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    Ecouter Madagascar en 1989

    DR

    J’ai flâné dans les archives sonores de RFI, dans ses malles, la radio a gardé les traces du passé. Les « Bruitages d’Océan Indien » ont été recueillis en 1989 par Christophe Campens et Jacques Maunick, ils nous transportent à Madagascar. Ils font surgir des histoires d’autrefois et éveillent les mémoires.

    Souvenirs sonores
    Pour Ranaivoson Andriamialy, auditeur de RFI et mondoblogeur, les archives sonores à Madagascar de RFI racontent sa ville d’aujourd’hui et d’autrefois.

    Le Zoma

    À Madagascar, les marchés portent le nom du jour où ils se tiennent. C’est pour cela que beaucoup de marchés et de villages bâtis autour portent des noms de jour, d’Alatsinainy (lundi) à Asabotsy (samedi).

    Justement, c’était un vendredi, zoma en malgache. Le prof n’était pas venu l’après-midi et on nous a dit de rentrer. Mais au lieu de rentrer à la maison, j’ai décidé de tuer le temps en me promenant dans le marché du Zoma à Analakely, au cœur d’Antananarivo. Depuis mon collège, je devais descendre pour venir à Analakely et tout de suite, du haut des escaliers, le spectacle qui m’est offert est fait de parasols blancs, par milliers qui s’entassent, se collent et recouvrent tout à perte de vue. Le Zoma, c’était le marché à ciel ouvert le plus grand du monde entier.

    Sous ces parasols, ce sont des marchandises, des promesses, des trésors. Mais je n’avais pas un sou. Dans les années 1990, on avait des choses à acheter avec 100 Ariary. Aujourd’hui, ces choses vaudraient 50 fois plus. Mais je n’étais pas là pour acheter. J’étais, je suis toujours un rêveur. J’étais là juste pour flâner. Les marchandises bien rangées, les visages des gens qui fourmillaient, les sons, les odeurs, les vendeurs, les orchestres de rue, les saltimbanques saturaient mon cerveau et m’aidaient ensuite à imaginer plein d’autres histoires.

    Le train

    Prendre le train à Madagascar, c’est prendre part à une carte postale. Je connais bien la ligne Tana-Côte Est. On entre dans la grande gare de Soarano et on se retrouve de l’autre côté, sur le quai. On voit la locomotive diésel, bruyante, fumante qui ronronne et les wagons verts. On entre ensemble dans le train, les partants et les accompagnateurs jusqu’à ce que la petite cloche retentisse et que ces derniers descendent vite avant que tout ne démarre.

    Mais ce train n’est pas un TGV, mais plutôt un TPV. Et en plus il s’arrête dans tous les villages. Que d’arrêts où les mêmes vendeurs proposent des aliments dans des sahafa (plateaux en osier). Mais il offre des spectacles des plus palpitants et des plus enchantant avec des passages sur les flancs de montagnes, les chutes d’eau, la forêt de l’Est et les longs tunnels.

    Andasibe

    Andasibe abrite plusieurs espèces de lémuriens. Mais l’attraction principale est l’Indri Indri, le plus grand lémurien du monde à l’heure actuelle. Quand on sait que cet animal n’existe nulle part ailleurs (sauf dans des zoos) et qu’ils se comptent sur les doigts de la main, on ne peut qu’être satisfait de l’apercevoir trôner en haut des arbres. Mais depuis les années 1980 jusqu’à ce jour, les guides savent si bien faire durer le suspense jusqu’à le montrer comme point d’orgue de la visite de la réserve qu’on se demande si ce n’est pas un deal entre les guides et les lémuriens pour plumer visiteurs et touristes. En tout cas, c’est une expérience à vivre et qu’on ne peut pas regretter.

    Et vous ? Connaissez-vous ces sons?  Qu’évoquent-ils pour vous?
    Si vous souhaitez participer à l’écriture de la ville sonore et partager vos souvenirs, écrivez à ecouterlesvilles@rfi.fr.

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