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    A la Une: migrants, l’inquiétude croissante des Français

    Arrivée de migrants sur l'ile grecque de Lesbos le 29 janvier 2016. REUTERS/Darrin Zammit

    « Notre sécurité se joue en Grèce », lance en manchette Le Parisien. « Notre » ? Celle des Français, celle des Européens ? Ce journal se garde bien de le préciser, mais ses lecteurs vont surement comprendre. Car « depuis les attentats du 13 novembre », souligne le confrère, la crise des migrants est « aussi » devenue un « enjeu policier ». Et à la Une, Le Parisien sonne l’alarme car il est « urgent de remédier aux défaillances des contrôles aux portes de l’Europe ». C’est possible, veut croire le confrère, l’Union européenne a les moyens de « faire le nécessaire », sans vraiment préciser ce qu’il entend par là…

    Pourquoi insister ainsi sur le « double enjeu humanitaire et sécuritaire » de cette question des migrants ? Parce que les Français sont « de plus en plus inquiets », constate Le Parisien. Sondage Odoxa à l’appui, le journal relève que 61 % des Français disent « avant tout » ressentir « de l’inquiétude ou de la peur » quand ils pensent « aux migrants ou aux réfugiés », contre 38 % qui disent plutôt ressentir de la « sympathie et de la compassion ». Et, toujours selon cette enquête, 70 % des Français se disent défavorables à l’assouplissement des « conditions d’octroi du statut de réfugié aux migrants ». Un thème « sensible » et propice à la « surenchère politique » sur lequel le parti Front national en France a « largement surfé », souligne Le Parisien.

    Migrants : percée de l’extrême-droite

    Justement, les conséquences plus « politiques » de cette crise des migrants en Europe sont aussi une préoccupation de la presse française ce matin. C’est déjà ce qui a inspiré sa manchette au journal Le Figaro. De la Suède à l’Italie, les partis d’extrême-droite gagnent en puissance « à mesure qu’affluent vers le Vieux Continent des centaines de milliers de réfugié ». Et ce quotidien s’inquiète de la « montée des partis anti-migrants ». Pour Le Figaro, l’Europe paie là « le prix de l’impéritie ».

    Alors, loin de moi l’ambition de fouler les brisées de notre ami Yvan Amar, mais étant rappelé que l’impéritie, c’est « l’incapacité dans l’exercice de sa profession ou de ses fonctions », Le Figaro dénonce donc « l'impéritie des dirigeants européens (qui) a déjà compromis la pérennité d'acquis tels que l'espace Schengen de libre circulation. Elle pourrait se solder bientôt par un bouleversement de la donne politique sur le continent ».

    Et le journal craint ce matin en Une l’arrivée aux affaires de partis et de dirigeants qui rejettent l’Europe, « préférant la restauration des souverainetés nationales à des solutions collectives inexistantes ou inefficaces ». La faute à qui ? La faute à François Hollande, Angela Merkel, David Cameron « et consorts ». Lesquels, toujours selon ce journal, « lézardent » l'édifice européen à coups de dérogations et de passe-droits, au nom de l'exceptionnalisme britannique, de l'incurie grecque, de l'autoritarisme hongrois ou polonais, voire de l'indiscipline budgétaire française.

    Et Le Figaro voit l'Europe qui « se disloque aussi de l'intérieur ». Car le « ver du fatalisme pourrit le fruit » : faute de profiter des crises pour bâtir une Europe des volontaires « à plusieurs vitesses », on laisse faire une Europe à la carte qui signera la fin de l'Europe.

    FN : la demande sécuritaire en hausse

    Cette montée en puissance des partis d’extrême droite se confirme en France. Selon un sondage TNS Sofres pour le journal Le Monde, le Front national représente un « danger pour la démocratie » pour 56 % des Français. C’est 2 % de plus que l’an dernier. Toutefois, relève aussi le quotidien du soir sur la foi de cette enquête, l'adhésion à certaines des idées du FN « progresse au sein de la population ». Dans ce baromètre annuel, la Sofres constate ainsi que l’idée selon laquelle « il y a trop d’immigrés en France » progresse de deux points en un an, celle selon laquelle « on ne se sent plus vraiment chez soi en France » progresse de trois points, et celle selon laquelle « on accorde trop de droits à l’islam et aux musulmans en France » progresse de quatre points, consigne Le Monde.

    A l’ouest de la France, le premier quotidien français par son tirage, Ouest-France, dresse « l’effroyable constat » que « tout le monde (soit) dépassé » face à ce drame « qui nous assomme », déplore-t-il. Alors, parce qu’il ne saurait être question pour Ouest-France d’en rester-là, ce grand quotidien régional plaide ce matin pour l’avènement d’une « gouvernance du monde », qui prendrait en charge la « gestion de la planète et de ses ressources », sans plus de précisions...

    Brexit : nouvelle bataille d’Angleterre

    Pour ne rien arranger, Norbert, se profile également la menace du « Brexit », c’est-à-dire de la possible sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Et Le Monde, toujours lui, le déplore, en regrettant les « concessions exorbitantes » accordées au Premier ministre britannique David Cameron pour éviter le Brexit.  Car le Royaume-Uni pratique depuis des décennies le « Bruxelles-bashing », s’emporte le quotidien du soir. « La presse tabloïd s'en donne à cœur joie, comparant l'affaire à la bataille d'Angleterre. Surtout, la campagne risque de tourner au référendum pour ou contre l'immigration ». Ainsi va l’Europe…

    Mali : raid djihadiste sur Tombouctou

    Au Mali, une position de la mission des Nations unies a été attaquée par des jihadistes hier à Tombouctou. Attaque qui a coûté la vie à un militaire malien et à au moins quatre assaillants. Cette attaque, qui s’est achevée en début d’après-midi, a eu lieu « au lendemain d’une cérémonie de "sacralisation" des mausolées de la ville détruits par les jihadistes en 2012 et reconstruits grâce à un projet de l’Unesco », souligne Libération. Dans ce journal, un responsable des opérations militaires sur le terrain parle d’une « double attaque » et d’une « opération minutieusement préparée », et Le Figaro le relève également.

    Burkina Faso : les otages australiens

    Le Figaro qui signale également qu’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l’enlèvement de deux Australiens, le 15 janvier dernier dans le nord du Burkina Faso, dans un enregistrement audio rendu public hier. « Dans cette déclaration, Aqmi ajoute avoir décidé de libérer sans condition un de ses deux otages, une femme », énonce Le Figaro. Précisons pour conclure que ce couple d’octogénaires est établi au Burkina Faso depuis une quarantaine d’années, où le mari exerçait la profession de médecin. C’était même le seul médecin dans les environs…


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