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    Maroc: Tanja Marina Bay, un chantier touristique controversé

    La médina de Tanger. La médina de Tanger. Olivier Chermann

      Afrique économie continue ce matin sa série à Tanger. Cette ville portuaire au nord du Maroc s'apprête à accueillir cet été des touristes dans son tout nouveau port de plaisance. Ce projet s'inscrit dans le programme de reconversion de la zone portuaire de Tanger, lancée en 2011. L'idée, c'est de transformer le vieux port de pêche du centre-ville en un port de plaisance flambant neuf et de créer une marina le long du front de mer. Un projet titanesque pour un budget de plus de 6 milliards de dirhams, soit environ 600 millions d'euros.

      Site internet dédié, vidéos, maquettes, tout est là pour vendre le projet Tanja Marina Bay. Un port de plaisance, une marina, mais aussi un palais des congrès, des hôtels, un centre commercial. Bref un empire du tourisme balnéaire.

      Mais pour l'heure Tanja Marina Bay c'est surtout un énorme chantier. Tous les restaurants, bars ou discothèques, installés sur la corniche ont été détruits. Ces établissements qui s'étaient installés sans permis seront relocalisés soit sur la marina, soit sur le site de Ghandouri, à l'est de la ville. D'ici là, les employés s'inquiètent. Abdel Ilia, travaille dans le restaurant Miramar : « Hier c'était notre dernier jour. J'attends que le patron vienne me donner ma paie. Comment je fais pour vivre maintenant ? On a tous ici un emprunt pour la maison et des dépenses. On est allé se plaindre auprès de la préfecture et on attend. Personne ne nous a informés de rien. On ne sait pas ce qui va se passer une fois que le restaurant sera détruit. On ne sait pas si on retrouvera notre poste quand il ouvrira de nouveau ».

      Le projet prévoit une compensation pour la relocalisation, mais aucune enveloppe n'est prévue pour les employés qui se retrouvent brutalement sans travail. Yassine Témoune était le videur de la discothèque Outar. Il gagnait 2 000 dirhams par mois soit 200 euros. « J'ai perdu mon travail il y a quatre mois. Le jour où un employé de la ville est venu nous dire que les travaux commençaient. Il y avait 25 personnes avec moi, ça fait autant de familles qui n'ont plus revenus. La ville ne nous indemnise pas. On a eu beau se plaindre auprès de la ville on n'a rien touché. Ça faisait 14 ans que je faisais ce travail et je n'ai rien pas d'indemnités, rien. Je n'ai même pas de sécurité sociale ».

      Avec Tanja Marina Bay, la ville espère ainsi créer plusieurs milliers d'emplois directs.


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