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    Niger: comment l'opposant Hama Amadou fera campagne depuis sa prison

    Hama Amadou est candidat à l'élection présidentielle 2016 au Niger. Fabien Mugneret/RFI

      Comment faire campagne quand on est en prison ? C'est la difficile équation que doit résoudre l'opposant nigérien Hama Amadou. Il y a deux mois, l'ancien Premier ministre du Niger a été arrêté à la suite d'une affaire de droit commun. Pourtant, il y a trois jours, sa candidature à la présidentielle du 21 février prochain a été validée. Seydou Bakary est l'un des lieutenants de Hama Amadou. A l'Assemblée, il préside le groupe parlementaire du parti Moden Lumana. En ligne de Niamey, le député d'opposition répond aux questions de RFI.

      RFI : Vous étiez à Filingué dans la cellule d’Hama Amadou ce lundi matin, quand il a appris que sa demande de liberté provisoire était rejetée. Comment le prisonnier a-t-il accueilli la nouvelle ?

      Seydou Bakary : Effectivement, nous étions avec lui à Filingué. Nous avons vers 9h30 eu l’information comme quoi la demande de mise en liberté provisoire a été rejetée. Le président Hama a pris ça avec beaucoup d’humilité, avec beaucoup de philosophie. Et je crois qu’il avait le pressentiment que la demande allait être rejetée. Donc pour lui, c’était peut-être sans grosse surprise, parce qu’il considère que le dossier en tout cas a une connotation politique et qu’à partir du moment où sa demande de mise en liberté a été rejetée, il se considère comme un prisonnier politique.

      Le pouvoir dit que c’est une affaire de droit commun, une affaire de trafic présumé de bébés avec le Nigeria.

      Pour nous, étant donné que tous ceux qui sont impliqués dans ce dossier bénéficient de la liberté provisoire, il n’y avait aucune raison que le candidat Hama continue en prison. Donc pour nous, il n’y avait aucune raison que la Cour d’appel rejette sa demande de mise en liberté provisoire. Mais nous attendons de voir quels sont les motifs invoqués.

      Samedi dernier, la candidature de Hama Amadou a été validée par la Cour constitutionnelle. Et du coup, tous les militants de votre parti Moden Fa Lumana ont cru à sa libération à venir. Et voilà que ce lundi, il reste en prison. J’imagine que pour vous c’est la douche froide, non ?

      Effectivement, parce que vraiment dans tout le Niger nous avons pensé que du fait que la candidature de Hama Amadou a été retenue, qu’il allait bénéficier de la liberté provisoire pour pouvoir battre campagne comme les autres candidats, au nom du protocole additionnel de la Cédéao et au nom de l’équité des candidats. Il n’y a aucune raison que d’autres battent campagne et que lui reste encore en prison. Et les militants de Lumana sont déçus, mais bon, c’est une décision de justice. Nous l’acceptons et nous allons voir quels sont les moyens de droit, afin que notre candidat puisse bénéficier de la liberté provisoire comme les autres candidats et battre campagne.

      Mais du coup, est-ce que vous n’êtes pas démobilisés ?

      Non ! Vous savez, nous avons déjà prévu cette hypothèse. Je pense que si Hama reste en prison, il a des hommes, des femmes déterminés, qui vont battre campagne pour remporter les élections de 2016.

      Mais qui va faire des meetings à la place du candidat ?

      Ce sont des hommes qui vont aller battre campagne à sa place. Des hommes, des femmes, déterminés, qui vont aller faire le meeting. Je crois que même le fait de le maintenir en prison, c’est aussi de la campagne qu’on est en train de faire pour lui, parce beaucoup de Nigériens aujourd’hui ne comprennent pas pourquoi Hama ne sera pas libéré pour battre campagne, au même titre que les autres candidats.

      Alors vous allez présenter Hama Amadou comme une victime, mais est-ce qu’il ne risque pas aussi de passer aux yeux de certains pour un perdant, pour un looser ?

      Mais vous savez, Hama Amadou est un homme politique, les Nigériens connaissent la capacité de mobilisation de cet homme ! Je crois que si le pouvoir actuel continue à le maintenir en prison c’est pour la simple raison qu’ils savent quelle est sa capacité de mobilisation.

      Une campagne électorale ça coûte cher, alors qui va mobiliser les fonds à la place de Hama auprès des grands contributeurs dans votre pays le Niger, mais aussi dans tous les pays de la sous-région ?

      Aujourd’hui, heureusement, les choses ont beaucoup changé au Niger. Les Nigériens – du fait que Hama est en train de subir une certaine forme d’injustice – admirent de plus en plus le président Hama. C’est ça qui va être la force de notre campagne, ce n’est pas l’argent. Au Niger, l’argent n’a jamais fait la différence dans les campagnes.

      Mais en l’absence du candidat Hama Amadou est-ce que vous ne craignez pas que les gens qui sont proches de l’opposition ne préfèrent voter pour un opposant qui fait meeting, qui est devant eux ? Je pense par exemple à Seyni Oumarou du MNSD.

      Non, je pense que le militantisme au niveau de Lumana est un militantisme qui est fort. Que le président soit là où que le président ne soit pas là, les militants de Lumana vont voter pour Lumana. Si nous n’arrivons pas à passer au deuxième tour, il y a des règles sur lesquelles nous sommes entendus au niveau de l’opposition. C’est que nous allons supporter le candidat de l’opposition qui arrivera au deuxième tour. Donc pour nous l’essentiel, c’est la victoire face à ce régime qui est en train de montrer son incapacité à pouvoir régler les problèmes de notre pays.

      Le 21 février, il y aura aussi des législatives. Est-ce que ce n’est pas aussi pour cela que Hama Amadou maintient sa candidature, afin que le Moden Fa Lumana obtienne le plus de sièges possible dans la future Assemblée nationale ?

      Non ! Notre objectif n’est pas seulement d’avoir le maximum de sièges. Notre objectif, c’est d’avoir le maximum de sièges et de porter le président Hama à la tête du pays.

      On dit souvent que les absents ont toujours tort. Vous ne craignez pas que Hama Amadou soit victime à son tour de cet adage ?

      Oui, c’est vrai que si le président Hama est en prison, cela peut l’empêcher de mobiliser le maximum d’électeurs. Mais je crois que cela ne nous empêche pas, avec de pouvoir faire la campagne à sa place.

      Ce qui est en jeu, c’est peut-être la survie du parti Moden Fa Lumana au-delà de cette élection de 2016 ?

      Vous savez, le pouvoir a essayé de décapiter d’autres formations politiques, vous avez vu les principaux leaders régionaux qui ont été arrêtés. Mais cela n’empêche, aujourd’hui nous continuons à exister parce que nous avons un bureau politique qui est là et nous pensons que nous serons présents dans l’évolution du pays.


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