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    L’Inde en forte croissance séduit les investisseurs

    Le président français François Hollande en visite en Inde reçu par le Premier ministre Narenda Modi à New Delhi, le 25 janvier 2016. REUTERS/Adnan Abidi

    Une cinquantaine de chefs d'entreprise français accompagnent le président François Hollande pendant sa visite officielle en Inde. Ils entendent tirer parti d’une conjoncture économique assez favorable.

    Avec une croissance annoncée à +7,5% en 2016, l'Inde fait figure d'exception dans un environnement mondial assez déprimé, c'est même l'unique grand pays émergent à connaitre une telle embellie. Son économie est de fait à l'abri des turbulences actuelles.

    Elle est peu dépendante de son grand rival et voisin chinois qui entraine la plupart des autres économies dans son ralentissement, et l'Inde, loin de souffrir de l'effondrement des cours des matières premières, en profite : car c'est un importateur net de produits de base, et notamment de pétrole. Ce dynamisme est bienvenu, car son économie a encore pas mal de chemin à parcourir, malgré de belles performances dans les services, notamment en informatique, 60% de la main d'œuvre travaille encore dans l'agriculture.

    Le président Narendra Modi a besoin des investisseurs étrangers pour accélérer l'industrialisation de son pays.

    Pour les attirer, il a promis de libéraliser les marchés et de simplifier les procédures, mais il pose aussi ses conditions : c'est le concept du « make in India », le « fabriquer en Inde » qui impose aux étrangers de monter des usines sur place pour avoir accès au marché indien. Et c'est vrai pour les petits comme pour les gros. Comme Dassault qui veut vendre ses Rafales. L'Américain General Motors dans l'automobile, le Taiwanais Foxconn dans l'électronique ont répondu à l'appel du « make in India ». Les Allemands avec leurs machines outils sont présents depuis longtemps, tout comme les grands groupes français du CAC 40.

    La France a l'intention de doubler ses investissements d'ici 5 ans selon le ministre des Finances Michel Sapin.

    Il l’a annoncé ce matin à New Delhi. Cela porterait les investissements français à 9 milliards d'euros en 2020. La dimension du marché est motivante. Une classe moyenne avec un potentiel de 400 millions de consommateurs, cela laisse songeur. En revanche hormis les grands groupes, les Français sont encore peu connus selon un financier.

    D'où l'intérêt de participer au voyage présidentiel confie Christophe Guyard, le patron de PKB, parti à l'assaut du marché indien. D'après lui, le réseau et l'image sont déterminants pour réussir dans ce pays où les méandres de l'économie, de l'administration sont difficiles à percer. Il a mis trois ans à démarrer la production dans son usine basée à Pune, l'une des grandes métropoles indiennes.

    Quels sont les obstacles qui rebutent les entrepreneurs français ?

    Bruno Lafont, le coprésident des ciments Lafarge-Holcim, un groupe bien installé en Inde, trouve les réformes annoncées encourageantes mais il demande à voir, « c'est la mise en œuvre qui compte » rappelle-t-il à ses interlocuteurs. Les entreprises de taille moyenne sont quant à elles rebutées par les conditions du « make in India » selon Chhaya Saint Ramon de la société de conseil Business-Implicits : fabriquer sur place c'est encourir le risque d'être copié. Autre déception pour les entrepreneurs de taille moyenne : le coût du travail qui n'est plus si bon marché.

    Un environnement qui fait penser à la Chine.

    Les entreprises de petite taille comparent souvent les deux destinations avant de se décider et si la balance penche actuellement en faveur de l'Inde, c’est aussi à cause de la culture locale. « En Chine vous êtes copié dans le mois qui suit votre arrivée témoigne un entrepreneur, en Inde, cela prendra des années et ne concernera qu'un segment du processus ».

    L’éléphant de l’Asie a d’autres atouts : le niveau de qualification de sa main d'oeuvre et sa géographie. Proche du golfe, l'Inde est un hub idéal pour rayonner vers le Moyen-Orient. L’Inde a donc une carte à jouer en ce moment pour faire venir les investisseurs à la faveur d’une conjoncture favorable, mais cela n’en fait pas pour autant une réelle alternative au moteur chinois pour relancer l’économie mondiale. Car son poids en produit intérieur brut est encore deux fois moindre.


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