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    Nigeria: «Buhari promet des performances pour les trois ans à venir»

    Docteur Jibrin Ibrahim. premiumtimesng.com

    Il y a un an, jour pour jour, le Nigeria vivait la première alternance démocratique de son histoire. Le général Muhammadu Buhari gagnait la présidentielle et le sortant, Goodluck Jonathan, reconnaissait sa défaite. Un an plus tard, où en est le Nigeria ? Le docteur Jibrin Ibrahim enseigne la science politique à l'université nigériane de Babcock. En ligne d'Abuja, le chercheur nigérian répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    Jibril Ibrahim, êtes-vous satisfait ou déçu par la première année de gouvernement Buhari ?

    Jibril Ibrahim : J’ai une position plus nuancée. D’abord, je pense que le président Buhari a fait beaucoup de bonnes choses dans les dix mois au pouvoir. D’abord, il a promis qu’il va tout faire pour que ceux qui ont été corrompus soient punis. Et effectivement, depuis qu’il est au pouvoir, il a mis beaucoup de moyens pour recouvrir l’argent volé. Donc, de ce côté-là, il a fait de bonnes choses.

    La deuxième chose qu’on peut dire, est qu’il a de vrais problèmes dans la mesure où l’économie est basée sur la rente pétrolière et la rente pétrolière a diminué d’une manière significative. Donc, il se trouve coincé. Il n’arrive pas à s’assurer que les promesses faites seront réalisées. Il a l'obligation d’aller plus vite, et d'avoir une équipe qui soutienne son plan social et économique.

    D’où son surnom, « Baba Go Slow », « le vieux avance lentement » ?

    Oui, effectivement, il avance beaucoup plus lentement que tout le monde l’espère. Il prend son temps ! Mais la vérité est que, si un an après les élections, il n’arrive pas à nommer son équipe d’une manière complète, cela pose un problème réel.

    Un certain nombre de figures politiques sont accusées d’avoir détourné plusieurs milliards de dollars qui étaient destinés initialement à l’achat d’armes contre Boko Haram. Mais ces accusés s’abritent derrière l’ancien président Goodluck Jonathan. Ils disent : « Si on doit m’accuser, il faut accuser aussi l’ancien président lui-même. »

    Oui, effectivement. Je pense, pour la question du président lui-même, qu’il y a preuve qu’il a fait des choses illégales. Il n’a plus l’immunité légale. Donc, je pense qu’il n’est pas au-dessus de la loi et il fallait aussi le traduire en justice.

    Oui, mais le président Buhari n’est pas d’accord avec vous !

    Non, on n’a rien dit. Donc, on ne sait pas s’il est d’accord ou pas d’accord.

    Pour faire face à la chute des revenus pétroliers, le président compte sur l’emprunt et sur la transparence des comptes publics. Mais êtes-vous certain que cela va suffire ?

    Je pense que la transparence est très importante dans ce pays, puisque maintenant, on voit que plus de la moitié des revenus étatiques ont été tout simplement volés. Donc, même si le revenu a baissé, si on arrive à utiliser le revenu public pour les biens publics, on va voir une amélioration significative du travail gouvernemental.

    Sur le plan de la lutte contre Boko Haram, le président affirme qu’il a techniquement remporté la bataille. Qu’est-ce que cela veut dire ?

    D’après lui, il n’y a plus de territoire significatif sous contrôle de Boko Haram, même si l'organisation terroriste reste une force qui continue à faire des dégâts et de tuer des gens. Donc, je pense qu’il a raison de dire que, techniquement, la guerre est gagnée. Mais cela ne veut pas dire grand-chose, dans la mesure où beaucoup de gens continuent d'être tués par Boko Haram.

    Il faut continuer la lutte ?

    Absolument. Et je pense que cette lutte sera de longue haleine. C’est un problème posé au monde entier.

    Quand le président Buhari affirme qu’il a restauré le leadership du Nigeria, ne se vante pas un petit peu trop ?

    Oui, là je suis d’accord, complètement ! Le Nigeria n’a plus la capacité d’être une puissance régionale qu’il avait dans les années passées. Sa capacité militaire est diminuée, parce que les militaires nigérians sont occupés avec les crises internes. La capacité financière est diminuée à cause des chutes de puits de pétrole ; la capacité économique est diminuée à cause de la crise économique implantée ; la jeunesse de ce pays ne trouve plus de boulot.

    Donc, à ce moment-ci, la capacité d'exprimer la puissance est au plus bas niveau. Il y a beaucoup de travail à faire. Le président Buhari lui-même a dit hier pendant la réunion de son parti que les trois années à venir seront un véritable test. Cela est quand même une manière de dire qu’il n’a pas fait autant qu’il voulait pendant la première année, mais il a promis de tout faire, d’améliorer sa performance pendant les trois années à venir.


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