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    Nouvel abandon de la taxe «Nutella» sur l'huile de palme en France

    pixabay.com

     

    Les députés français renoncent encore une fois à taxer les importations d'huile de palme, en attendant un projet de loi du gouvernement qui inclura toutes les huiles alimentaires.

     

     

    La taxe sur l'huile de palme est de nouveau abandonnée en France. Ce n'est pas faute d'avoir essayé : en trois ans, le législateur aura proposé trois versions de taxe « Nutella », du nom de la pâte à tartiner contenant de l'huile de palme. Dans les deux premiers textes de loi, sur la sécurité sociale et la modernisation du système de santé, le projet de taxer les importations était justifié par la teneur élevée de l'huile de palme en acide gras saturés, mauvais pour les artères ; dans la nouvelle loi sur la biodiversité, on cherchait à décourager la déforestation créée par les plantations de palmiers à huile. C'est pourquoi la taxe devait épargner les productions dites « durables et responsables ».
     
    Flou et risque juridiques
     
    Cette idée de taxe différenciante satisfaisait d'ailleurs les industriels qui s'étaient engagés, au sein par exemple de l'Alliance pour une huile de palme durable et responsable, à s'approvisionner en huile de palme « zéro déforestation » à plus ou moins brève échéance, en Asie comme en Afrique, avec l'aide des ONG comme Greenpeace et TFT (The Forest Trust).
     
    Mais aucun critère de durabilité n'avait été défini, le flou était trop grand pour que l'article de loi soit applicable. On ne peut pas négliger non plus la menace à peine voilée des grands exportateurs d'huile de palme, Indonésie et Malaisie, de ne plus commander d'avions à la France ! Enfin ne viser que l'huile de palme était jugé discriminatoire par la Fédération européenne des industries des oléagineux (FEDIOL), cela fragilisait juridiquement le texte.
     
    La menace de réputation plus efficace qu'une taxe ?
     
    La taxe « Nutella » attendra donc une réforme de l'ensemble de la taxation sur les huiles alimentaires en France, dans les six mois qui viennent.
    Car seule l'huile de palme à usage alimentaire est visée en France depuis trois ans. Pas les biocarburants à base d'huile de palme, l'Union européenne interdit déjà de s'approvisionner aux dépens des forêts ou des tourbières.
     
    Les cosmétiques ne sont pas concernés non plus, ce qui n'a pas empêché L'Oréal de prendre les devants et de s'engager à retrouver l'origine de tous les dérivés chimiques de l'huile de palme employés dans ses labos. La priorité de ces entreprises est avant tout de préserver leur réputation auprès des consommateurs européens, plus regardants à ce jour que les consommateurs asiatiques.

     

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