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    Les migrants peinent à trouver un emploi en Allemagne

    Des jeunes réfugiés installés dans un hangar de l'ancien aéroport de Tempelhof à Berlin, en Allemagne, le 9 décembre 2015. REUTERS/Fabrizio Bensch

      Quand la chancelière allemande a ouvert les portes de son pays aux réfugiés, les patrons ont applaudi. Mais ce jeudi 17 mars, migrants et employeurs déchantent : de multiples barrières compliquent l’accès au marché du travail.

      Avec l'arrivée massive des migrants en 2015, les chefs d'entreprise ont cru trouver la solution miracle à la pénurie de main d'œuvre. L'Allemagne vieillit et les nouvelles générations sont trop peu nombreuses pour occuper les emplois vacants ; c'est une vraie menace pour l'économie allemande. D'après un sondage publié en novembre 2015, 22% d'entreprises avaient alors l'intention de recruter un nouveau venu. D'après un sondage publié aujourd'hui dans la presse allemande, ils ne sont plus que 11%. Ils n'ont pas encore renoncé mais en partie reculé devant les innombrables difficultés. En septembre, Deutsche Telekom a proposé aux réfugiés une centaine de stages. 350 candidats ont postulé. 35 seulement ont été retenus.

      Les migrants arrivés en Allemagne pas suffisamment formés pour les emplois requis
       
      C'est le principal écueil. Il y a aujourd'hui de l'autre côté du Rhin un million d'emplois vacants. Plus de 80% exigent une qualification. Or d'après un sondage effectué auprès des migrants arrivés en Allemagne depuis un an, seulement le tiers d'entre eux a suivi une formation professionnelle ou des études de niveau supérieur. Les patrons allemands sont prêts à investir dans leur formation mais pour le moment ils restent prudents car les réfugiés ont un titre de séjour pour trois ans seulement. C'est-à-dire le temps qu'il faudra pour mettre à niveau cette main d'œuvre. Faute de visibilité sur la durée du séjour des migrants, les entreprises s'abstiennent d'investir dans cette ressource humaine.
       
      Le problème de la maîtrise de la langue

      C'est la première barrière à l'embauche citée par les employeurs. Et par les réfugiés. Certains d'entre eux, une minorité, découragés par tous ces obstacles ont déjà quitté l'Allemagne. Les deux partis sont en train de prendre conscience du malentendu originel. « Les réfugiés ne sont pas venus pour résoudre notre problème de main d'œuvre mais parce qu'ils ont été contraints de quitter leur pays » rappelle le directeur de l'IW, l'institut de recherche l'économie allemande qui a réalisé une étude sur ces questions. Une vérité qui laisse entière la question de l'intégration des migrants dans l'économie allemande.
       
      Le patronat allemand revoit sa position vis-à-vis de la politique migratoire
       
      On sent une inflexion dans la tribune cosignée par le patron des patrons allemands, Ulrich Grillo, et son homologue français Pierre Gattaz. Les textes publiés par Die Welt en Allemagne et Le Monde en France insistent sur la gestion de la crise migratoire. Ils réclament une initiative rapide au niveau européen pour ramener sous contrôle et réduire le flux des réfugiés. Toutefois, si Ulrich Grillo pense qu'il est préférable de limiter les flux, il demeure convaincu et bien décidé à tout faire pour intégrer au mieux le million de réfugiés déjà sur place.
       
      Il y a quelques semaines à Paris, lors d'un débat organisé à l'ambassade d'Allemagne, les représentants des patrons allemands et des syndicats ont impressionné le public en maintenant fermement leur engagement commun à réaliser ce défi. La France ayant reçu très peu de réfugiés, Pierre Gattaz a voulu dans cette tribune surtout insister sur la rénovation de l'espace Shengen, une zone de libre-échange à laquelle tous les entrepreneurs sont très attachés. Car les nouveaux contrôles mis en place aux frontières pour stopper l'arrivée des migrants ralentissent la circulation des marchandises. C'est aussi pour préserver cette ère de libre échange qu'ils appellent aujourd'hui les 28 à prendre leurs responsabilités et à gérer enfin cette crise migratoire qui met l'Europe au pied du mur.


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