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    Ouattara n’a pas eu un plébiscite: «le taux de participation était bas»

    Christian Bouquet, chercheur au laboratoire LAM de Sciences Po Bordeaux. ladocumentationfrancaise.fr

    En Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat sortant Alassane Ouattara a bien gagné la présidentielle d'octobre dernier, mais il n'a pas triomphé. C'est la thèse de deux universitaires, le Français Christian Bouquet et l'Ivoirienne Irène Kassi-Djodjo, qui publient aujourd'hui, sur le site «revues.org», une radiographie du scrutin de 2015 intitulée : «Une victoire pour Ouattara, mais pas un plébiscite». Christian Bouquet est professeur émérite de géographie politique et chercheur au laboratoire LAM de Sciences Po Bordeaux. En ligne de Bordeaux, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Christian Bouquet, à la présidentielle d’octobre dernier, Alassane Ouattara a gagné avec plus de 83 % des voix et pourtant vous dites que ce n’est pas un plébiscite. Pourquoi ?

    Christian Bouquet : Parce que le taux de participation a été bas. Parce qu’on était en période d’élections apaisées, donc on a n’atteint jamais un taux de participation élevé comme en sortie de crise et puis parce qu’une partie de l’opposition avait tout de même appelé au boycott. On se souvient que les frondeurs du FPI avaient demandé à ne pas aller aux urnes et aussi le parti de Mamadou Koulibaly.

    Le camp présidentiel avait pourtant fait de la participation l’un des enjeux majeurs de la consultation, non ?

    C’était très imprudent, parce qu’ils savaient qu’une partie de son opposition allait prôner le boycott. Donc il aurait probablement été plus habile de ne pas parler de participation.

    Et donc le taux de participation est tombé de 83 % au premier tour de 2010 à 52 % en octobre 2015 ?

    C’est ça. Il a perdu trente points.

    Et alors du coup la performance de 83 % de voix obtenus par Alassane Ouattara est peut-être à relativiser, non ?

    C’est ça. Et on la relativise précisément avec ma collègue Irène Kassi-Djodjo, avec laquelle nous avons travaillé sur l’analyse des cartes électorales. On a travaillé sur les suffrages obtenus par rapport aux inscrits. Ce qui est une méthode spécifique qui permet de bien faire valoir le poids réel des candidats quels qu’ils soient, à n’importe quelle période, puisqu’on a ainsi des comparatifs, et on a noté qu’Alassane Ouattara avait fait 42,95 % des inscrits en 2010 et qu’il ne faisait plus que 41,55 % des inscrits en 2015. Ça semble être faible, mais en même temps c’est significatif.

    Ce qui est frappant c’est le contraste entre la forte participation au nord et la faible participation au sud. Est-ce que les régions qui se sont abstenues en 2015 sont les mêmes que celles qui ont voté Gbagbo en 2010 ?

    C’est vrai que la carte dessine une sorte d’écharpe blanche autour d’Abidjan, qui regroupe les régions du Moronou, où était candidat Affi Nguessan, le candidat du FPI, mais aussi les régions de l'Agnéby-Tiassa, La Mé et la région des Grands Ponts. C’est cette écharpe blanche qui était effectivement une zone très favorable à Laurent Gbagbo. Alors ce n’était peut-être qu’une simple coïncidence, mais le comparatif avec les cartes des élections précédentes souligne une véritable constante graphique.

    Le plus surprenant, dites-vous, c’est le district d’Abidjan. En 2010 Laurent Gbagbo y avait fait 52 % et Alassane Ouattara 48 %. Et en 2015 Alassane Ouattara avait annoncé que cette fois-ci il gagnerait cette bataille. Qu’est-ce qu’il en a été finalement ?

    Si on prend les chiffres officiels par rapport au suffrage exprimé c’est un peu plus de 8O %, donc il peut estimer qu’il a gagné la bataille d’Abidjan. Mais quand on regarde dans le détail, on s’aperçoit par exemple, pour toujours reprendre notre chiffrage par rapport aux inscrits, qu’il passe de 39 à 33 % des inscrits sur Abidjan. Et notamment qu’il perd beaucoup de suffrages dans ces fiefs traditionnels. Par exemple 25 000 voix de moins à Abobo, ce qui est quand même relativement préoccupant pour son parti politique en tout cas.

    Et comment expliquez-vous un taux d’abstention aussi fort dans son propre fief d’Abobo au nord d’Abidjan ?

    Ah ! Il faudrait poser la question à ses militants et à ses cadres du RDR. Mais on peut penser qu’il y a probablement une démobilisation d’un certain nombre de militants qui peut-être se sont sentis frustrés de ne pas avoir été associés aux retombées de la réussite économique du pays, ou bien Abobo n’est pas commune centrale, c’est une commune périphérique ; [il y a] peut-être eu moins de réalisations sur Abobo que sur le plateau, par exemple, ou sur Cocody. Donc il faudra là encore, pour les prochaines échéances électorales, certainement aller regarder de très près ce qui s’est passé dans ces quartiers habituellement pro-Ouattara.

    De façon générale, est-ce que des partisans d’Alassane Ouattara ont renoncé à se déplacer parce qu’il n’y avait pas d’enjeu, parce qu’ils étaient sûrs que leur champion gagnerait ?

    C’est l’une des explications qui a été donnée. Elle était intitulée « l’évidence Ouattara », mais c’est une réponse insuffisante pour expliquer cette déperdition.

    Dans le camp Gbagbo ce fort taux d’abstention au sud et dans le district d’Abidjan est vécu comme une victoire, mais est-ce que les abstentionnistes sont vraiment des électeurs potentiels du prisonnier Gbagbo à La Haye ?

    Non. Ça, on ne peut pas répondre que ce sont ses électeurs qui se sont abstenus. Il y a eu un mouvement de démobilisation générale. Et s’il est vrai que parmi les abstentionnistes il y avait probablement plusieurs dizaines de milliers de pro-Gbagbo, on ne peut pas faire parler le chiffre des abstentions en faveur du FPI ou de Gbagbo.

    Pour le FPI il y avait un candidat récusé par le camp pro-Gbagbo, c’était Pascal Affi Nguessan. Il n’a pas atteint les 10 %. Est-ce un échec pour lui ou est-ce un investissement pour l’avenir ?

    Lui, il ne pense pas que c’est un échec. Il a fait 290 000 voix, c’est vrai que c’est très loin des 2 millions que Gbagbo avait obtenues en 2010. Il a fait l’essentiel de ses voix – même pas sur Abidjan où il est dépassé par KKB [Kouadio Konan Bertin, NDLR]– mais dans sa région d’origine, c’est-à-dire le Moronou, dont on note sur la carte que ce n’est pas une région berceau du FPI. Il va avoir beaucoup de travail à faire pour les prochaines législatives si elles sont inclusives.

    Alors justement, ces législatives doivent avoir lieu avant la fin de cette année. Si les deux courants du FPI se réconcilient est-ce que ce parti peut marquer des points ?

    Oui, probablement. Parce qu’il y a une place importante en Côte d’Ivoire pour un parti comme le FPI. D’ailleurs on avait fait des projections en 2011 pour les législatives, au cas où le FPI s’y serait présenté. Il aurait probablement obtenu entre 80 et 120 députés sur 255. Donc ça vaut quand même le coup d’aller aux élections, ne serait-ce que pour tester l’impact qu’on a sur le pays profond.


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