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    Le Gabon et les secousses au sein du PDG: analyse du sociologue A. Bissiolo

    Anaclet Bissiolo, sociologue gabonais. bdpgabon.org

    Ces derniers jours, les responsables du PDG, le Parti démocratique gabonais au pouvoir, ont reçu coup sur coup deux mauvaises nouvelles : la création par des barons dissidents d'un nouveau parti politique, le Rassemblement « Héritage et modernité », et le départ d'un membre du conseil national, Alfred Nguia Banda, qui a décidé de créer sa propre formation. Certains parlent d'hémorragie au sein du parti de l'ancien président Omar Bongo et de son fils l'actuel chef de l'Etat, Ali Bongo. Le Parti démocratique gabonais est-il réellement affaibli par ces départs ? Comment expliquer ces défections ? Notre invité est le sociologue gabonais Anaclet Bissiolo.

    RFI : Anaclet Bissiolo, où en est le PDG, le Parti démocratique gabonais après la vague de départs qu’il vient de traverser ? Est-ce que ce PDG est toujours un parti fort ?

    Anaclet Bissiolo : C’est vrai que nous avons enregistré un certain nombre de signaux qui pourraient laisser penser à un affaiblissement, mais le PDG a été déjà soumis à rude épreuve il y a vingt-cinq ans, en 89-90, après les mouvements sociaux, la conférence nationale… Vingt-cinq ans après, le PDG est resté en place. Mais disant cela, on ne peut pas considérer que le PDG n’encaisse pas le coup. Ce sont des départs marquants qui laissent des traces, oui.

    Et est-ce que, selon vous, ces départs fragilisent aussi le parti à la base jusque dans les régions ? Est-ce que ces barons qui quittent le PDG sont des acteurs politiques qui ont une implantation locale forte dans les régions ?

    Ce que l’on constate dans certaines régions dans lesquelles les grandes figures sont bien implantées c’est l’apparition de divisions. C’est ce qu’on a observé dans la province d’implantation de l’ancien président de l’Assemblée nationale qui vient de quitter le PDG. Il y a organisé une grande réunion publique qui a mis à nu l’apparition de cette fracture dans la ville symbole de Koulamoutou, qui a vu la création du PDG lorsqu’Omar Bongo est arrivé au pouvoir. Donc les divisions apparaissent clairement, ce qui n’avait jamais été observé dans les années antérieures.

    Même au moment de la crise dont vous parliez des années 90 ?

    Même au moment des années 90 on constatait quand même que dans certains fiefs les fractures avaient été moins visibles.

    Est-ce que la base du Parti démocratie gabonais, Anaclet Bissiolot, est elle aussi fragilisée ? Est-ce que le petit peuple du PDG, comme on pourrait l’appeler, commence lui aussi à se poser des questions et suit les cadres qui se retirent du parti ?

    Ils se posent des questions ; les militants suivent certains de ces cadres qui ont quitté le parti. Je n’en veux pour preuve que l’affluence de ces militants-là aux réunions qui ont été organisées par les cadres. Effectivement, la base militante est elle-même secouée par ce soubresaut que connaît le Parti démocratique gabonais aujourd’hui.

    Si on s’intéresse maintenant aux raisons de ces soubresauts, aux raisons de cette crise interne au PDG, qu’est-ce qui, selon vous, explique ces différents départs de barons ? Est-ce que c’est simplement l’approche de l’élection présidentielle qui réveille des ambitions ou est-ce qu’on fait face à une crise plus profonde, guidée par d’autres motivations ?

    Je crois qu’on est quand même passé de la main du fondateur du parti – personnalité expérimentée comme l’a été Omar Bongo – à une nouvelle génération avec Ali Bongo qui n’a peut-être pas la même maîtrise de la gouvernance interne.

    Selon vous, quelles ont été les erreurs commises par Ali Bongo et qui ont pu conduire au départ de ces barons ?

    Il y a déjà la mauvaise gestion de la relation entre Ali Bongo et les barons qui lui ont donné les clés de l’appareil. A-t-il su se montrer reconnaissant ? Il ressort dans l’opinion que ce n’est pas le cas. Ensuite, une fois que les débats, les clivages, ont commencé à paraître au sein du PDG, il n’a pas, semble-t-il, eu la main pour gérer ces clivages. On vient d’en avoir [la] preuve [avec] l'espèce de chasse aux sorcières qui suit tout de suite l’éclatement de débats [entre] telle ou telle personnalité : c’est ainsi que le départ de l’ancien président de l’Assemblée nationale a donné lieu par exemple à l’arrestation d’un haut cadre des services du Trésor public dans l’administration de l’Assemblée nationale. A cela s’ajoute – je pense aussi – à l’échelle du pays des erreurs sur le plan de la gestion, par exemple économique, la seule crise du pétrole ne suffisant pas à expliquer les difficultés du pays.

    Est-ce que la pratique du pouvoir d’Ali Bongo et notamment le rôle de son entourage a pu également susciter la frustration, voire la colère, de certains barons du PDG ?

    Il est clair qu’à tort ou à raison il y a une focalisation de l’opinion gabonaise autour des personnes qui entourent Ali Bongo, avec une tendance à penser que cet entourage explique un certain nombre d’erreurs dans la gestion par Ali Bongo.

    Comment est-ce que l’opinion publique gabonaise perçoit, justement, ces défections du PDG ? Est-ce que vous avez le sentiment que les électeurs gabonais croient encore dans la possibilité d’un changement au vu de l’ancienneté des différents membres de la classe politique ?

    Oui. L’opinion – je serais tenté de dire – y voit une chance historique à alternance réelle. Cela dit, toute la scène politique est construite autour du face à face entre les anciens PDGistes qui ont quitté le parti et qui sont en train de le quitter encore aujourd’hui et les PDGistes qui sont encore restés au parti aujourd’hui. Cela nourrit un scepticisme relatif, mais ces convulsions alimentent quand même l’espoir d’une alternance possible qui pourrait être facilitée par les difficultés que rencontre le Parti démocratique gabonais aujourd’hui.


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