GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 7 Décembre
Jeudi 8 Décembre
Vendredi 9 Décembre
Samedi 10 Décembre
Aujourd'hui
Lundi 12 Décembre
Mardi 13 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos

    Comment la sidérurgie européenne résiste à la concurrence chinoise

    Des manifestants du secteur de la sidérurgie devant la Commission européenne à Bruxelles, le 15 février 2016. REUTERS/Yves Herman

    Menacés par la concurrence chinoise, les sidérurgistes européens tirent la sonnette d'alarme aujourd'hui à Bruxelles en manifestant à proximité de la commission pour demander plus de barrières douanières.

    Il y a effectivement péril en la demeure pour ceux qui sont descendus aujourd'hui dans la rue à Bruxelles. Les aciers chinois bon marché inondent l’Europe depuis 18 mois. Cette concurrence a déjà contraint des sites à la fermeture. Au Royaume-Uni la presse parle de 5 000 suppressions d'emplois depuis l'été. On pourrait connaître de nouveaux drames sociaux avec la disparition de millions d'emplois avance le lobby de cette industrie très organisée, qui a réalisé aujourd'hui dans la rue à Bruxelles l'union sacrée entre les ouvriers et les dirigeants de ces groupes. L'affiche est belle, mais cette unité de façade est trompeuse. En 2014, l'Europe aurait pu appliquer des droits beaucoup plus élevés contre l'acier chinois en abandonnant la règle dite « du droit moindre », mais la division l'emporte, une grande partie des États parviennent à s'y opposer.

    Le Royaume-Uni défend alors la libre circulation des marchandises plutôt que la protection de la sidérurgie

    Le Royaume-Uni, la Suède, deux pays producteurs d'acier, ainsi qu'une douzaine d'autres États européens, raisonnent alors en termes globaux : l'acier chinois bon marché, c'est une épreuve pour la sidérurgie, mais c'est tout bénéfice pour les industries demandeuses. D'après un bon connaisseur du marché, les industries grosses consommatrices d'acier, de l'automobile au bâtiment en passant par les fabricants de machines à laver, représentent trente à quarante fois plus d'emplois que la sidérurgie. Ce sont ces emplois-là qu'il faut défendre pour maintenir un tissu industriel en Europe et non une sidérurgie vieillissante qui a raté le coche de la mutation. Ce discours est devenu inaudible : David Cameron, le Premier ministre britannique accusé d'avoir bradé les intérêts de ses sidérurgistes, a changé d'avis et a signé la semaine dernière un texte adressé à la Commission pour qu'elle réagisse face « au risque important et imminent d'effondrement du secteur de l'acier ».

    La sidérurgie européenne a déjà subi de profondes restructurations dans les années 1980, pourquoi n'est-elle pas compétitive face aux Chinois ?
     
    Il y a encore en Europe encore beaucoup d'usines cinquantenaires, c'est-à-dire dépassées sur le plan technologique tandis que 80 % de la production chinoise est fabriquée dans des usines performantes, sorties du sol il y a dix ou quinze ans seulement. Quand les prix de l'acier se sont envolés, certains sidérurgistes européens en ont profité pour se différencier des Chinois en se convertissant dans la production d'aciers sophistiqués exigeants une plus grande proximité avec l'utilisateur final. Ceux-là résistent mieux aujourd'hui à la crise. D'autres ont privilégié des investissements dans les mines de fer ou de charbon. Maintenant que les prix de matières premières sont au plus bas, ces choix malheureux se retournent contre eux. C'est le problème d'Arcelor Mittal.
     
    Arcelor Mittal a pourtant déjà effectué des restructurations importantes en France à Florange, notamment.

    Ses usines françaises sont aujourd'hui compétitives, elles peuvent résister à la crise ; en revanche les sites espagnols ou italiens du groupe sont aujourd'hui sur la sellette. Toutes ces usines fonctionnent presque comme au début de l’acier : elles utilisent du charbon et du fer, les ingrédients traditionnels qu’il faut importer, qu’on chauffe à très haute température pour en faire de l’acier. Ceux qui s'en sortent le mieux aujourd'hui dans la sidérurgie en Occident ont abandonné cette technologie : ils sont devenus des recycleurs de ferraille transformés en acier par un processus électrique. C’est le cas de 60 % de la production américaine. 40 % en Europe, cela pourrait encore augmenter puisqu’on a une matière secondaire abondante, on exporte une partie de notre ferraille. Ces entreprises n’ont envoyé personne manifester à Bruxelles. Elles forment le nouveau visage de la sidérurgie, encore peu connu du grand public.

     


    Sur le même sujet

    • Bonjour l'Europe

      Italie: Rome se sépare du groupe sidérurgique Ilva

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.