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    Antonio Guterres: la souffrance des réfugiés est «une frustration»

    Antonio Guterres, ancien haut commissaire des Nations unies pour les Réfugiés. ONU

    Le nombre de réfugiés et de déplacés a explosé en une décennie. On en comptait 20 millions en 2005 quand António Guterres est devenu patron du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Dix ans plus tard, quand il a quitté son poste fin 2015, il en y avait plus de 60 millions. A l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, Antonio Guterres est l'invité de RFI ce lundi 20 juin. Celui qui est aujourd'hui candidat au poste de secrétaire général des Nations unies répond à Anthony Lattier.

    RFI : Vous avez dirigé le HCR pendant dix ans et vous avez dit récemment que ce poste de directeur du HCR a été terriblement frustrant. Pour quelle raison ?

    António Guterres : Une raison très simple. On a fait de notre mieux pour aider les plus vulnérables des vulnérables, mais face à une accélération absolument impressionnante du nombre de personnes déplacées par les conflits, on constate une énorme incapacité de la communauté internationale et pour la prévention des conflits et pour la solution des conflits. Et constatant là l’incapacité d’éviter les problèmes et de les résoudre du point de vue politique, c’était une énorme frustration.

    Le HCR organise des relocalisations de réfugiés, mais le nombre de personnes relocalisées reste faible par rapport aux besoins. Où se situent les blocages ?

    Nous avons un volume de réinstallation annuel d’à peu près 100 000 personnes. D’après les calculs, quand j’étais encore haut-commissaire, il nous faudrait dix fois plus pour répondre aux besoins effectifs des gens. C’est-à-dire aux besoins de ceux pour lesquels le retour volontaire et en dignité n’est pas envisageable et où l’intégration locale dans les pays de premier asile n’est pas possible. La garantie d’une protection efficace existe que dans le monde développé – il y a d’autres ressources, d’autres capacités – il faudrait absolument une réinstallation à un niveau bien plus élevé que celui que nous avons aujourd’hui.

    Est-ce que s’est développée au fil des années une forme d’externalisation du problème des réfugiés au HCR et que les Etats se sont finalement déchargés du problème face à un HCR souvent impuissant ?

    Je suis aujourd’hui très préoccupé. Pendant les dix années que j’ai vécues comme Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, la protection des réfugiés était quelque chose de respecté en général dans le monde. La Convention de 51 c’était vraiment un pilier essentiel du droit international. Les gens n’étaient pas refoulés, les frontières étaient ouvertes… Il y avait ici et là des incidents, des problèmes, mais en général la protection des réfugiés était assurée en accord avec le droit international. Aujourd’hui, et surtout après la crise de la fin 2105 commencement 2016, et les mesures prises pour fermer des frontières, notamment dans l’Europe, et après l’impact de ces mesures dans les pays voisins, des pays en guerre qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés, je crains que le système international de protection puisse entrer dans une crise difficile.

    Vous êtes candidat à la succession de Ban Ki-moon l’an prochain au poste de secrétaire général de l’ONU. Pensez-vous qu’à ce poste vous auriez plus de poids pour améliorer la situation des réfugiés qu’à la tête du HCR ?

    Si vous vous rappelez de votre première question sur la frustration que j’ai eue en tant que haut-commissaire : la frustration d’essayer d’aider les gens, de voir la souffrance sans avoir des solutions… C’est exactement ce que je pense qu’on doit pouvoir faire au niveau du centre de l’Organisation des Nations unies et c’est pour ça que je suis candidat. Pour pouvoir faire quelque chose pour éliminer les sources de la souffrance humaine que j’ai vécues d’une façon tellement tragique pendant les dix dernières années. Et là, il y a un autre domaine. Je crois que les rapports entre les Nations unies et l’Afrique doivent être approfondis. Et approfondis aussi dans un respect plus fort de la conscience qu’il faut un leadership africain dans la résolution des problèmes africains et que les Nations unies doivent appuyer - et l’Union africaine et la Cédéao - les autres organisations régionales, en faisant des Nations unies un instrument d’appui aux institutions africaines dans le respect et la solidarité.

    Donc vous voulez mettre, si je comprends bien, l’Afrique au cœur de votre programme ?

    Je crois que cette passion pour la coopération avec l’Afrique sera vraiment un guide essentiel de mon action, naturellement, que c’est une fonction globale, il y a des choses à faire partout dans le monde. Mais les défis africains sont absolument essentiels pour le succès global des grandes initiatives de la communauté internationale.

    Alors justement, concernant l’Afrique et l’ONU, en ce moment les missions de maintien de la paix de l’ONU sont critiquées : accusation d’abus sexuels par des soldats, accusation d’impuissances en RDC récemment. Comment ces missions peuvent-elles être réformées ?

    Premièrement, il faut qu’il y ait vraiment une tolérance zéro. Pas seulement proclamée, mais appliquée en pratique face à ces violations absolument inacceptables par des forces onusiennes, qui doivent protéger les gens et ne pas être un instrument de violation des droits des gens. Mais je crois que si on veut notamment des forces africaines capables d’avoir une action encore plus efficace et une action aussi respectueuse des droits de l’homme, il faut que la communauté internationale s’engage à un plus fort appui à ces forces en garantissant qu’elles ont l’entraînement, la capacité, les équipements… Une véritable solidarité internationale. Et il faut aussi que les pays du Grand Nord, les pays les plus développés, participent avec ces troupes dans les opérations de maintien de la paix.


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