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    A la Une: la fusillade d’Orlando

    © AFP/Pius Utomi Ekpei

    La terrible information est en pages intérieures dans la plupart des journaux du continent. Ainsi, relate, Walfadjri au Sénégal, « une fusillade a éclaté dans une boîte de nuit gay à Orlando dans la nuit de samedi à dimanche, faisant de nombreuses victimes. Le dernier bilan fait état de 50 morts et 53 blessés. Le tireur, mort, avait prêté allégeance à Daech juste avant la tuerie. Daech qui a ensuite revendiqué la fusillade. »

    « L’Amérique est frappée une nouvelle fois en plein cœur, soupire Le Temps en Algérie. L’effroyable fusillade qui a eu lieu dans la nuit de samedi, dans un night-club à Orlando en Floride, est la pire dans l’histoire des Etats-Unis. Horrible. »

    Par ailleurs, Le Temps fait remarquer que « les médias américains se sont fait forts de préciser le nom “arabe” et musulman du tueur, quelques minutes seulement après l’attaque. Il y a clairement, affirme le journal, une volonté de diriger et orienter les soupçons non pas vers cette personne mais vers toute la communauté musulmane des Etats-Unis. On n’est pas loin de la chasse au musulman déclenchée après les attentats du 11 Septembre, estime encore Le Temps. Le responsable de la communauté musulmane de Floride a dû intervenir aux côtés du patron local du FBI pour expliquer que l’Islam n’avait rien à voir avec la tuerie et que les musulmans américains “étaient chez eux”. Pas sûr cependant, soupire le quotidien algérien, que ces mots pleins de tolérance puissent changer quoi que ce soit aux clichés si prégnants ici dans les médias américains qui diffusent et relayent suffisamment de haine et de préjugés contre l’Islam et les musulmans. »

    A mille lieux…

    Le quotidien Aujourd’hui au Burkina insiste lui sur l’universalité de la menace terroriste… « Ainsi donc Omar Mateen, l’auteur du massacre du Pulse d’Orlando, un jeune homme de 30 ans, citoyen américain d’origine afghane, a tué au nom de l’EI, au nom du Califat, coincé entre les recoins de Mossoul et de Raquaa en Syrie, autant dire à mille lieues de son Amérique. C’est donc EI, ce fil d’Ariane qui semble lier Orlando, à Paris, Bamako, Ouagadougou et Grand-Bassam : l’universalité du terrorisme est posé, celui qui n’est plus importé, qui ne vient plus d’ailleurs, qui n’est plus tributaire de recrutements “d’étrangers”. Le terrorisme actuel est intra-muros, trouve sa source dans la radicalisation des fils du terroir, et des prêches prosélytiques. »

    En effet, renchérit Le Pays , toujours à Ouaga, « le terrorisme n’a ni visage ni nationalité et ne connaît pas de frontières. Alors, que faire ?, s’interroge le journal. Tout d’abord, il faudra travailler à lutter contre les injustices sociales qui font le lit des frustrations à même de pousser les gens à la radicalisation. Aussi, faut-il mettre un point d’honneur à lutter contre l’intolérance en faisant en sorte que, comme le disait Voltaire, “ceux qui allument des cierges en plein midi pour célébrer Dieu […] ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire”. C’est à ce prix, conclut Le Pays, que l’on pourra, ensemble, mettre en place un monde de paix et de solidarité. »

    Un tremplin pour Trump !

    On en est encore loin, d’autant, souligne le site d’information guinéen Ledjely.com, que « Donald Trump, candidat républicain à l’élection présidentielle, pourrait se servir de cette fusillade pour nourrir sa xéno-islamophobie. Et par extension, l’Afrique en général et les pays d’obédience musulmane en particulier, pourraient en pâtir. »

    En effet, précise Ledjely, « tenaillée par la peur, en proie à un contexte économique pas nécessairement paradisiaque, et se préoccupant pour sa sécurité, l’opinion publique américaine pourrait bien préférer les solutions, en apparence faciles que lui propose Donald Trump. Et naturellement, de fil en aiguille, l’Amérique, à son tour, pourrait se fermer au monde en durcissant encore les conditions d’immigration. De même, les délits de faciès pourraient à la fois se généraliser et se systématiser à l’encontre des Américains n’étant pas de souche. Une perspective qui, on peut bien l’imaginer, ne ferait pas que des heureux sur le continent africain en général où les élites politiques, se révélant incapables de relever les défis qui sont les leurs, contraignent leurs compatriotes à tourner le dos à la mère-patrie. »

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