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    A la Une: l’accord d’Alger un an après

    © AFP/Pius Utomi Ekpei

    « L’accord de paix trouvé entre l’Etat malien et les groupes armés à Alger, et signé en deux temps à Bamako, cet accord a désormais un an, pointe Le Pays à Bamako. Et l’évaluation faite de sa mise en œuvre par les acteurs du processus et les maliens est sombre, estime le journal. Sa signature, qui devait démêler les choses, a plutôt embrasé la situation, avec l’installation de cette confusion totale de la sincérité des groupes alliés envers l’Etat malien. »

    Bref, soupire encore Le Pays, « nous en sommes à la case départ et le chemin sera périlleux et long. Donc, il n’y a pas lieu de fêter cet anniversaire. Il faut avancer avec prudence puisque la maison est remplie d’hypocrites. »

    En fait, constate Le Républicain, « depuis le parachèvement de la signature de l’accord le 20 juin 2015, l’insécurité n’a pas dessiné une courbe descendante. Ce sont des centaines de Maliens, civils et militaires, des amis du Mali venus nous aider à pousser dehors des ennemis du Mali, qui sont tombés sur le territoire malien du nord, du centre et du sud. Malgré la nomination des gouverneurs et la célébration par leurs administrés, ni Menaka ni Taoudénit n’ont été à l’abri des attentats ou des attaques terroristes. Gao et Tombouctou non plus, et Kidal n’en parlons pas. »

    Catalogue de bonnes intentions…

    Alors, poursuit Le Républicain, « si nous partons du postulat que le nord du Mali échappe déjà totalement au contrôle de l’Etat malien, ce n’est pas la mise en place d’autorités intérimaires nommées par décret selon le bon vouloir des groupes armés et dont la composition dépend d’eux, qui ramènera Kidal, Tombouctou, Taoudénit et Menaka dans le giron du Mali. » Et le quotidien malien de s’interroger : « N’est-on pas en présence d’un scenario de livraison clé en main du nord du Mali à des indépendantistes, dont la signature de l’accord de paix et de la réconciliation n’a pas permis de percevoir la foi en l’unité et la cohésion nationales ? »

    « Disons-le tout net, renchérit Aujourd’hui à Ouagadougou, l’accord, après inventaire de tout ce qui s’est déroulé durant l’année écoulée, ressemble plus à un catalogue de bonnes intentions qu’à une entente formelle, tant les coups de hache infligés au dit accord suffisent à le rendre invalide. Ainsi, que ce soit dans le septentrion et le centre de l’ex-Soudan français, les escarmouches entre la CMA et la plateforme, c’est-à-dire, le Gatia pro-Bamako, sont légions. Assassinats ciblés, rapts, attentats, braquages et explosions mortelles rendent cauchemardesque la vie des populations, surtout des militaires de la Minusma et de Barkhane. (…) Quatre ans, donc, après l’invasion jihadiste, constate encore Aujourd’hui, trois ans après le déclenchement de l’opération Barkhane et Serval, et un an après la signature de l’accord d’Alger, rien n’est réglé, ou plutôt, on progresse vers la paix à pas d’escargot, sinon à reculons. »

    Avancer enfin !

    Alors, pour Le 22 Septembre, quotidien malien, il faut absolument avancer… « Grippé depuis plusieurs semaines, avec comme conséquence des attaques multiples, occasionnant des morts dans les rangs des forces armées maliennes et des casques bleus, le processus de paix doit être absolument relancé pour éviter l’enlisement, affirme le journal. C’est pourquoi, les 13 et 14 juin dernier, le comité de suivi de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, s’est réuni à Bamako pour donner un coup d’accélérateur à la mise en œuvre de ce document. A l’issue de la rencontre, un calendrier a été adopté pour l’installation des autorités intérimaires, le mécanisme opérationnel de coordination, les patrouilles mixtes et le retour de l’administration. Parallèlement à cette rencontre, pointe Le 22 Septembre, le chef du gouvernement, Modibo Keïta, a effectué le déplacement à New York, pour participer à l’examen du rapport du secrétaire général des Nations unies sur la situation au Mali. (…) Conscient de cette situation, le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, s’invite à Bamako ce lundi pour une visite de deux jours afin de contribuer à la relance du processus. (…) En clair, conclut Le 22 Septembre, les volontés affichées plaident pour une véritable relance du processus de paix. Maintenant, il s’agira de voir si les uns et les autres sont sincères dans leurs engagements. »

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