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    Lemine Ould Salem: «une action jihadiste en Côte d’Ivoire était présivible»

    Lemine Ould Mohamed Salem, auteur du livre «Le Ben Laden du Sahara. Sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar» aux Editions de La Martinière. Paris, 2014. RFI

    Comment comprendre l'attaque de Grand-Bassam qui a eu lieu dimanche 13 mars ? Pourquoi la Côte d'Ivoire a-t-elle été frappée par les jihadistes d'Aqmi ? Quelle est cette brigade al-Mourabitoune qui est pointée du doigt par les experts ? Pour en parler, nous recevons ce lundi Lemine Ould Salem, auteur du livre Le Ben Laden du Sahara. Sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar. Il répond aux questions de Laurent Correau.

    RFI : Est-ce que vous êtes surpris par le fait que les terroristes aient attaqué Grand-Bassam sur les côtes ivoiriennes, très loin de la zone d’action qui était plutôt la leur jusqu’à présent, la zone sahélienne ?

    Lemine Ould Salem : Pas du tout. Depuis l’attaque de l’hôtel Radisson Blu à Bamako puis celle de l’hôtel Splendid à Ouagadougou, on voyait bien que les jihadistes liés à al-Qaïda au Maghreb islamique avaient l’intention manifeste d’étendre leur action au-delà de leur zone traditionnelle qui est le nord du Mali puis les zones avoisinantes. Je ne suis surtout pas surpris que ça soit en Côte d’Ivoire puisqu’on sait très bien, que l’une des principales cibles des jihadistes liées à al-Qaïda est la France et ses intérêts, et la Côte d’Ivoire est en quelque sorte une vitrine de la France dans la région. Il était bien prévisible qu’un jour ou l’autre une action jihadiste ait lieu en Côte d’Ivoire et pourquoi pas d’ailleurs au Sénégal ?

    Lemine Ould Salem, l’attentat a été revendiqué par Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique, tous les regards se tournent vers l’une des principales brigades d’Aqmi, al-Mourabitoune, le groupe qui avait revendiqué les attentats contre l’hôtel Radisson de Bamako et contre l’hôtel Splendid de Ouagadougou ?

    Al-Mourabitoune, c’est-à-dire le groupe de Belmokhtar, est la branche d’al-Qaïda, donc d’Aqmi, la plus active dans la sous-région. Al-Mourabitoune est né de la fusion du groupe de Belmokhtar, al-Mouthalimin (les Enturbannés) et le Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), deux groupes qui occupaient la région de Gao dans le nord du Mali et qui sont les groupes qui se sont le moins battus contre l’armée française au moment où la France avait envoyé ses soldats déloger les jihadistes qui occupaient les villes du nord du Mali. Ce groupe a réussi à préserver l’essentiel de ces forces soit en se retirant en Libye, soit en dispersant ses combattants dans la région, alors que les autres brigades d’al-Qaïda au Maghreb islamique, notamment le groupe d’Abou Zahib a été complètement décimé par l’armée française parce qu’il a choisi l’affrontement direct. Forcément, aujourd’hui, le groupe de Belmokhtar, c’est-à-dire al-Mourabitoune, est la branche d’al-Qaïda au Maghreb islamique qui a le plus de moyens et le plus en mesure de commettre ce genre d’attaque.

    Qu’est-ce qu’on sait du recrutement de ce groupe al-Mourabitoune ?

    C’est un groupe qui a cette particularité d’avoir recruté très rapidement, au-delà de sa base traditionnelle qui était plutôt celle d’Algériens, de Mauritaniens, de Touaregs maliens. Quand ils se sont installés dans la ville de Gao, ils se sont empressés de recruter beaucoup parmi les Songhaï, les Bambara, les Mossi... Et c’était un groupe qui était très ouvert aux autres candidats au jihad venant de la sous-région : des Nigériens de Boko Haram, bien sûr des Ivoiriens, des Sénégalais, des Béninois. Donc forcément, vu les moyens dont ils disposent, vu aussi sa composition ethnique, il est évident qu’al-Mourabitoune a une très grande capacité d’infiltration aujourd’hui. Ils n’ont plus besoin d’envoyer un Algérien ou un Touareg malien faire ce genre d’opération dans une ville où déjà sa couleur de peau le fait remarquer très vite. Le groupe devient plus ou moins le groupe le plus dangereux aujourd’hui dans cette région.

    Qu’est-ce que le mode opératoire qui a été utilisé à Bassam, - donc une fusillade sur une plage devant des hôtels -,qu'est ce que ce mode opératoire nous dit des terroristes ?

    Il nous dit qu’ils s’adaptent au contexte dans lequel ils doivent attaquer. C’est le même mode qui a été celui des assaillants du Splendid même si dans les deux cas, il s’agit d’une tentative de prise d’otages et là, il s’agit juste d’une fusillade. Je pense que le fait qu’ils n’aient pas tenté de prendre des otages à Grand-Bassam s’explique par le fait qu’ils n’avaient peut-être pas de zone de repli. Le but était manifestement de frapper violemment et de frapper les esprits en tuant le maximum de touristes. Bien évidemment la priorité devait être accordée sans doute aux étrangers.

    Comment est-ce que vous comprenez la logique de l’action qui a eu lieu à Grand-Bassam ? Pourquoi est-ce que les terroristes s’en prennent à une zone touristique ?

    Ce n’est pas nouveau, vous vous souvenez justement de l’attaque revendiquée par l’Etat islamique (EI) sur une plage de Sousse en Tunisie. En général, les touristes ont toujours étaient une cible prioritaire pour les jihadistes, surtout quant il s’agit d’une zone où ils peuvent agir par surprise comme Grand-Bassam, qui est une zone qui ne s’attendait pas du tout à ce genre d’opérations et qui n’était pas sous une très grande surveillance militaire.

    Selon vous, Lemine Ould Salem, quel est le message que les terroristes essaient de faire passer en étendant leur zone d’action ?

    L’un des premiers enseignements à tirer, c’est que les jihadistes veulent dire qu’en dépit de l’opération française dans le nord du Mali, qu’ils n’ont pas été définitivement vaincus et qu’ils existent toujours. Le deuxième enseignement à tirer, c’est qu’ils veulent signifier qu’ils sont aussi capables d’élargir leur zone d’action traditionnelle qui était le nord du Mali et la bande sahélienne. Ils veulent montrer qu’ils sont en mesure de frapper, y compris dans des zones supposées être ultra protégées et très loin de leur zone d’action traditionnelle.

    L’attaque de Grand-Bassam nous montre que l’ensemble de la sous-région est vulnérable et susceptible d’être attaquée par les jihadistes ?

    Absolument, l’ensemble des pays de la sous-région est à la portée des jihadistes, mais avec la différence que certains pays sont plus fragiles que d’autres, la Côte d’Ivoire n’est pas le pays le plus fragile de la région, mais ce n’est pas non plus un pays qui est à l’abri d’éventuelles attaques de ce genre.

    → A lire aussi : Attaque de Grand-Bassam: le plan de lutte anti-terrorisme renforcé

     

     

     


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