’ancien Premier ministre n’est-il pas poursuivi par la justice pour une affaire de droit commun, un trafic présumé de bébés avec le Nigeria ?

      Il n’y a pas que monsieur Hama Amadou qui fait partie de ce dossier. Tous ceux qui ont comparu à la justice par rapport à ce dossier ont été inculpés mais mis en liberté provisoire. Il n’y a aucune raison qu’il soit en prison. Il est candidat de son parti aux présidentielles et donc nous, nous pensons, aujourd’hui, que c’est beaucoup plus à cause de cela que Issoufou le maintient en prison.

      Mais à la différence des autres inculpés, Hama Amadou ne s’est-il pas enfui à l’étranger pendant plus d’un an ?

      Il s’est enfui mais aujourd’hui, il est revenu de lui-même. Il a appelé ici pour dire qu’il rentrait de lui-même et qu’il se mettait à la disposition de la justice. Il n’y a aucune raison aujourd’hui qu’il garde prison.

      Alors vous êtes solidaire de Hama, mais il y a cinq ans, il n’a pas été très gentil avec vous. Non seulement il a voté pour Issoufou et contre vous au second tour de 2011, mais en plus il a dit que c’est lui qui vous avait fabriqué de toute pièce ?

      Vous savez, Hama et moi sommes des amis d’enfance. Il a certainement dit certaines choses ; j’en ai dit aussi d’autres. Mais je crois qu’aujourd’hui, nous nous sommes pardonné tous les deux. Nous sommes réconciliés. Aujourd’hui, la bataille que nous menons ne concerne pas que nous deux ; c’est une bataille qui concerne également toute la classe politique nigérienne face à un pouvoir qui ne veut rien entendre du tout.

       

       


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