GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 20 Octobre
Samedi 21 Octobre
Dimanche 22 Octobre
Lundi 23 Octobre
Aujourd'hui
Mercredi 25 Octobre
Jeudi 26 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • Chine: clôture officielle ce matin du 19ème Congrès du parti communiste, les délégués viennent d'élire les 205 membres du Comité central
    • Rohingyas: Washington annonce des mesures contre l'armée birmane

    Condamnation d'Hissène Habré: un «jour de l'histoire» pour l'avocate J. Moudeïna

    Jacqueline Moudeïna, avocate et présidente de l'association des victimes des crimes et répressions politiques au Tchad. DR

    L'ancien président tchadien Hissène Habré a été reconnu coupable de crimes contre l'humanité, de viols, exécutions, esclavage et enlèvement. Il a été condamné hier, lundi 30 mai, à Dakar, à la prison à perpétuité. Jacqueline Moudeina, avocate tchadienne et présidente de l'Association des victimes des crimes et répressions politiques au Tchad est l'invitée de RFI.

    RFI : le verdict est tombé. C’est la perpétuité pour Hissène Habré. Votre réaction ?

    Jacqueline Moudeina : Que du bonheur. J’ai consacré le clair de mon temps à ce travail-là, à ce dossier. Et aujourd’hui, je ne pouvais pas demander mieux que la perpétuité pour Hissène Habré.

    Que ressentez-vous après un si long combat ? Que ressentent les victimes ?

    Quand nous avions commencé ce dossier, personne n’y avait cru. Même pas les victimes elles-mêmes. Il y avait quelques-unes qui pensaient qu’on allait pouvoir sortir quelque chose et que la quête de justice était un simple geste de main ou de tête. Mais après elles se sont rendu compte très vite que c’était un parcours du combattant. Je crois que c’est Desmond Tutu qui a qualifié le dossier d’un feuilleton politico-judiciaire, de l’interminable feuilleton politico-judiciaire. Nous sommes arrivés aujourd’hui à ce grand jour que nous appelons « Jour de victoire ». Ça a été un drame au Tchad sous Hissène Habré, de 82 à 90 c’était un drame. C’était un Tchad noir. C’était une histoire tout à fait noire du Tchad !

    Les avocats d’Hissène Habré ont quinze jours pour faire appel. Etes-vous prête à un nouveau procès ? A remettre tout ça encore ?

    Nous sommes fin prêts. Nous sommes préparés à tout, en fait.

    Ce procès est une première. C’est le premier procès au monde dans lequel un ancien chef d’Etat est traduit devant une juridiction d’un autre pays pour violation présumée des droits de l’homme.

    Oui, c’est une grande première au monde et pour l’Afrique. Je pense que c’est une victoire pour l’Afrique. Parce que là, l’Afrique vient de juger l’Afrique ! L’Afrique a tellement critiqué la Cour pénale internationale qu’il faut montrer de quoi on est capable. Aujourd’hui, l’Afrique a montré sa capacité de juger ses propres fils et je crois que sur cet élan nous ne nous arrêterons pas à Hissène Habré. Et pour nous, c’est un signal fort, un message très fort que nous avons envoyé, que nous envoyons maintenant à tous les tirants du monde entier et particulièrement à ceux d’Afrique.

    Alors justement, un tel procès d’un président ou d’un haut dignitaire de régime, est-il reproductible ? Peut-il être reproduit ?

    Vous savez, ce procès, je crois que ça va inspirer tout le monde. C’est justement cet effet pédagogique que nous avons escompté. Nous nous sommes inspirés d’un dossier : c’était le cas Pinochet.

    Revenons sur ce qui a permis ce procès : le long combat des victimes bien sûr, mais le rôle, le positionnement du président sénégalais Macky Sall a été, lui, déterminant.

    Je me rappelle que nous avons rencontré monsieur Macky Sall alors dans l’opposition et la promesse qu’il nous avait faite. Il a dit : « Je n’ai pas géré. Je n’ai pas géré cette affaire. Mais tel que cette affaire se présente c’est dommage pour mon pays ». C’était sa phrase. Et il a dit : « Attendons de voir. Mais si jamais je passe aux affaires, je promets faire quelque chose ». Donc son élection a été déterminante pour les Chambres africaines qui ont dû voir le jour grâce à l’accord intervenu entre le Sénégal et l’Union africaine.

    Diriez-vous que ce procès aura été incomplet ? Hissène Habré s’est muré pendant 56 jours dans un mutisme total. Pas un mot de regret, pas une explication.

    Vous savez, pour lui, qui se prend pour un héros de notre Afrique, qui se prend pour le lion de son parti unique de l’époque : l’UNIR, je crois que c’est humiliant. C’est humiliant pour lui. Il n’a pas parlé parce qu’il a pensé que c’est la meilleure manière de se défendre. Je crois qu’il s’est défendu injustement en se taisant. Je crois que c’est une honte pour lui.

    Le verdict est tombé. Viendra le temps des réparations. C’est une autre phase certainement très compliquée.

    Oui c’est assez compliqué compte tenu du nombre de victimes. Nous en avions des milliers. Il va falloir que nous affrontions avec beaucoup, beaucoup de courage cette phase qui nous demandera encore un très grand travail et un travail sérieux.

    Qui va payer ces réparations ?

    Conformément au statut des Chambres africaines extraordinaires, il est prévu la création d’un fonds qui doit être alimenté par des personnes de bonne volonté, par des pays de bonne volonté. Ce qui n’est pratiquement pas évident. Mais il va falloir encore se lancer dans un plaidoyer pour pouvoir alimenter ce fonds. Parce que c’est ce fonds, il est prévu ce fonds, pour pouvoir indemniser les victimes ! Il n’est pas dit clairement dans ce statut que c’est Habré qui doit procéder à la réparation des victimes. L’Etat tchadien fera certainement partie de ces Etats qui vont alimenter le fonds. Mais pour l’Etat tchadien, je crois qu’il y a une obligation de réparation qui pèse sur lui. Parce qu’Hissène Habré a fait tout cela en tant que président de la République. Donc, il incombe à l’Etat tchadien de procéder à la réparation des victimes.


    Sur le même sujet

    • Tchad / Sénégal / Justice

      Condamnation de Hissène Habré: la joie et le soulagement des victimes

      En savoir plus

    • Tchad / Sénégal / Justice

      Condamnation de Hissène Habré: ce que la justice a reproché à l’ex-président

      En savoir plus

    • Appels sur l'actualité

      [1] Emission spéciale : Hissène Habré condamné à perpétuité

      En savoir plus

    • Tchad / Sénégal / Justice / Hissène Habré

      Hissène Habré: pourquoi son procès est historique

      En savoir plus

    • Grand reportage

      Hissène Habré : l’obsession sécuritaire (Rediffusion)

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.