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    Des «violences armées quasi-quotidiennes» dans le centre du Mali selon ICG

    Militaire malien en patrouille. AFP PHOTO / KAMBOU SIA

    Dans son dernier rapport, l'International Crisis Group, organisme qui s'intéresse notamment aux conflits en Afrique de l'Ouest, a pointé la situation de plus en plus difficile dans le centre du Mali avec la présence de noyaux jihadistes de plus en plus actifs. Auteur du rapport, Jean-Hervé Jezequel est l’invité de RFI.

    RFI: On parle souvent du Nord-Mali, ce triangle Tombouctou-Gao-Kidal. Vous vous intéressez, dans ce nouveau rapport, sur une zone dont on parle moins : le centre du Mali qui, pour vous, est une zone qui pourrait être sujette à de nouveaux conflits.

    Jean-Hervé Jezequel: La zone du centre du Mali a, pour l’instant, été largement négligée par l’accord de paix qui avait été signé l’année dernière. Aujourd’hui, c’est une zone dans laquelle on assiste, de manière quasi quotidienne, à des violences armées. Ces violences, au fond, ont recommencé, il y a un peu plus d’un an, avec l’apparition de noyaux jihadistes qui ont attaqué des villes et que certains ont appelé le Front de Libération du Macina.

    Ce que l’on remarque, c’est que cela fait déjà plusieurs années qu’il y a une région centrale du Mali qui s’enfonce dans des violences entre communautés et entre groupes d’intérêts. Aujourd’hui, avec la diffusion des armes, l’arrivée de professionnels de la violence et avec l’arrivée aussi de groupes radicaux, ces conflits sont en train de s’aggraver. Par ailleurs, ce qui est également préoccupant c’est l’absence ou la quasi-absence de l’Etat ainsi que son extrême faiblesse à pouvoir réguler, de manière pacifique, ces multiples tensions locales.

    Qu’est-ce que vous appelez les professionnels de la violence ?

    Les professionnels de la violence, ce sont les gens qui aujourd’hui vivent du métier des armes, qui abandonnent leurs anciens métiers et qui s’offrent à certaines communautés ou encore à certains groupes pour protéger, par exemple, ici des troupeaux, là-bas constituer une milice d’autodéfense et ailleurs bénéficier d’un processus de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) des forces de sécurité.

    Le Front du Macina a visiblement des liens directs avec Ansar Dine. Quelle est l’influence d’Iyad ag Ghali dans cette zone ?

    Tout d’abord, le rapport met à jour le fait que le Front de Libération du Macina est sans doute un qualificatif qui a été imposé, de l’extérieur, à un groupe ou à un ensemble de groupes de noyaux à vocation ou se revendiquant du jihad, qui sont dispersés sur la zone. Cette zone est assez large. Elle va de la frontière mauritanienne jusqu’à la frontière burkinabè, en passant par le Macina central, avec circulation des individus entre les uns et les autres.

    Ils ne sont pas forcément extrêmement bien équipés ni extrêmement bien structurés ni même animés du même agenda. Plusieurs sources indiquent que le mouvement d’Ansar Dine avait sans doute initié une première série d’attaques au tout début de l’année 2015 et que c’est lui, sans doute, qui est le plus influent sur ces différents groupes. Il y a une katiba qui vient d’ailleurs de publier une vidéo, il y a quelques semaines, se réclamant d’Ansar Dine. Ensuite il y a d’autres petits groupes liés à des terroirs et dont certains sont d’ailleurs plutôt proches d’Aqmi ou plus indépendants.

    Le centre du Mali, contrairement au nord du pays, c’est une zone qui est agricole, où il y a de l’eau. Cela aussi attise les tensions ?

    Effectivement, le centre du pays est une zone agropastorale extrêmement riche où 40% du riz malien y est produit. C’est la première zone d’élevage. Cette richesse a précisément attiré de nombreuses communautés, des migrants et on assiste, effectivement, à la montée de tensions entre agriculteurs et éleveurs ; entre sédentaires et nomades ou encore entre différentes communautés d’éleveurs. Les querelles entre ces différentes communautés sont de vieilles questions. L’Etat, encore une fois, se révèle incapable de proposer des solutions de pacification ou de médiation, en quelque sorte, par la discussion de ces vieux antagonismes.

    Pour quelles raisons ?

    Je pense qu’il y a deux raisons principales qui expliquent finalement la faible capacité de l’Etat à démontrer toute son utilité au centre du pays.

    La première c’est un vieux discrédit qui frappe l’Etat depuis plusieurs années avec le développement de la mauvaise gouvernance et de la corruption. Je pense que l’Etat s’est décrédibilisé. Une forme de justice et une forme de sécurité sont parfois vendues aux plus offrants dans les conflits locaux. Ça, c’est un problème extrêmement préoccupant. Je pense aussi que les partenaires de l’Etat ont aussi leur part de responsabilité là-dedans. Il y a énormément de projets de développement dans ces zones-là et on n’a pas bien regardé ni bien prêté attention à la montée de ces tensions-là.

    Le deuxième élément, c’est aussi l’absence de l’Etat. Ça c’est lié à la montée de la forte insécurité et peut-être aussi la stratégie de certains groupes qui visent explicitement à chasser l’Etat, notamment des zones rurales, et à le remplacer.

    Ces noyaux jihadistes, comme vous les appelez, ont aussi un discours.

    Ces groupes jihadistes, malgré la violence dont ils sont porteurs, répondent à de vraies préoccupations locales. Ils développent aussi un discours de moralisation de la vie politique auquel il faut prêter attention et, aujourd’hui, l’Etat reviendra s’il est, lui aussi, capable de répondre à ces préoccupations qui sont des préoccupations réelles des citoyens du Mali. Il y a besoin d’une très forte mobilisation des élites maliennes autour de ces problèmes-là.

    Au final, ces élites maliennes ont aussi du mal à trouver leur place aujourd’hui et à jouer un vrai rôle. Pourquoi ?

    L’idée d’un intérêt commun, d’un intérêt national, est en perte de vitesse et c’est cela aussi qui est problématique. Les élites, même si elles se portent au chevet de leur propre communauté, se disputent entre elles et cela crée beaucoup de blocages, ces derniers temps. On le voit avec les incidents au centre du pays entre différentes communautés : Peuls, Bambaras, Imrad. Certaines de ces élites me confiaient encore très récemment qu’au fond, il n’y avait rien de pire et de plus frustrant que ces petits conflits intercommunautaires.


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