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    A la Une: l’attaque de Grand-Bassam

    © AFP/Pius Utomi Ekpei

       

      La presse ivoirienne est sous le choc ce matin après l’attaque meurtrière perpétrée hier dans la station balnéaire, près d’Abidjan. « Les terroristes mettent Grand-Bassam à feu et à sang », s’exclame Soir Info.
       
      « Des jihadistes passent à l’attaque : dimanche noir à Bassam », lance L’Intelligent. « 22 morts », soupire Fraternité Matin. « 14 civils, 2 éléments des forces spéciales et 6 terroristes abattus. »
       
      Fraternité Matin qui, dans son éditorial, lance un appel à l’union : « la menace terroriste est une cause qui doit nous unir, car c’est unis que nous y ferons face. Nous n’avons pas d’autre choix, parce que le terrorisme ne cherche pas à prendre un pouvoir auquel certains pourraient rêver de participer. Non, il veut juste tuer, détruire. […] Si nous ne nous y prenons pas dès à présent, nous laisserons une gangrène s’installer qui deviendra un monstre incontrôlable comme Boko Haram au Nigeria. »
       
      « L’heure est à l’unité nationale ! », renchérit L’Intelligent. « Le lieu choisi par les terroristes n’est pas fortuit. Grand-Bassam incarne à la fois l’économie du tourisme et un mode de vie avec ses établissements balnéaires. Comme au Bataclan à Paris, et ailleurs en Afrique ou dans le monde, c’est à la liberté que ces “barbares” ont voulu s’en prendre. L’heure est en ces moments difficiles à l’unité nationale et non pas au retour des “chicailleries” politiciennes qui se nourrissent des spéculations sur 2020. »
       
      Malheureusement prévisible…
       
      Dans la presse de la sous-région, c’est également le choc et la consternation. « Grand-Bassam a vécu hier son dimanche noir, constate Le Républicain au Mali. Comme Paris, Bamako, Ouaga, Tunis, tous ces lieux où les balles funestes de l’extrémisme vous fauchent sous le parasol d’une plage, au cours d’une partie de billard, à la terrasse d’un café, à la table d’un restaurant, sur la piste d’un dancing. Les mêmes crépitements que l’on prend d’abord pour un bruit de pétard, la même panique, les mêmes râles d’agonie, les mêmes gémissements des blessés, puis les mêmes flaques de sang. »
       
      « Cette attaque n’est pas vraiment une surprise, estime Le Pays à Ouaga, et cela pour plusieurs raisons. D’abord, cela faisait déjà un certain temps que les groupes djihadistes cherchaient à rééditer leur macabre exploit dans d’autres villes de la sous-région, pour montrer qu’ils n’ont pas été anéantis par les opérations françaises et qu’ils conservent bien leur capacité de nuisance. Ensuite, la Côte d’Ivoire subit les foudres du monstre parce qu’elle est la vitrine de la France dans la région. »
       
      « Après le Radisson Blu de Bamako, Splendid Hôtel et le Cappuccino à Ouagadougou, et maintenant le complexe hôtelier de Grand-Bassam, la question qui se pose dorénavant : à qui le tour ?, s’exclame L’Observateur Paalga, toujours au Burkina. Ce drame vient rappeler, s’il en était encore besoin, la nécessité de se serrer les coudes et de mutualiser les moyens pour combattre un ennemi commun qui se joue d’autant plus facilement de nos frontières déjà poreuses qu’il est invisible et peut prendre le visage de monsieur Tout-le-monde. »
       
      Enfin, attention, prévient Aujourd’hui, « sans jouer aux oiseaux de mauvaise augure, le Sénégal doit se préparer, car après le Mali et le Burkina, la question était de savoir, qui de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal serait le premier. On est désormais fixé. Le Sénégal, bien que sous la percée des salafistes, vit un islam noir et modéré ou cohabitent de puissants mouvements maraboutiques. Mais, conclut L’Observateur Paalga, avec ces fous d’Aqmi, le Sénégal doit donc se préparer. »

       

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