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    D. Peclard : «L’important dans l’annonce de Dos Santos, c’est l’effet d’annonce»

    Didier Peclard, spécialiste de l'Afrique lusophone à l'université de Genève, et co-rédacteur en chef de la revue «Politique africaine» unige.academia.edu

    Dix-sept jeunes Angolais ont été condamnés à des peines de 2 à 8 ans et demi de prison lundi, pour avoir lu de la littérature révolutionnaire alors que le régime se raidit autour de son président. José Eduardo Dos Santos, au pouvoir en Angola depuis 1979, a pourtant annoncé qu'il partirait en 2018, soit après les prochaines élections, prévues en 2017. Quel crédit accorder au chef de l'Etat ? Qui pourrait lui succéder ? Pourquoi cette répression des mouvements sociaux ? Explications de Didier Peclard, spécialiste de l'Afrique lusophone à l'Université de Genève et co-rédacteur en chef de Politique africaine.

    RFI: José Eduardo dos Santos a annoncé qu’il quitterait le pouvoir en 2018. Est-ce que vous le pensez sincère ou est-ce que vous croyez à une manœuvre, à une intox ?

    Didier Peclard: Je crois que l’important dans cette annonce c’est précisément l’effet d’annonce. Il se trouve que l’Angola traverse une crise économique importante depuis notamment la chute des cours du pétrole en 2014. Faire cette annonce permet de laisser entendre que le président dos Santos est prêt à passer la main , même si on sait d’expérience qu’il a déjà fait une annonce similaire en 2001 qui n’avait pas du tout été suivie d’effet. Les prochaines élections auront lieu en 2017 et à priori, tout laisse penser qu’il sera le candidat du MPLA et donc, il a toutes les chances d’être réélu comme président. Du coup, annoncer sa retraite de la vie politique semble assez peu crédible.

    Mais est-ce qu’on a une idée d’éventuels conflits de pouvoir entre des factions au sein du MPLA, de personnalités qui se disputent dans l’ombre pour succéder au président ?

    Il y a de plus en plus de tensions au sein du MPLA par rapport à cette succession, même si c’est difficile de dégager, à l’heure actuelle, des factions clairement identifiées qui lutteraient pour le pouvoir. Le génie de Dos Santos a été d’organiser, régulièrement, une espèce de jeu de chaises musicales qui permet à chacun d’espérer accéder au pouvoir. Par conséquent, c’est assez difficile, dans cette situation, de voir un dauphin clair apparaître.

    Bien sûr, il y a un dauphin constitutionnel qui serait le vice-président mais le fait que Manuel Vicente soit dauphin constitutionnel n’est pas, en soi, une garantie que c’est lui qui reprendrait le pouvoir. Par contre, ce serait intéressant de voir qui, au moment des élections de 2017, sera la deuxième personne sur la liste du MPLA, même si là, encore une fois, ce ne sera pas une garantie que cette personne pourra prendre le pouvoir, au cas où Dos Santos cède effectivement le pouvoir en 2018.

    Depuis la fin de la guerre civile, on peut dire que le MPLA a profité du prix du baril pour s’assurer globalement la paix sociale. Mais est-ce qu’avec la chute durable du cours du brut, le pouvoir angolais ne craint pas de perdre le contrôle de la population ?

    On sent une certaine nervosité de la part du MPLA et du régime, depuis même avant la chute du pétrole. C’est une situation un peu paradoxale où le MPLA est plus hégémonique qu’il ne l’a jamais été depuis l’indépendance, en 1975. Depuis 2002, il contrôle la fin de la guerre, tout le territoire et il contrôle aussi tous les leviers du pouvoir économique ainsi que ceux du pouvoir politique. Mais malgré tout, on sent une certaine nervosité, notamment depuis 2011 et depuis que de jeunes activistes ont commencé à manifester de façon régulière. Ce sont des manifestations qui sont restées à très petite échelle mais elles ont eu un écho très important à l’intérieur et à l’extérieur du pays. On sent également une grande nervosité parce que finalement le modèle de développement que le gouvernement angolais a choisi, depuis 2002, a davantage creusé le fossé qui existe entre les élites économiques et politiques du pays et la réalité dans laquelle vivent à peu près 80 % de la population.

    Donc, pour vous, la condamnation, lundi, de ces dix-sept jeunes à de lourdes peines de prison c’est une preuve. Cela démontre cette fébrilité, cette nervosité dans les rangs du pouvoir ?

    Je pense, oui. Cela montre aussi, en quelque sorte, que le pouvoir, en fait, ne sait pas trop quoi faire de ce genre de positions. Ça a été la répression physique, violente et brutale. Ça a été aussi des tentatives de cooptation d’une certaine partie de ces jeunes. Cela a marché mais pas entièrement. Et ensuite, on a ensuite une dérive vers une procédure judiciaire dont tout le monde voit bien, aussi bien à l’intérieur de l’Angola qu’à l’extérieur, qu’elle est une mascarade.

    En fait, ce que l’on sent, de la part du régime, c’est une crainte de l’effet de seuil. Si la mobilisation des jeunes parvient à dépasser un certain seuil quantitatif et se transforme en grandes manifestations qui par exemple pourraient être aussi des manifestations contre le prix des denrées alimentaires ; si les revendications de la jeunesse rejoignent d’autres revendications comme celles, par exemple, des anciens combattants ou encore celles d’autres secteurs de la société comme la question de l’accès aux terres qui est une question très, très chaude en ce moment, eh bien s’il y a, comme cela, une conjonction de différentes revendications, on pourrait avoir véritablement des manifestations de grande ampleur qui seraient, alors là, un véritable danger pour le MPLA, le régime en place. Je crois donc que la nervosité est aussi à lire par rapport à ce contexte-là et par rapport également à l’incapacité d’un pouvoir qui n’a pas l’habitude de gérer ça.

    Est-ce que vous imaginez une ouverture politique pour le processus électoral de 2017 ?

    Du tout, non. Si cette ouverture arrive, elle ne sera pas voulue par le régime. Ce que l’on sent plutôt, depuis 2002, voire même avant, c’est une concentration du pouvoir autour d’un cercle - qui reste très restreint - de personnes qui gravitent autour de José Eduardo dos Santos. Par ailleurs, je ne pense pas du tout que les élections de 2017 seront l’occasion, de la part du régime et du MPLA, d’une plus grande ouverture. Au contraire, l’enjeu central sera de maintenir l’unité du parti autour de son leader qui restera certainement José Eduardo dos Santos, à moins que des problèmes de santé l’empêchent de l’être.
     


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