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    Erythrée: «Les prisonniers politiques sont tous vivants et entre de bonnes mains»

    Osman Saleh, ministre des Affaires étrangères de l'Erythrée. AFP/Thierry Charlier

    C'est un exode massif et continu depuis plusieurs années. Une partie de la population d'Erythrée a déjà fui son pays qui est avec le Nigeria le premier pourvoyeur de réfugiés en Europe. Beaucoup sont ceux qui meurent sur le chemin. Le gouvernement érythréen parle rarement aux médias étrangers. En visite à Paris, le ministre érythréen des Affaires étrangères a répondu aux questions de RFI. Il s'exprime aussi sur les accusations de crimes contre l'humanité formulées par l'ONU, sur les prisonniers politiques du pays et sur les récents accrochages à la frontière avec l'Ethiopie.

    English version available:
    Eritrea’s Foreign Minister claims: "The political prisoners are all alive and in good hands"

    For years there’s been a massive exodus from Eritrea, as a large part of the population flees to Europe regularly. More migrants come from Eritrea and Nigeria than any other African country. But many die "en route". The Eritrean government rarely speaks to the international media but on a visit to Paris, the Eritrean Foreign Minister Osman Saleh sat down to answer RFI’s questions about alleged crimes against humanity, political prisoners and the recent fighting at the Ethiopian border. He spoke to RFI’s Anthony Lattier.


    RFI : Des combats ont éclaté à la frontière avec l’Ethiopie dimanche 12 juin. Que pouvez-vous nous en dire ?

    Omar Saleh : Oui il y a eu des combats. L'Ethiopie a donné plusieurs versions de ce qu'il s'est passé. Cela démontre qu'ils sont complètement déboussolés. Le premier ministre éthiopien a même dit devant son Parlement que l'Ethiopie allait attaquer l'Erythrée à tout moment.

    Selon plusieurs sources, cet incident a commencé quand des soldats Erythréens ont tiré sur de jeunes Erythréens qui tentaient de fuir le pays. Un groupe rebelle érythréen, basé en Ethiopie, aurait riposté. Confirmez-vous cette version des faits ?

    C'est pour cela que je vous disais que les Ethiopiens ont donné plusieurs versions des faits, mais ce sont eux qui nous ont attaqués. Et ils peuvent dire ce qu'ils veulent, ce sont bien eux qui nous ont attaqués et ce n'est pas acecptable.

    Admettez-vous que vous soutenez des groupes rebelles éthiopiens sur votre sol, des groupes qui déstabilisent la région comme les GINBOT 7 ?

    Non nous ne soutenons aucun groupe armé.

    Et concernant l’OLF ou l’ONLF ?

    Non nous ne soutenons pas tous ces groupes.

    Au-delà de cet incident, pouvez-vous nous expliquer pourquoi des centaines de jeunes Erythréens quittent votre pays ?

    Tout d'abord, c'est une affaire hautement politisée et polarisée. Les chiffres de ceux qui fuient sont complètement gonflés parce que l'Europe donne systématiquement l'asile politique seulement aux Erythréens. Beaucoup de Somaliens, d'Ethiopiens et d'autres quittent leur pays en disant « nous sommes Erythréens ». D'autres Erythréens partent parce qu'ils veulent travailler !

    Il n'y a pas de travail en Erythrée ?

    Vous savez il y a des sanctions contre l'Erythrée...

    Non il y a un embargo sur les armes, il n'y a pas de sanctions économiques.

    Non, il y a indirectement des sanctions économiques sur l'Erythrée ! L'Erythrée n'a pas la possibilité d'acheter des pièces détachées pour ses machines…. ses machines pour son programme de développement. Et dans le même temps, nous ne pouvons pas percevoir la taxe de 2 % sur la diaspora. Certains pays l'ont déjà interdit. Donc il y a bien des sanctions économiques directes et indirectes.

    Il y a quelques jours, une Commission d'enquête des Nations Unies a accusé votre gouvernement de commettre des crimes contre l'humanité. Ne pensez-vous pas qu'il y a un lien entre cette conclusion et le fait que tant de gens fuient votre pays ?

    Vous savez, ils disent qu'il y a un service militaire à durée indéfinie. Mais ça n'est pas vrai. Beaucoup de jeunes gens ont été démobilisés, environ 100 000. Ceux qui partent du pays sont ceux qui sont démobilisés. Et le service national n'est pas indéfini.
    Mais pour une certaine durée, au-delà de 18 mois, les jeunes sont gardés à disposition parce que les Ethiopiens mènent constamment des incursions sur notre territoire. Il nous est indispensable d'avoir ce service national.

    Donc vous admettez que tout le monde est mobilisable tout le temps ?

    Non tout le monde n'est pas mobilisable, mais il y a beaucoup d'incursions. C'est permanent ! Et ce service national, c'est pour la « construction de la nation ».

    Selon l'ONU, 400 000 personnes sont « réduites en esclavage » à cause de ce service national...

    Cette affirmation n'est pas acceptable.

    Selon l'ONU, des Erythréens sont régulièrement et arbitrairement arrêtés et détenus, torturés. Certains disparaissent ou sont exécutés. Combien existe-t-il de centres de détention en Erythrée ?

    Nous n'avons aucun centre de détention. Les enquêteurs de cette commission ne sont jamais venus en Erythrée...

    Mais vous ne leur avez pas accordé de visas...

    Nous ne leur en donnerons pas. Parce que c'est un panel qui est constitué de manière partisane. Parce que nous participons déjà au processus onusien de l'Examen périodique universel et je pense que nous collaborons bien avec l'ONU et l'Union européenne. Et c’est suffisant.

    En 2001, de nombreuses personnalités ont été mises en prison en Erythrée (des réformistes, des journalistes, des militaires)... Combien sont toujours vivantes aujourd'hui ?

    Ils sont tous vivants.

    Parmi ces prisonniers, il y a notamment Petros Solomon, qui a été ministre des Affaires étrangères comme vous. Il est vivant ?

    Il est vivant, je sais qu'il est vivant.

    Il va être jugé ?

    Le gouvernement veille à leur sécurité donc ils sont entre de bonnes mains.

    Parmi ces prisonniers, il y a aussi le journaliste Davit Isaak. Il est vivant ?

    Il est vivant aussi !

    Sera-t-il jugé ?

    Oui bien sûr. Quand le gouvernement le décidera, à travers un processus judiciaire, et je pense qu'il sera libéré.

    Donc c'est le gouvernement qui décide, il n'y pas de justice indépendante ?

    Si nous avons bien une justice indépendante, mais, eux ce sont des prisonniers politiques et c'est le gouvernement qui s'en occupe.


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