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    Boko Haram génère dépeuplement des villages et déplacement des populations

    Un corps transporté par les secours après l’attaque-suicide qui a touché la ville de Maroua, dans le nord du Cameroun, le 23 juillet 2015. AFP PHOTO/STRINGER

    La lutte contre Boko Haram est au centre d'un sommet régional sur la sécurité organisé samedi au Nigeria, en présence du président français François Hollande. Une initiative importante pour les populations qui souffrent directement du conflit et de ses conséquences sur les économies de la région. C'est le cas au Nigeria, au Niger, au Tchad et aussi au Cameroun. Ecoutez les présicions du Saïbou Issa, professeur à l'Université de Maroua, la grande ville de l'Extrême-Nord du Cameroun.

    Issa Saïbou est enseignant d'histoire à l'université de Maroua au Cameroun. africultures.com

    RFI : Quel est l’impact le plus visible de la guerre contre Boko Haram ?

    Saïbou Issa : C’est manifestement le déplacement des populations. On a un peu plus de 170 000 personnes déplacées internes. Les villages sont pour la plupart vides. On note également que sur les marchés, le niveau d’approvisionnement en produits de première nécessité et en produits manufacturés venant surtout du Nigeria a beaucoup baissé.

    Est-ce qu’il y a des marchés qui ont fermé, tout simplement ?

    Les marchés frontaliers, il y en a qui ont effectivement fermé. Mais les plus grands marchés, c’est-à-dire les marchés intérieurs, principalement Kousséri, Maroua, dans une certaine mesure Mora, sont moins bien achalandés. Il y a eu des résiliences, dans la mesure où les circuits d’approvisionnement ont changé. Alors que jusque-là les gens allaient s’approvisionner du côté du Nigeria, maintenant ils vont du côté de Douala, ou alors dans certains cas ceux qui en ont les moyens vont directement en Chine ou bien Dubaï pour s’approvisionner. Evidemment, les produits qui viennent de ces zones-là coûtent un peu plus cher et ne sont pas toujours à la disposition du commun des habitants de l’Extrême-Nord.

    Les prix de l’essence ont aussi beaucoup augmenté ?

    Quand on est dans les zones qui sont proches de la frontière complètement fermée, le prix de l’essence est très élevé. Il n’y en a même pratiquement pas, au point où les groupes électrogènes ne fonctionnent plus, au point où les moulins à mil ne fonctionnent plus parce qu’il n’y a pas d’essence. Un simple indicateur de la question est que les gens en sont même parfois à faire du troc entre l’essence et les produits de première nécessité. En revanche, dans les zones qui sont plutôt proches de la région du Nord, les prix sont maîtrisés. On peut avoir le prix de l’essence qui autrefois était entre 500 et 600 francs CFA le litre, on peut trouver à 700 à un endroit, à 1 100 ou à 1 200 francs à un autre endroit.

    Est-ce que l’agriculture continue de fonctionner ?

    L’agriculture continue de fonctionner dans les zones qui sont loin du théâtre des opérations, mais le problème c’est qu’il y a de moins en moins d’espace pour satisfaire les attentes de toute la population. Parce que déjà nous sommes dans une zone assez sèche, les déplacés internes et les réfugiés sont venus s’ajouter à cette demande de terre cultivable, ce qui fait qu’il n’y a pas assez de terres pour tout le monde.

    Il n’y a pas que les paysans. Les éleveurs, eux aussi souffrent de ce conflit.

    Du moment où le bétail ne peut ni migrer vers la République centrafricaine ni migrer vers le Nigeria dans la cadre de la transhumance saisonnière, tout ce bétail-là se retrouve en train de circuler à l’intérieur de la région de l’Extrême-Nord et dans une certaine mesure vers la région du Nord. Et donc, il y a beaucoup trop de bœufs, beaucoup trop de moutons, beaucoup trop de chèvres qui se disputent les mêmes pâturages maigres. Et en ce moment où nous sommes en pleine saison sèche, on a noté une baisse considérable du prix du bétail sur le marché. Dans certains cas, on est pratiquement à 50%. Evidemment ça une incidence positive pour le consommateur parce que le kilo de viande évidemment baisse, mais pour l’économie pastorale de façon générale les dommages sont considérables.

    De manière générale, on peut dire que la vie des populations a changé du tout au tout ?

    Ce que je peux vous dire c’est que les populations souffrent. Nous sommes dans un espace où les relations économiques transfrontalières avec le Nigeria étaient assez déterminantes, le commerce et l’agriculture en ont pris, comme je l’ai dit tout à l’heure, un coup important. L’élevage a pris un coup important. Par conséquent, ce sont les trois piliers de l’économie de l’Extrême-Nord qui sont fortement touchés par le phénomène Boko Haram. Je dois également noter ici que nous sommes dans l’une des régions les plus peuplées du Cameroun dans une zone où le niveau de scolarisation est l’un des plus bas sinon les plus bas au niveau national, dans une région où il n’y a pas d’industrie, dans une zone à tradition commerciale avec jusque-là la frontière avec le Tchad, la frontière avec le Nigeria qui permettaient d’importer et d’exporter. La circulation étant également perturbée sur les différentes routes, à cause de la psychose qu’il y a eu à un moment et qui s’estompe évidemment maintenant, les marchés qui pendant longtemps étaient vraiment en léthargie commencent à revivre, certes, mais il faut encore trouver quoi vendre sur ces marchés-là.


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