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    Roch Marc Christian Kaboré: Il n’y a pas de véritable justice «sans vérité»

    Roch Marc Christian Kaboré, le président burkinabè. Médard Chablaoui/RFI

    La traque des jihadistes en Afrique de l’Ouest, le « couac » du ministre français Bernard Cazeneuve, les mandats d’arrêt contre Guillaume Soro et Blaise Compaoré... Le nouveau président burkinabè s’exprime sur tous ces sujets sensibles. Au terme de sa première visite officielle en France, Roch Marc Christian Kaboré répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    Après l’attentat du 15 janvier à Ouagadougou, vous avez constaté des défaillances dans vos services de renseignements. Quelles mesures avez-vous décidé et quelle aide attendez-vous de la France ?

    Roch Marc Christian Kaboré
    : Nous avons déjà mis en place l’Agence nationale de renseignements et cette agence va nous permettre effectivement de fédérer l’ensemble des informations au niveau national et en même temps, de pouvoir coopérer avec tous les réseaux de renseignements des pays voisins. Je voudrais également dire qu’au niveau de la réorganisation de nos forces de défense et de sécurité, des dispositions ont été prises pour que ces forces-là puissent couvrir l’ensemble du territoire, l’ensemble des points de vue de notre pays pour permettre de préserver la paix et la quiétude des citoyens. Nous attendons, je dirais, de la France un accompagnement, l’accompagnement en formation de toute cette équipe qui va s’occuper des renseignements, l’accompagnement en matériel également technique.

    Est-ce qu’il y a encore ces cellules dormantes dans votre pays ?

    Vous savez probablement qu’il y en a. Il s’agit pour nous justement de travailler à les débusquer. Et je dois dire que la dernière rencontre, que les ministres de la Sécurité ont eue à Abidjan entre le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Mali, a permis déjà de procéder à l’arrestation de deux suspects sérieux.

    Vous parlez de l’arrestation de deux suspects maliens au Mali ?

    Oui, au Mali.

    Est-ce qu’il y a des suspects burkinabè ?

    Non, des suspects burkinabè ? Non. On a constaté simplement qu’il y avait des gens qui faisaient la navette entre le Mali et le Burkina Faso et que nous recherchons en l’état actuel. Je pense que très bientôt, on leur mettra la main dessus soit au Mali, soit au Burkina Faso en tout état de cause.

    Est-ce le même groupe terroriste qui a frappé à Ouagadougou le 15 janvier et à Grand-Bassam le 13 mars ?

    Les faits laissent penser que, pour l’instant, ceux qui ont attaqué le Mali [à Bamako le 20 novembre 2015], ce seraient les mêmes qui ont fait le coup au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.

    Le 15 mars, le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé l’arrivée de super gendarmes français du GIGN dans votre pays, et cela sans vous consulter. Et vous avez mal réagi, j’imagine ?

    Nous avons déploré le fait qu’on parle de déploiement du GIGN au Burkina Faso sans que le gouvernement et les hautes autorités du Burkina Faso n’en soient informées. Finalement il ne s’agit pas d’un déploiement du GIGN comme il était dit, mais de l’envoi de deux gendarmes du GIGN qui ont pour mission d’accompagner les forces de sécurité burkinabè. Donc voilà le couac qu’il y a eu à l’époque en tout cas.

    Du coup, le ministre français vous a présenté ses excuses ?

    Je pense que sur ce plan, il n’y a vraiment pas eu de problèmes. Il a considéré que c’était une erreur de leur part. Il a situé les choses dans leur contexte.

    La lutte anti-terroriste, ça coûte cher. Pendant votre campagne électorale, vous avez fait des promesses : plus de centres de santé, un millier de nouvelles classes pour les enfants dans les écoles. Comment allez-vous faire pour joindre les deux bouts ?

    Vous savez, si nous ne coupons pas les sources d’approvisionnement du terrorisme, il n’y a pas de fin de combat contre les terroristes. Partout ils ont eu des puits de pétrole. Ils continuent à vendre le pétrole. Donc il faut couper d’abord les sources tout en travaillant au développement économique et social de notre pays.

    Après vos discussions en tête à tête avec François Hollande, est-ce que vous avez obtenu de nouveaux engagements financiers de la France ou pas ?

    Je dois dire que nos discussions étaient très positives. Premièrement en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme. D’ici la fin du mois d’avril, une mission sera dépêchée à Ouagadougou pour voir les mesures, tant au niveau de la formation que de la disponibilité du matériel que la France peut faire pour appuyer nos forces de sécurité. Le second aspect au plan économique, c’est l’engagement de la France d’apporter un appui budgétaire au Burkina Faso sur l’exercice 2016.

    Vous êtes le premier président élu démocratiquement depuis l’indépendance du Burkina Faso. Mais cette élection a failli être annulée par un putsch en septembre dernier. Aujourd’hui ses auteurs sont en prison. Mais alors, qu’est-ce qu’ils vont devenir ? Est-ce qu’ils vont comparaître devant un tribunal militaire ou est-ce qu’ils vont bénéficier de mesures d’apaisement comme va sans doute le prôner le nouveau Haut conseil pour la réconciliation et l’union nationale (HCRUN) mis en place le 15 janvier ?

    Nous souhaitons que les questions de réconciliation se règlent sur la base du triptyque vérité-justice-réconciliation parce que je pense que sans vérité, on ne peut pas faire une véritable justice et sans justice, on ne peut pas demander de pardonner.

    Donc il y aura un procès ?

    Forcément ce triptyque-là sera respecté.

    Parmi les complices présumés de ce putsch de septembre dernier, il y a le président de l’Assemblée ivoirienne, Guillaume Soro. Mais celui-ci et ses collègues députés ivoiriens n’ont pas du tout apprécié le mandat d’arrêt international émis par la justice de votre pays. Alors du coup, est-ce que pour restaurer de bonnes relations avec la Côte d’Ivoire, vous n’avez pas intérêt à ce que la justice burkinabè abandonne ces poursuites ?

    Je vous ai dit tout à l’heure que la justice était indépendante, mais les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont excellentes. Et je voudrais dire que nous nous sommes mis au-dessus de ces faits qui, dans la réalité, n’empêchent pas le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire ni de voyager, ni de mener ses missions. Je pense simplement que ce sont des vicissitudes d’un moment qui ne peuvent pas remettre en cause les relations historiques qui existent entre nos deux pays. Et je voudrais vous rassurer qu’avec le président Alassane Ouattara, les rapports sont tout à fait excellents.

    Le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro doit être renouvelé tous les six mois. Est-ce que vous souhaitez qu’il ne soit pas renouvelé ?

    Quand on parle de mandat d’arrêt, on parle de justice. Laissons la justice faire son travail.

    Autre mandat d’arrêt, celui que votre justice a lancé contre l’ancien président Compaoré qui est réfugié à Abidjan. Beaucoup de vos compatriotes sont choqués par le fait que Blaise Compaoré se protège en disant qu’il est désormais de nationalité ivoirienne. Est-ce que ça vous choque vous aussi ?

    Ça me choque parce que je considère que, quand on a été 27 ans président d’un pays, il faut savoir assumer ses responsabilités devant son peuple. Et je pense que c’est dommage que ce soit cette couverture qu’on ait trouvée pour protéger le président Blaise Compaoré. Je pense que s’il avait l’occasion de s’expliquer, de pouvoir dire à son peuple ce qui s’est passé, pourquoi pas ? Peut-être que le peuple burkinabè lui pardonnerait l’ensemble de ses actions. Mais je veux dire que, vous savez, dans les situations du genre, tôt ou tard, c’est des situations qui vous rattrapent. Et c’est vrai que le peuple burkinabè est très choqué par cet état de fait.

    Mais vous savez bien que, s’il rentre à Ouagadougou, il risque la prison à vie. N’est-il pas normal qu’il préfère l’exil à la prison ?

    Tout responsable d’un pays doit d’abord soigner sa dignité parce que là, en changeant de nationalité, après avoir assuré le pouvoir d’Etat pendant 27 ans, c’est vraiment de la dignité qu’on perd en posant un tel acte. Et on a beau préférer l’exil, vous avez vu comment ça se termine pour certains. Ils ont été exilés pendant longtemps et finalement, ils ont fini devant la justice. Et là, c’est dommage.

    Vous pensez à Hissène Habré ?

    Non, (rires), il y en a plein. Je ne pense pas simplement à Hissène Habré, mais je veux dire que l’exil n’est pas forcément le bon recours, à mon avis.

    Contre le projet d’un troisième mandat du président Compaoré, vous n’avez pas hésité à rompre avec votre compagnon de toujours, et donc à passer à l’opposition. Que pensez-vous des chefs d’Etat qui, l’an dernier, ont changé les règles du jeu dans leur propre pays afin de briguer un troisième mandat ?

    Je pense que chaque pays à ses peuples et ses combats à mener. Ce qui est sûr, c’est que du point de vue du principe, il est préférable toujours de respecter ce que la Constitution prévoit parce que tout ce qui est pris contre la décision du peuple pose généralement des difficultés par la suite. Et l’expérience du Burkina Faso, c’est une action qui était salutaire, c’est une action qui est respectée au plan mondial et africain, et c'est un exemple que nous avons donné. Il appartient à chaque peuple d’assumer ses propres responsabilités en fonction des contextes dans lesquels il évolue.

    Donc vous préférez l’option choisie par le Béninois, Thomas Boni Yayi, à celle choisie par le Congolais, Denis Sassou-Nguesso ?

    Je n’ai pas d’option à prendre. Je dirais simplement qu’il appartient à chaque peuple d’assumer ses responsabilités. C’est tout.


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