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    L’ouverture de l’Iran aiguise les appétits

    Le président iranien Hassan Rohani est reçu par le Premier ministre italien Matteo Renzi, au palais Campidoglio à Rome, le 25 janvier 2015. REUTERS/Alessandro Bianchi

    Les affaires reprennent pour l'Iran. Notamment avec l’Europe. Le président Rohani a signé hier une série de contrats en Italie, il est attendu demain à Paris.

    Les échanges de l'Iran avec le reste du monde devraient faire un bond de 20% cette année à la faveur de la levée des sanctions. Les Européens en seront les plus grands bénéficiaires d'après une étude menée par Euler Hermes. Le président Rohani a commencé sa visite en Italie, un pays longtemps bien implanté en Iran, notamment dans le secteur pétrolier. 

    La compagnie pétrolière ENI est un client historique du brut iranien, elle devrait d'ailleurs acheter une partie de la cargaison de pétrole que Téhéran expédiera le mois prochain vers l'Europe, mais c'est l'Allemagne, et non l'Italie, qui jouira le plus de l'ouverture de l'Iran, l'Allemagne qui est déjà le premier partenaire européen de l'Iran. La France arrive en seconde position.

    La fermeté de Paris dans les négociations sur la levée des sanctions a-t-elle des conséquences sur le plan économique ?

    D'après des sources proches des milieux d'affaires franco-iraniens, Paris qui a été la capitale la plus réservée sur la signature de l'accord est devenue du coup une priorité de la diplomatie iranienne. Une diplomatie qui se décline sur le plan économique: tout comme les liens économiques tissés entre le Qatar et la France de Nicolas Sarkozy ont été utiles dans d'autres dossiers, l'Iran pourrait chercher à gagner les faveurs de la France en signant à Paris des accords commerciaux explique l’avocat Ardavan Amir-Aslani qui conseille des entreprises françaises. Les Iraniens sont donc dans les meilleures dispositions à l'égard des entreprises françaises. La commande de plus de 140 Airbus annoncée il y a quelques jours est de bon augure.

    Comment la Chine perçoit le réchauffement des relations économiques entre l'Iran et l'Europe ?

    Elle a anticipé en signant, il y a quelques jours un partenariat stratégique avec l'Iran. Le président chinois est venu en personne signer cet accord à Téhéran. Il porte sur des investissements de 600 milliards de dollars dans les dix prochaines années. Ainsi Pékin consolide des liens très forts qui se sont développés pendant que l'Iran était maintenu en quarantaine par les sanctions américaines. Pékin est devenu le premier partenaire commercial de l'Iran et entend bien conserver cette suprématie. Un autre pays essaie de pousser son avantage, c'est la Russie. Avec des contrats d'armements déjà signés et des espoirs dans l'aéronautique et le secteur pétrolier.

    Quelles sont les réactions américaines ?

    Barack Obama est favorable à l'essor des affaires en Iran. Mais les entreprises américaines sont encore handicapées par les sanctions. L'industrie automobile par exemple n'est toujours pas autorisée à travailler en Iran. Le congrès a voté en décembre le rétablissement du visa pour les Européens ayant visité l'Iran au cours des 5 dernières années, en voyage d'affaire ou de loisir. Une mesure perçue à Téhéran comme une sanction déguisée affectant l'économie et le tourisme que le pays entend développer en construisant plusieurs centaines d'hôtels dans les prochaines années.
     

    En bref dans l'actualité économique

    À l'approche du Nouvel An lunaire, la banque centrale chinoise injecte l'équivalent de 62 milliards d'euros dans le système financier.

    C'est le moment où les ménages chinois multiplient les dépenses en argent liquide, à travers des cadeaux, des étrennes. La Banque centrale a donc coutume d'injecter des liquidités pour parer à ce pic de la demande. Avec le ralentissement de l'économie, cette opération devient encore plus sensible. La Banque centrale est déjà intervenue la semaine dernière pour inonder les banques, par crainte d'un assèchement des liquidités.

     


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