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    A la Une : une récompense à la fois méritée et politique

    © AFP/Pius Utomi Ekpei

    C’est avec joie et fierté que la presse francophone du continent rapporte la nouvelle : Esdras Ndikumana, le correspondant au Burundi de RFI et de l’AFP, qui vit désormais en exil au Kenya, a, en effet, reçu hier le prestigieux prix de la presse diplomatique francophone. Il devient ainsi le premier étranger à être honoré par cette distinction qui reconnait ‘sa compétence et son courage’, selon les propres mots de Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française.

    Alors, « c’est une récompense certes médiatique, mais ô combien politique !, s’exclame L’Observateur Paalga au Burkina. Au regard des circonstances dans lesquelles elle intervient. En effet, rappelle le journal, le Burundi est englué depuis de longs mois dans une crise politique née de l’obstination d’un seul homme, le président Pierre Nkurunziza, qui, contre vents et marées, mais surtout en dépit de la constitution et de l’accord d’Arusha, a brigué et obtenu un troisième mandat à la tête de son pays. C’est d’ailleurs dans ce contexte, poursuit L’Observateur, que celui dont des millions d’auditeurs de la Radio mondiale connaissent si bien la voix a été arrêté le 2 août dernier alors qu’il était en train de couvrir l’assassinat du général Adolphe Nshimirimana, avec toute l’impartialité et le ton mesuré que ses compatriotes lui ont toujours reconnu. Séquestré et passé à tabac par des éléments du Service national du renseignement, le journaliste a frôlé le pire. Et jusque-là, malgré les plaintes répétées de ses employeurs et les promesses de Bujumbura, ses tortionnaires courent toujours. Alors, relève encore L’Observateur Paalga, il faut croire qu’au-delà du lauréat de ce lundi, c’est un clin d’œil qui est fait à la presse burundaise libre qui, il faut le dire, a payé et continue de payer un lourd tribut à cette crise. Intimidations, pressions de toutes sortes, violences et même meurtres sont devenus le lot quotidien des journalistes dont beaucoup, à l’instar du correspondant de RFI et de l’AFP, ont dû fuir leur pays pour tout simplement sauver leur peau. »
    « Altruiste devant l’Eternel, en recevant son prix plus que mérité, Esdras Ndikumana, ce modeste héros, a eu une pensée émue pour tous ses confrères, pointe pour sa part Guinée Conakry Infos. Esdras a eu cette phrase : ‘Je leur dédie ce prix et aussi aux collègues burundais qui, aujourd’hui traversent de très grandes difficultés ; qui ont fui le pays, un pays où il y avait un espace de liberté, qui est aujourd’hui totalement fermé’. Cette grandeur d’âme et cette générosité professionnelle, s’exclame Guinée Conakry Infos, sont vraiment la photo de celui qui signe toujours ses papiers avec cette intonation si personnelle : ‘Estras Ndikumana, RFI !’ Courage, cher confrère ! Et bravo ! »

    Toute une profession honorée sur le continent

    Le quotidien Aujourd’hui, à Ouagadougou, renchérit : « Esdras Ndikumana a dédié ce prix aux confrères de RFI, de l’AFP, et à ses confrères burundais, notamment des radios FM victimes d’autodafés des pyromanes et autres séides de Nkurunziza, bref qui ont aussi payé de lourds tributs en raison de l’exercice de leur métier : informer. Au-delà de tous ces concernés, c’est toute la corporation mondiale qui est honorée. (…) Enfin du baume au cœur des journalistes, s’exclame Aujourd’hui, dans un monde, où ils ont de plus en plus de mal à pratiquer leur travail sans subir les foudres des lobbies ou de personnalités politiques ou économiques. Bravo Esdras, bravo, cher confrère, et que cela fasse tache d’huile sur le continent ! »
    A l’instar d’Esdras, « beaucoup d’autres journalistes burundais ont quitté le pays pour sauver leur peau, relève pour sa part Ledjely.com en Guinée, et mettre leurs familles respectives à l’abri. En effet, depuis le fameux coup d’Etat manqué de la mi-mai 2015, tous les médias indépendants à l’exception notable de nos confrères d’Iwacu, sont réduits au silence. Encore que même pour eux, les choses ne sont point aisées. Ainsi, rapporte le site guinéen, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire, Léandre Sikuyavuga, s’exprimant récemment dans nos colonnes, nous faisait état des menaces et des intimidations qui rythment le quotidien de ses reporters. D’autant qu’aux risques liés à l’insécurité et à l’anarchie qui se sont emparées du pays, viennent se greffer les difficultés économiques résultant de la chute drastiques des recettes publicitaires, elle-même consécutive à la fermeture de nombreuses ONG et au ralentissement général des activités économiques. C’est cela aujourd’hui la réalité du Burundi, soupire Ledjely.com. Un pays dans lequel le journalisme a cessé d’être le noble et exaltant métier qu’il est. Pour devenir une profession dont les issues les plus probables sont la mort et la prison. »


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