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    A.-C. Bilie Bi Nzé: «La vie publique gabonaise mérite des débats plus élevés»

    Ali Bongo prête serment, le 16 octobre 2009. AFP

    Le président Ali Bongo a-t-il été élu à la régulière en 2009 ? Devra-t-il se soumettre à un test ADN à la suite du dépôt d’une plainte en France ? A quatre mois de la présidentielle, ce sont deux des questions qui animent le débat au Gabon. Quelques jours après la défection du président de l’Assemblée nationale, le ministre gabonais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie Bi Nzé, répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Le ton monte à l’approche de l’élection présidentielle, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba-Ndama, vient de vous lâcher et il affirme que le pays est bloqué, les administrations ne fonctionnent pas, il n’y a pas un seul dispensaire qui reçoivent des médicaments de l’Etat, dit-il ?

    Alain-Claude Bilie Bi Nzé : Oui, nous avons entendu ces déclarations de Monsieur Nzouba-Ndama, qui auraient pu prêter à sourire, vous savez, mais pas dans les rangs des députés en ce moment. Les caisses de l’Assemblée nationale ont été vidées juste avant le départ du démissionnaire. Une infime partie de cet argent a servi à débaucher la dizaine de députés qui l’ont suivi dans son aventure. Signe que ces départs ont été négociés au prix fort avec l’argent destiné à l’institution. Mais monsieur Nzouba-Ndama aurait pu signaler que sous le mandat d’Ali Bongo, des hôpitaux modernes ont été construits à Libreville notamment, des CHU de classe mondiale.

    L’ancien président de l’Assemblée affirme aussi que les promesses du candidat Ali n’ont pas été tenues ainsi les routes qui relient les capitales provinciales entre elles ne sont pas bitumées ?

    Il est vrai que, il y a eu un ralentissement ces dernières années de l’investissement lié à une crise qui est mondiale, qui est internationale et qui ne concerne pas que le Gabon. Mais sur les neuf capitales provinciales, il y en a aujourd’hui six qui sont déjà reliées à Libreville. Et monsieur Nzouba-Ndama le sait, c’est donc un mauvais procès qu’il fait à Ali Bongo.

    Alors autre ancien ténor de la majorité qui est aussi très sévère à votre égard, c’est donc l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima, il vous accuse de mal gérer les finances publiques. Il affirme même, preuve à l’appui, que les budgets qui ont été votés ces dernières années ont reposé sur des analyses fictives ?

    Monsieur Raymond Ndong Sima a été Premier ministre pendant deux ans et si nous avons perdu deux années dans le mandat de sept ans confié à Ali Bongo par le peuple gabonais, ce sont les deux années qui ont été confiées à Ndong Sima comme Premier ministre, où rien ne s’est passé. Il a été incapable de relancer la machine économique du pays, il a été incapable de porter la moindre réforme et malheureusement, il avait le temps de procéder à des ajustements. Malheureusement, il en a été incapable.

    Mais il affirme tout de même que quand on vote un budget, on doit connaître le détail des dépenses réelles du budget voté deux plus tôt comme l’y oblige la loi, et que ce n’est pas le cas ?

    Oui, mais ça, c’est les dysfonctionnements des institutions, ce n’est pas un dysfonctionnement lié à Ali Bongo. Nous avons une contradiction dans l’ordonnancement de la loi, mais ça, il aurait pu procéder à ces ajustements-là, en tant que Premier ministre et chef de la majorité parlementaire, malheureusement, il n’a rien proposé de tel et c’est quand même assez fragile d’attendre d’être sorti pour ensuite aller critiquer.

    Mais ces dysfonctionnements des institutions que vous reconnaissez, Ali Bongo avait sept ans pour y mettre un terme, pourquoi n’a-t-il rien fait ?

    Ali Bongo a réformé l’Etat, il a réorganisé les institutions. Il y a, comme dans tous les pays, des réformes qui prennent plus de temps que d’autres, mais les réformes ont été engagées, ce qui permet d’avoir une meilleure visibilité sur la programmation des budgets et d’avoir un meilleur rendu sur le résultat sur le terrain.

    Autre accusation de l’ancien Premier ministre Ndong Sima, contrairement à ce que dit la loi, les marchés que passe l’Etat ne sont pas tous des marchés par appel d’offres, 40% d’entre eux sont des marchés par entente directe ?

    Mais les marchés par entente directe sont prévus par la loi.

    Mais pas dans cette proportion ?

    Non la proportion qu’il indique n’est pas vérifiée. Simplement, ces marchés par entente directe, en tant que Premier ministre, monsieur Ndong Sima ne les a pas contredits, il ne s’y est pas opposé. Lorsqu’on a fait les choses, qu’on les a validées, on est mal placé par la suite pour les critiquer.

    En 2009, Guy Nzouba-Ndama était l’un fervent partisan du candidat Ali Bongo et pourtant aujourd’hui, il émet des doutes sur les résultats qui ont donné la victoire à Ali Bongo ?

    Monsieur Nzouba-Ndama a toujours affirmé que Ali Bongo a été élu à la régulière en 2009, il est étonnant aujourd’hui qu’il tente de dire le contraire. C’est un manque total de cohérence et de crédibilité.

    Guy Nzouba-Ndama n’est pas le seul à douter des résultats officiels de 2009, le candidat français François Hollande en avril 2012 en doutait, le Premier ministre français Manuel Valls en janvier dernier en doutait encore ?

    Vous savez, pour ce qui est de 2009, monsieur Nzouba-Ndama, monsieur Jean Ping, monsieur Ndong Sima ont reconnu l’élection d’Ali Bongo. Dès l’instant où ils ne sont plus avec Ali Bongo, ils s’en vont pour dire qu’Ali Bongo n’a pas été bien élu, où est la crédibilité ? Et encore une fois, lorsqu’on veut faire la leçon, il faut dire de quoi on a été capable. Monsieur Nzouba-Ndama a géré l’Assemblée nationale pendant 20 ans. Il a géré des budgets bien plus importants que ceux consacrés à la santé et pendant 20 ans, il n’a pas été capable de construire aux députés des bureaux. Les députés gabonais travaillent sans bureau et monsieur Nzouba-Ndama a pendant 20 ans géré ces budgets-là. Ils ont fait l’objet de détournement massif, il est mal placé pour en parler aujourd’hui.

    Avant-hier, le Journal du Dimanche à révéler qu’au nom de sa fille Amissa, madame Joyce Ondo assignait le président Ali Bongo en reconnaissance de paternité devant le tribunal de grande instance d’Angers en France. Quelle est votre réaction ?

    Nous n’avons pas de commentaires particuliers à faire sur cette information. Il faut savoir séparer la vie privée de la vie publique. Vous savez, aujourd’hui tout ceci est un peu confus. Il y a un gros affaiblissement de la séparation entre les deux. Mais nous nous étonnons tout de même du moment auquel paraît cette affaire.

    C’est-à-dire que vous ne niez pas l’existence de cette fille présumée du président qui s’appelle Amissa ?

    Vous savez, la question pour nous à l’heure actuelle, n’est pas de nier ou de confirmer l’existence. Mais vous savez, après la série « Maïsha veut 65 milliards », là on part sur la série « Amissa veut 10 milliards ». Tout ça est un peu confus. Tous ces mélanges entre vie privée, vie publique, entre manipulation, pression, chantage, tout ceci est un peu malheureux parce que la vie publique gabonaise mérite quand même des débats plus élevés que ça.

    Mais si à la suite de cette plainte, le tribunal français demande au père présumé, c’est-à-dire Ali bongo, de se plier à un test ADN, comment réagira-t-il ?

    A ce moment-là, le président Ali Bongo et ses avocats aviseront et répondront. Mais encore une fois, vous savez, aujourd’hui, on a besoin de créer de l’emploi aux Gabonais et tous ces débats qui relèvent plus de la presse à sensation intéressent très peu les Gabonais.

    Il y a un autre test ADN, c’est celui que l’opposition demande au président Ali Bongo d’accepter afin de prouver son affiliation avec feu Omar Bongo. De fait, est-ce que cela ne mettrait pas fin à toute polémique sur cette question ?

    Nous sommes partis d’une première demande de l’opposition, c’est que le président devait fournir son extrait de naissance de Nantes, ce qui a été fait. Ils ont demandé un acte de naissance avec filiation complète à l’Etat civil de Nantes, ce qui a été fait, et là on demande l’ADN et après on demandera quoi d’autre ? Et vous pensez que le chef d’Etat gabonais n’aura qu’à se plier aux exigences de l’opposition pour que le pays aille mieux ? On veut aujourd’hui un vrai débat pour développer le pays, c’est tout ce qu’on attend.


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