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    L’Europe veut lier l’aide au développement aux questions migratoires

    Les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles. REUTERS/Yves Herman

    La Commission européenne a proposé hier des avantages commerciaux et un pactole de 62 milliards d'euros d’investissement aux pays prêts à coopérer pour endiguer l’immigration clandestine.

    À défaut de pouvoir stopper les bateaux de passeurs qui déferlent sur les côtes grecques et italiennes avec leur cortège de morts et de tragédie, l'Europe brandit désormais l'arme économique... ou plutôt la carotte et le bâton.

    La carotte, ce sont des promesses d'investissements. La Commission met 3 milliards d'euros sur la table et espère décupler cette somme en attirant les investisseurs privés. Et si les Vingt-Huit consentent le même effort que la Commission, on arrivera avec l'effet de levier à 62 milliards d'euros. Des facilités dans l'obtention des visas, des conditions commerciales favorables complètent cette offre.

    Le bâton, ce sont les menaces de rétorsion dans les échanges commerciaux. Sont concernés le Liban et la Jordanie, mais surtout les pays africains d'où proviennent la majorité des migrants clandestins depuis le mois d'avril. La Tunisie, la Libye, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, le Mali et l'Éthiopie sont les pays ciblés par ce marchandage.

    Un marchandage dénoncé par les ONG comme Oxfam

    Car cette offre sous-entend que les Européens aideront des pays pauvres non pas en fonction de leurs besoins réels, mais en fonction de leur volonté et de leur capacité à endiguer les vagues de migrants, et cela quelles que soient la légitimité et la nature du régime politique. Sur le fond, l'idée de lier politique migratoire et développement est fondée puisque c'est bien l'absence de perspectives dans leur propre pays qui conduit un grand nombre de citoyens africains à tenter leur chance en Europe. Mais cela ne s’applique pas nécessairement aux pays de transit.

    Depuis plusieurs années déjà, Bruxelles tente de lier avantages économiques et lutte contre l'immigration. L'accord de Cotonou, qui régit les relations commerciales entre les pays d'Afrique et l'Union européenne, contient un article obligeant les pays signataires à reprendre chez eux les migrants illégaux. Avec un succès mitigé : seulement 40 % des clandestins originaires d’Afrique ont été renvoyés dans leurs pays.

    Qu'en pensent les pays concernés ?

    Certains semblent avoir anticipé cette nouvelle stratégie européenne, comme le Niger. Au mois de mai, lors de la visite à Niamey du ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et de son homologue allemand, le gouvernement nigérien a demandé un milliard d'euros à l'Europe pour lutter contre l'immigration clandestine.

    C'est une somme conséquente pour le Niger, puisque cela représente environ le 7e de son produit intérieur brut. Le Niger met donc la barre très haute parce qu'il a besoin urgemment de se développer, c'est l'un des pays les plus pauvres au monde. Et parce que sa position géographique lui donne un pouvoir de négociation face à Bruxelles : 90 % des migrants en provenance d'Afrique de l'Ouest passent par le Niger pour aller en Europe.

    Le plan présenté hier devant le Parlement européen a-t-il des chances d'être mis en oeuvre ?

    Il faudra d'abord que les Vingt-Huit le valident. C'est ce qu'on verra en juin lors du prochain sommet. Ensuite vont-ils vraiment l'appliquer ? Beaucoup de pays préfèrent gérer l'aide au développement de façon bilatérale pour soigner leurs relations avec les pays destinataires.

    Enfin, n'oublions pas que les 62 milliards d'euros promis relèvent pour l'instant du voeu pieux. L'effet de levier espéré par la Commission dépendra de la bonne volonté et des intérêts bien compris des investisseurs privés.

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