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    A la Une: les Panama papers, scandale planétaire

    AFP

    Les Panama papers, que l’on peut traduire par les documents panaméens : c’est le nom donné à l’une des plus grandes enquêtes journalistiques de tous les temps qui met en lumière ce qui est, à n’en pas douter, un véritable scandale planétaire. Une enquête dont le premier volet sera publié ce lundi, en début d’après-midi par le journal Le Monde. On en connait déjà l’essentiel : plusieurs articles ont été mis en ligne dès hier soir sur le site internet du quotidien.

    Alors de quoi s’agit-il exactement ? Tout est parti, explique Le Monde, d’une source anonyme qui a commencé, début 2015, à transmettre des documents aux journalistes de la Süddeutsche Zeitung. Ce quotidien allemand enquêtait alors sur un cabinet de placement offshore situé au Panama, Mossack Fonseca, qui aurait joué un rôle dans une affaire de fraude fiscale visant la Commerzbank, la deuxième plus grosse banque d’Allemagne. Cette fameuse source envoie des milliers et des milliers de documents secrets au quotidien allemand. Au total, 11 millions et demi ! Devant l’ampleur des données, poursuit Le Monde, le quotidien allemand décide alors de faire appel à l’ICIJ, le Consortium international des journalistes d’investigation. Et c’est ainsi que pendant près d’un an, cette masse d’information va être disséquée, analysée par 370 journalistes du monde entier, travaillant dans plus d’une centaine de médias, dont Le Monde.

    Un incroyable tableau

    Que révèlent ces documents ? Et bien la preuve de ce qu’on présumait depuis longtemps : la fraude fiscale et le blanchiment organisés à grande échelle sont bien un sport international…
    « Les Panama papers mettent en lumière un incroyable tableau, s’exclame Le Monde : plus de 214.000 entités offshore créées ou administrées par Mossack Fonseca, depuis sa fondation en 1977 et jusqu’en 2015, dans 21 paradis fiscaux différents et pour des clients issus de plus de 200 pays et territoires. (…) Les Panama Papers offrent une cartographie, presque en temps réel, d’un pan entier de la finance mondiale, jusqu’alors à l’abri des regards. C’est ainsi que chez Mossack Fonseca, précise Le Monde, l’argent propre côtoie l’argent sale, que l’argent 'gris' (celui de la fraude fiscale) côtoie l’argent 'noir' (celui de la corruption et du crime organisé), que les grandes fortunes et les stars du football côtoient les réseaux criminels et les chefs d’Etat corrompus. Après plusieurs mois de cette enquête hors norme, l’ICIJ et ses partenaires ont pu établir qu’étaient impliqués dans des sociétés offshores douze chefs d’Etat et de gouvernement (dont six en activité), 128 responsables politiques et hauts fonctionnaires de premier plan du monde entier et 29 membres du classement Forbes des 500 personnalités les plus riches de la planète. »

    Des personnalités du monde entier

    Et des noms commencent à circuler… Parmi eux figurent des proches du président russe Vladimir Poutine, qui auraient détourné plus de deux milliards de dollars avec l’aide de banques et de sociétés écran ; le Premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson ; mais aussi de nombreux autres chefs d’Etat ou de personnalités politiques. On y retrouve aussi le footballeur argentin Lionel Messi et le président suspendu de l’UEFA, Michel Platini.

    Le quotidien Le Soir en Belgique cite également le Premier ministre du Pakistan Nawaz Sharif, le roi Salman d’Arabie saoudite, les enfants du président d’Azerbaïdjan, le président argentin Mauricio Macri, le président ukrainien Petro Porochenko, l’ancien Premier ministre irakien Ayad Allawi ou son homologue ukrainien Pavlo Lazarenko. Le sommet de l’Etat brésilien serait également concerné. De même que certains cousins du président syrien Bachar el-Assad, le père du Premier ministre britannique David Cameron, la fille de l’ancien Premier ministre chinois Li Peng et d’autres proches de haut-responsables du Maroc, d’Égypte, du Ghana, d’Afrique du sud, de Côte d’Ivoire, de Guinée, d’Espagne, ou encore de Malaisie.

    Tous ont donc placé une partie de leur fortune dans les paradis fiscaux. L’ancien ministre français du Budget, Jérôme Cahuzac, serait aussi impliqué. D’après ces documents, Jérôme Cahuzac était propriétaire d’une société, immatriculée aux Seychelles en 2009 et associée à un compte en banque lié au cabinet Fonseca. D’autres noms devraient encore sortir cette semaine, au fur et à mesure des révélations du Monde

    A quand une régulation ?

    Commentaire du quotidien du soir : « ce que prouvent les Panama Papers, c’est avant tout qu’à l’heure de la mondialisation financière, et malgré les révélations successives et la volonté affichée des Etats à réguler les paradis fiscaux, il demeure toujours aisé pour les banques et leurs clients de se jouer des réglementations nationales. Ce ne sont pas les lois anti-blanchiment qui manquent, mais le contrôle de leur application qui doit être renforcé, partout dans le monde, estime Le Monde. Le système financier dans son ensemble se doit de réguler le grand meccano de l’offshore, conclut le journal. Il a tout à y gagner. »

    Premiers commentaires également dans la presse quotidienne régionale… Pour Le Républicain Lorrain, « la preuve est faite que s’il en existe moins qu’autrefois les paradis fiscaux sont loin d’avoir disparu (…). Cette intraçabilité organisée vient, si l’on en croit les Panama Papers, de subir un sérieux revers. Ce nouveau scandale planétaire des sociétés offshores œuvrant dans une vingtaine de paradis fiscaux à partir du Panama constitue une sale blague pour les banques, les cabinets d’avocats et les gestionnaires de fortune. (…) Le feuilleton ne fait que commencer. (…) Cette affaire montre que les montages offshores sont de plus en plus sophistiqués grâce aux progrès constants des technologies financière et informatique. (…) C’est la loi d’un milieu où tout se monnaie d’autant mieux qu’il y a énormément d’argent à gagner pour chacun des acteurs. »

    « Les Panama papers confirment ce que l’on pressentait, renchérit Le Journal de la Haute-Marne, les paradis fiscaux n’ont pas disparu. Des conventions internationales ont bien réduit le mur du secret bancaire en Suisse, au Luxembourg et à Singapour, mais il demeure toujours ce chapelet de lieux exotiques où il suffit d’avoir une boîte aux lettres pour détenir une société écran et pour frauder en toute légalité (…). » En tout cas, conclut le quotidien champenois, « les révélations qui vont tomber (tout au long de cette semaine) perturberont la politique intérieure de nombreux pays. Le nôtre ne devrait pas être épargné. »

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