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    Le Nigeria dévalue enfin le naira

    Le naira, monnaie du Nigeria. REUTERS/Afolabi Sotunde

    Lundi prochain 20 juin, le naira, la monnaie du Nigeria, s'échangera à nouveau librement, a annoncé cette semaine la Banque centrale. Cette dévaluation sera douloureuse, mais elle est perçue comme nécessaire.

    « Enfin !», s'exclament les milieux économiques. « Cette décision n'a que trop tardé », estime Dominique Simon, conseiller économique auprès de l’ambassade de France. Pourtant, les hommes d'affaires savent que la facture sera salée. Au cours actuel fixé par la Banque centrale, un dollar vaut 197 nairas, sur le marché noir c'est plutôt 370 nairas et c'est sans doute la valeur réelle de la monnaie nigériane.

    Les entrepreneurs privés ont été piégés par ce contrôle des changes en vigueur depuis plus d'un an, dans l'incapacité de répercuter complètement le prix réel des produits importés nécessaires à leur activité. D'où les faillites et la hausse du chômage. Cet effet pervers a été le coup de grâce pour cette puissance pétrolière déjà éreintée par la chute des cours du brut. Lundi, quand le cours réel du naira s'établira au jour le jour, la facture des produits importés va sans doute s'envoler, c'est le prix à payer pour rétablir des échanges sur une base plus saine.

    Pourquoi le président Buhari refusait-il de dévaluer ?

    Cette option a toujours été considérée comme la plus mauvaise pour ce dirigeant convaincu du bienfondé de l'intervention de l'État dans les affaires pour sortir d'une crise. Il a d'ailleurs été élu pour agir fermement contre la corruption. Et si Mohammadou Buhari a été élu certes, il n'en demeure pas moins un général, un militaire droit dans ses bottes, fidèle à ses principes.

    Avec le contrôle des changes, il espérait déclencher un cercle vertueux en encourageant la production locale, une intention louable, estime Dominique Simon. Mais cela n'a pas fonctionné du tout, entre autres parce que la chaine de valeur est mondialisée : il est difficile aujourd'hui de fabriquer 100 % local au Nigeria. Voyant les dégâts, la banque centrale du Nigeria comme la ministre des Finances pressaient le président depuis plusieurs mois de laisser filer le naira. Et il a fini par accepter de changer de cap. Ce n'est pas rien pour cet homme, c'est un peu une capitulation en rase campagne dit-on dans les milieux diplomatiques.

    Car l'histoire bégaie : dans les années 1980, quand il arrive au pouvoir par un coup d'État, il refuse la dévaluation exigée par le FMI et met déjà en place une politique dirigiste. Mais il est renversé quelques mois plus tard, accusé de ne pas avoir résolu les problèmes économiques de son pays.

    Quels sont les risques et les bénéfices de cette dévaluation ?

    Les prix vont fortement augmenter, l'inflation qui a déjà doublé pour atteindre 15 % va probablement continuer à grimper, et la Banque centrale devra relever les taux d'intérêt pour l'enrayer, et donc rendre l'accès au crédit plus cher. Une récession est à redouter. Au-delà de ce contre-choc douloureux, la dévaluation va par ailleurs rétablir la confiance, et peut-être ramener les investisseurs étrangers dont le pays a tant besoin pour repartir du bon pied. Si nécessaire, le FMI pourrait même intervenir. Ce que le président Buhari veut à tout prix éviter, comme il y a trente ans.

    Autre conséquence positive de cette dévaluation : un foyer potentiel de corruption est asséché, car le marché noir des changes est toujours propice aux détournements d'argent. Enfin le poids de la dette publique va s'alléger. Mais avec des revenus pétroliers qui ont baissé d'un quart, il n'y aura pas de miracle : il manque 9 milliards de dollars pour combler le déficit public de l’État.


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