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    Angola: après 40 ans au pouvoir, le président Dos Santos annonce sa retraite

    Jean-Baptiste Placca. RFI

    Les commentaires sur l’actualité de La Semaine de… Jean-Baptiste Placca, au micro de Xavier Besson. Cette semaine, c’est l’annonce du président angolais, José Eduardo Dos Santos qui interpelle et pose question.

    Xavier Besson : José Eduardo Dos Santos, le chef de l’Etat angolais annonce sa retraite politique… pour 2018 ! En principe, pour la démocratie, cela pourrait être une excellente nouvelle. Mais le hic est que le mandat actuel du président, qui est au pouvoir depuis 1979, doit prendre en août 2017, il y a donc quelques mois, un an de différence... Que se passera-t-il entre ces deux dates?

    Jean-Baptiste Placca : La question est loin d’être anodine. Parce que de la réponse découle ce à quoi les Angolais peuvent s’attendre par rapport à cette annonce. Ils sauront si l’Angola, après le président José Eduardo Dos Santos, évoluera vers un Etat de droit, ou s’il demeurera loin de ce que l’on appelle une démocratie.

    Il importe, avant tout, de souligner qu’au moment où, à l’âge de 37 ans, ce jeune homme de fière allure accédait à la magistrature suprême dans son pays, l’Afrique était à une ère où l’on pouvait devenir chef d’Etat sur simple désignation du bureau politique d’un parti, sans que cela choque l’opinion, ou alors si peu. C’était aussi une époque où l’on pouvait exercer la fonction de président de la République à durée indéterminée, sans que les populations s’en offusquent, ou alors à voix très basse. C’était un temps où ceux qui avaient des velléités dictatoriales pouvaient en faire une carrière sans avoir honte, ni même se sentir mal à l’aise, sur ce continent. Alors, lorsqu’il annonce, trente-huit ans plus tard, qu’il s’en ira au cours de l’année qui suivra la fin de son actuel mandat, certains peuvent estimer qu’il fait une faveur à son peuple. Mais pourquoi 2018 et pas 2017 ou même immédiatement ? Lui seul peut répondre à cette question, que peu de gens peuvent oser lui poser, à part, peut-être, quelques journalistes effrontés…

    Peut-être est-ce simplement une histoire de calendrier, de chiffres ronds, et qu’il veut juste boucler quarante ans à la tête de son pays, pour entrer dans l’Histoire, à sa manière !

    Vous n’avez, hélas, pas tort. Mais voyez comme le destin de ce peuple, qui a déjà tant souffert, peut tenir à des détails aussi… dérisoires. Et pourquoi pas des célébrations qui s’étaleraient entre la fin du mandat et la fin de son règne ? Il se peut aussi que ce soit pour préparer un successeur caché, qui aurait besoin de ces quelques mois supplémentaires pour être fin prêt, ou simplement en âge de briguer le mandat présidentiel, au regard de la Constitution. Le plus triste est que l’on en soit réduit à autant de spéculations, face à une décision qui concerne, après tout, le destin d’un Etat de quelque 22 millions d’habitants.

    Pendant longtemps, ce pays a eu l’excuse de la guerre de libération, qu’il lui a fallu mener, comme pratiquement toutes les anciennes colonies portugaises d’Afrique, jusqu’à l’indépendance, en 1975. Il a eu, en plus, la guerre civile, succédané de la Guerre froide, avec, au pouvoir à Luanda, le MPLA, soutenu par Cuba et le bloc soviétique, et dans les maquis, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola, l’Unita de Jonas Savimbi, soutenue par l’Amérique de Reagan, puis de George Bush, père.

    Des excuses qui ne sont donc pas sans fondements…

    En effet. Mais cela n’explique pas tout. Il se trouve que l’une des démocraties les plus avancées, en Afrique, le Cap-Vert, est aussi passée par la même guerre de libération que l’Angola, contre le Portugal. Il est aussi vrai que la longue guerre civile, entre l’Unita et le MPLA, a été particulièrement dévastatrice. Mais tout cela est terminé depuis bientôt une quinzaine d’années. Et un départ effectif du président Dos Santos pourrait libérer les énergies et le génie de ce peuple.

    Justement, ne faut-il pas plutôt rendre hommage au président Dos Santos, qui s’en va, alors que d’autres, qui sont là depuis aussi longtemps, font tout pour s’éterniser ?

    Ceux-là cherchent peut-être, eux aussi, à battre le record des quarante ans. Et s’ils se mettent à soustraire, de leurs statistiques, les intermèdes des conférences nationales et autres années que leur a « volées » la démocratie, cela pourrait nous conduire loin. Le Congolais Denis Sassou Nguesso pourrait, en 2023, détrôner le président Dos Santos et son record, battu en 2018. Mais, attention : Si Robert Mugabe tient jusqu’en 2023, il pourrait effacer des tablettes le record de Denis Sassou Nguesso, avant même que ne sèche l’encre. Et c’est seulement lorsque tous ces records ne seront plus battables que l’on pourra considérer que le continent en a fini avec la part la plus désolante de son Histoire.


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