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    Les priorités de Mahamat Saleh Annadif, nouveau chef de l’ONU au Mali

    Mahamat Saleh Annadif. AFP / Desirey Mnkoh

      Au Mali, le nouveau chef des quelque 10 300 casques bleus de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) est un Tchadien. Il s'agit de Mahamat Saleh Annadif, ancien ministre tchadien des Affaires étrangères et ancien chef de la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom). Avant même son arrivée à Bamako, le représentant spécial de Ban Ki-moon confie sa première interview à RFI. En ligne de Ndjamena, Mahamat Saleh Annadif, répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

      RFI : La Minusma est l’une des missions les plus périlleuses de l’histoire des Nations unies, quelque 40 casques bleus ont été tués depuis juillet 2013. Est-ce qu’il faut mieux sécuriser les camps de la Minusma ?

      Mahamat Saleh Annadif  : C’est sûr que la sécurisation des camps de la Minusma demeure une priorité, mais il faut aller au-delà de la sécurisation des camps. Il faut aller vers la paix et, pour aller vers la paix, moi j’ai deux éléments importants à ma disposition : le mandat de la Minusma dans le sens d’enrayer les groupes terroristes et aussi l’accord de paix qui a été signé le 20 juillet à Alger.

      Depuis un an, la menace terroriste se déplace vers le sud, témoins les deux attentats de mars [le 6 mars contre le bar La Terrasse qui avait fait 5 morts, revendiqué par le groupe al-Mourabitoune] et de novembre [20 novembre, une prise d'otages à l'hôtel Radisson Blu qui avait fait 22 morts, revendiqué aussi par al-Mourabitoune] à Bamako. Est-ce que ça vous inquiète ?

      C’est toujours inquiétant. J’étais en Somalie où j’avais pratiquement un attentat presque tous les deux jours. Il faut combattre le groupe terroriste, mais il faut parallèlement faire avancer le processus de paix qui est le seul gage pour qu’on arrive à une paix durable et enrayer définitivement les groupes terroristes.

      Vous parlez de ce mandat que vous a donné le Conseil de sécurité. Il autorise les casques bleus à se défendre, mais pas à attaquer. Est-ce qu’il faut un mandat plus robuste ?

      La semaine prochaine, j’irai à New York discuter avec les membres du Conseil de sécurité et voir un peu qu’est-ce qui est possible d’apporter pour que ce mandat puisse réellement répondre aux réalités sur la place, mais aussi rassurer les frères maliens qui attendent tant de ce mandat.

      Donc vous allez demander un mandat plus robuste ?

      Le mandat pour le moment, dans sa forme actuelle, il est robuste, mais évidemment tout ce qui peut encore le rendre plus robuste, pour lui permettre de mieux combattre les groupes armés terroristes, est le bienvenu. Pour le moment, c’est difficile de dire ce qui sera décidé, mais dans tous les cas, ça fait partie des discussions que j’aurai à New York la semaine prochaine.

      Faut-il dans ce mandat une action particulière contre les trafiquants de drogue ?

      C’est vrai, la frontière aujourd’hui entre les trafiquants de drogue, les terroristes et les autres malfrats est difficile. Donc je crois qu’il faut mettre tout ce monde dans le même paquet et les combattre comme il faut pour que la paix revienne dans ce pays frère.

      La Minusma, ce sont quelque 10 300 casques bleus. Est-ce que la mission ne manque pas cruellement d’hélicoptères et de moyens de transport ?

      Les quelques éléments que je possède à ce niveau me permettent de dire tout simplement qu’effectivement, il y a un effort à faire pour augmenter le nombre d’hélicoptères et peut-être d’autres éléments également qui sont nécessaires pour cette lutte contre les terroristes.

      Notamment des drones ?

      Oui, des drones et tout autre matériel qui peut nous permettre d’être mieux efficace, plus entreprenant, plus dissuasif même je peux dire en général.

      Parmi les 10 300 casques bleus, il y a quelque 1 100 soldats et policiers tchadiens. Est-ce qu’à l’occasion de votre arrivée à Bamako, les effectifs tchadiens pourraient augmenter ?

      Augmenter ? Je ne sais pas. Mais ce qui est la bonne nouvelle, c’est que, effectivement, il y a un certain temps il a été dit que les effectifs tchadiens devraient être diminués, devraient être allégés. Mais là, le président de la République, lors de notre dernier entretien, m’a dit que désormais il sursoit au retrait d’une partie de cet effectif, ce qui nous réjouit énormément. J’ai communiqué l’information aux Nations unies, ce qui est une bonne nouvelle. Le contingent tchadien va rester, peut-être qu’il va même être augmenté.

      Donc ça, c’est une promesse du président Idriss Déby ?

      Exact. Exact.

      Sur le plan politique, le gouvernement de Bamako et les groupes armés du nord ont donc signé il y a six mois un accord de paix à Alger. Mais depuis rien, ou presque, n’a été fait puisque les combattants du nord ne sont toujours pas cantonnés. Qu’est-ce que vous allez faire ?

      Non, dire que rien n’a été fait, ce serait injuste. La question du regroupement, du cantonnement, du désarmement, suit un processus qui, je l’espère, va être engagé très rapidement. Dans tous les cas, ça fait partie évidemment des priorités que je me suis fixées. Je pars au Mali, discuter, comprendre et voir avec les Maliens pour faire en sorte que le processus puisse avancer le plus rapidement possible.

      Vous parlez l’arabe. Est-ce que cela peut aider ?

      Toute langue est utile. J’estime que beaucoup de Maliens sont francophones, c’est déjà suffisant. Mais si la connaissance de l’arabe peut ajouter quelque chose, ça serait une bonne chose.

      Votre prédécesseur, le Tunisien Mongi Hamdi, était également arabophone. Mais certains disent qu’il a peut-être manqué de poigne ?

      C’est un jugement de valeur assez subjectif. Dans tous les cas, on ne peut pas faire la paix au Mali sans les Maliens. Et tout en respectant le mandat fixé par les Nations unies, je crois que ça nous permettra de faire le travail, je ne peux pas dire finir la crise malienne parce qu’elle a des racines profondes et très anciennes. Mais au moins, faire avancer ce processus qui est contenu dans l’accord d’Alger.

      Malgré les attentats d’Aqmi et d’al-Mourabitoune, malgré les nouvelles menaces du groupe Ansar Dine de Iyad Ag Ghali ?

      Les menaces sont réelles. Elles font partie des défis qu’il nous faut relever. Je suis optimiste quant à pouvoir les relever parce que, déjà malgré leur attitude, les capacités en tout cas des terroristes diminuent de jour en jour. Et j’estime possible de pouvoir les vaincre définitivement avec le concours de toute la communauté internationale. J’ai un partenaire combattant, j’ai un partenaire comme le grand voisin algérien, des voisins tels que le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et d’autres.


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