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    Abdoulaye Mar Dieye: «le tout économique» n'est pas une solution

    Abdoulaye Mar Dieye. Undp.org

    Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) fête cette semaine ses cinquante ans. L’institution accompagne encore aujourd’hui 170 pays et territoires, et joue ainsi un rôle très important en Afrique. Abdoulaye Mar Dieye, directeur régional pour l’Afrique, raconte comment le Pnud a adapté son action à l’évolution des besoins et des idéologies, et détaille ses positions actuelles.

    RFI : Le Pnud a cinquante ans. Il a été créé à l’époque où de nombreux pays africains venaient d’obtenir leur indépendance. En quoi a-t-il contribué au développement du continent ?

    Abdoulaye Mar Dieye : Le Pnud a été créé pour accompagner les pays en développement en général, et amorcer leur processus de développement. Il y avait des problèmes de capacité dans les pays en développement, donc il fallait remplir un peu ce vide-là. Et l’instrument principal d’intervention du Pnud, c’était essentiellement l’assistance technique, le renforcement des capacités et la formation des cadres nationaux, et la mise en place des programmes dont les plans nationaux de développement.

    Dans les années 80, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont souvent voulu imposer des politiques d’ajustement structurel. Le Pnud s’est généralement opposé à cette stratégie. Quel bilan tirez-vous de cette période ?

    Sous l’impulsion de ce qu’on appelle le consensus de Washington, il y a eu la première génération des programmes d’ajustement structurel dans les années 80, puis la deuxième génération dans les années 90. Et on appelle ces deux décennies, les deux décennies perdues de développement. Rappelez-vous qu’en 90, avec le Pnud, notre consensus a été créé. Le consensus qui a vu naître le paradigme du développement humain, qui va au-delà de l’aspect économique, mais inclut l’aspect social, surtout l’éducation et la santé. Ce paradigme est devenu le premier et c’est d’ailleurs ce concept de développement humain qui a présidé un peu plus tard à la déclaration du Millénaire et aux objectifs de développement du Millénaire. Donc le Pnud a révolutionné la pensée du développement qui est actuellement la pensée dominante.

    Aujourd’hui, précisément, quelles sont les relations qu’entretient le Pnud avec les pays africains ?

    Excellentes parce que, après ces deux décennies de développement perdues, nous nous sommes investis dans le développement humain. Et depuis 2000 d’ailleurs, ces pays ont connu une croissance fulgurante ; en moyenne 5 % par an sur 15 ans. C’est quand même quelque chose d’assez structurel. Si on fait un peu la radioscopie de cette croissance économique, pour un tiers, elle est dû aux cycles des matières premières avec l’émergence de l’économie des pays comme la Chine, l’Inde. Il y a un effet de traction très fort sur la croissance économique des pays africains, mais ce n’est que pour un tiers. L’autre tiers est essentiellement dû à la bonne gouvernance, la bonne tenue des économies et aussi la gouvernance politique. Et le troisième tiers est dû un peu à cette montée de la classe moyenne et de la classe urbaine. Le Pnud se glorifie d’être un peu le parrain du deuxième tiers parce que nous sommes vus comme l’agence de la gouvernance. Les investissements massifs que nous avons faits en matière de gouvernance ont payé.

    Pourtant on constate que la démocratie est encore parfois aléatoire dans certains pays africains. Jusqu’où pouvez-vous conserver votre neutralité ? Et comment faites-vous pour travailler avec des gouvernements qui ne respectent manifestement pas les droits de l’homme et du citoyen ?

    Il faut relativiser et raisonner en termes de perspectives. Si on voit sur le long terme, on peut dire que, quand même, la gouvernance au niveau des pays africains s’est radicalement améliorée. A la marge bien sûr, il y a des difficultés. Mais le Pnud ne travaille pas seulement avec les gouvernements en matière de gouvernance. La gouvernance est une notion très large qui inclut la société civile et le secteur privé. Et, donc, c’est sur cette plage élargie que nous travaillons et c’est pourquoi on appelle ça, dans notre discours, la gouvernance inclusive. C’est dans les pays d’ailleurs où le contrat social est très faible - dans notre jargon on dit « contrat social vertical » et « contrat social horizontal » ; vertical c’est-à-dire les relations entre l’Etat et les communautés, horizontal les relations entre les communautés – que nous travaillons le plus. Et le cas de la Centrafrique est un cas très illustratif de la faiblesse de ce contrat social, tant sur le plan vertical que sur le plan horizontal. Nous travaillons là-dessus.

    Il y a plusieurs zones qui sont encore en proie à des conflits violents sur le continent, conflits qui freinent le développement, voire le font parfois reculer.

    C’est vrai, c’est pourquoi aussi une de nos grandes priorités, c’est comment résoudre ces questions de vulnérabilité en investissant dans la résilience. Le radicalisme que l’on voit en Afrique, que ce soit Boko Haram ou les shebabs ou la situation au Mali, ou même les crises sur le plan sanitaire comme Ebola, nous ont appris des leçons de développement ; un pays ne peut se développer que si ses institutions et ses communautés sont résilientes. Donc investir dans la résilience communautaire et dans la résilience des institutions, c’est très important.

    Le Pnud prône le développement durable, refuse le productivisme à tout prix. Mais cela peut aller à contre-courant de l’ambition de certains pays qui voudraient augmenter leur capacité industrielle sans contrainte et exploiter aussi leurs matières premières au plus vite. Comment gérez-vous cette contradiction ?

    C’est une question d’équilibre. Vous vous rappelez le consensus de Washington, j’ai commencé par cela. C’était le tout économique. Et on a vu que le développement ne peut pas se faire de façon unidimensionnelles. Donc nous avons créé la notion de développement humain qui a dépassé la dimension économique. Et on est allés très loin dans cette réflexion en incluant une troisième dimension, l’environnement. C’est un triptyque : le développement, c’est l’économie et le social, et l’environnemental. L’art du développement, c’est de trouver ce point d’équilibre. Donc, ce sont des tensions qu’il faut gérer. Mais je mets en garde les pays qui veulent faire du tout économique en sacrifiant un peu leur environnement. Tôt ou tard, ils le paieront. Et je suis contre l’argument des gens qui disent, oui mais les pays développés pour se développer ont pollué pendant des générations ; c’est à nous de polluer, c’est notre tour. Je pense que c’est une approche « sociétalement » irresponsable et c’est une ligne que ne je recommande pas.

    Pour conclure, quand le Pnud se retourne sur ses cinquante ans d’existence, quel regard porte-t-il sur toute son action ?

    Nous avons posé la question à nos partenaires, du Nord comme du Sud. Leur réponse est : nous tous reconnaissons cette possibilité fusionnelle avec le Pnud. C’est le mot qui revient. Beaucoup de nos pays voient le Pnud comme la quintessence même des Nations unies en matière de coopération internationale pour le développement. Je pense que ceci est un vote de confiance massif.


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